‹ Quelques observations de malades traités selon la méthode de M. Brown-Séquard: résultats immédiatsChapitre 6 sur 23 · SAR · texte numérisé non relu

SAR

«Il se compose essentiellement de trois parties :

« 1° Un tube éprouvé à 200 atmosphères ;

«2° Une bougie poreuse;

«3° Un récipient de CO* liquide.

« Le liquide est placé dans le tube qui a une capacité de 200 centimètres cubes, on établit la communication avec le récipient du CO? liquide qui passe à l’état gazeux en trouvant l’espace devant lui. Il se fait une égalité de pression entre les deux récipients, et le manomètre, dont Pappareil est muni, indique bientôt 50 à 60 atmospheres, suivant la température du laboratoire.

«Je laisse le liquide sous cette pression pendant une heure; c’est ce qui représente le premier stade chimique de la stérilisation. Je ferme alors la communication avec la bouteille de CO? et j'ouvre le robinet inférieur après avoir fortement flambé la tubulure. Le liquide chassé par la pression intérieure filtre à travers la bougie poreuse malgré sa viscosité et passe aseptique et parfaitement limpide.

« La composition physiologique en fait un produit très altérable ; aussi doit-on le soustraire complètement à toute contamination ultérieure, et autant que possible à la présence de l'air. |

« Mis en grosses ampoules de plusieurs centimètres cubes qui s’utilisent en plusieurs jours, il reste bien aseptique jusqu'à la première injection, mais la nécessité d'ouvrir et fermer plusieurs fois l’ampoule, d'y puiser à différentes reprises, fait courir de grands risques de septicémie aux dernières injections.

« Mis en simples flacons, même bien bouchés, les dangers sont encore pires. Or, jusqu’à présent, tous les

TU spécialistes de Paris et le Collège de France lui-même, l’expédient de l’une ou l'autre façon ; aussi peut-on avoir quelquefois des mécomptes malgré Îles précautions prises.

« Je crois avoir évité ces causes de danger en divisant le liquide à sa sortie de l’appareil, en petits tubes de 1 centimètre 1/4 de capacité, fermés de suite à la lampe, qui, ne servant qu'une seule fois, ne sont ouverts qu’une fois au moment de leur usage. Naturellement, tous ces tubes sont stérilisés avant leur remplissage. Il serait aventureux d'affirmer que, sur des milliers de tubes remplis de cette façon, même avec toutes les précautions possibles, on ne laissera jamais, dans l’un deux, pénétrer accidentellement un microbe, avant sa fermeture, et ceux-là seuls qui n’ont jamais eu à lutter contre la facilité d’introduction de ces infiniment petits pourraient le croire; mais ce que je puis affirmer, c'est que j'évite un écueil de mes devanciers, et que de nombreuses injections hypodermiques, faites jusqu'à ce jour avec mes tubes par divers médecins de la région et des hôpitaux, n’ont jamais donné lieu au plus léger accident.

« On ne sait pas encore bien au juste pendant combien de temps le liquide testiculaire, lorsqu'il n’est pas rigoureusement à l'abri de l'air, conserve des propriétés actives.

« M. d’Arsonval, toutefois dans la communication du 28 février, à l’Académie de médecine lui accorde plusieurs mois. Faute d’indications précises à ce sujet, je m’arrange pour ne jamais livrer de tubes préparés depuis plus de dix jours. »

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