CHAPITRE Il
Mode de préparation et d'emploi du liquide testiculaire.
Nous allons décrire successivement les deux modes de préparation du liquide testiculaire ; celui de MM. Brown- Séquard et d’Arsonval d’abord, celui de M. Jacquet ensuite (ce dernier étant celui qui a été le plus employé à Lyon).
I. — Procépé DE MM. Brown-SÉQUARD ET D'AR- SONVAL !, — Au début ils se servaient de cobayes de quatre à cinq mois tués par section du cou, faisaient un extrait glycériné des testicules, canaux déférents et vésicules séminales, puis ajoutaient de l’eau stérilisée additionnée d’acide borique en proportion de 4/1000.
Le second temps consistait en la filtration et la stérilisation dans l'appareil à acide carbonique de d’Arsonval.
Ultérieurement M. Brown-Séquard remplaça l’eau boriquée par l’eau chloroformée.
! In Arch. de Phys., 1891.
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Plus récemment encore, l’eau chloroformée fut remplacée par de l’eau salée à 5 pour 100.
Actuellement, voici en quelques lignes le procédé de MM. Brown- Séquard et d’Arsonval.
1° On fait macérer pendant vingt-quatre heures 1 kilogramme de testicules de bélier divisés en tranches minces, dans un litre de glycérine à 30 degrés.
2° On ajoute un litre d’eau salée à 5 pour 100 et on filtre au papier Chardin. : ù
3° On stérilise et on filtre ensuite à la bougie, dans l'appareil à acide carbonique à haute pression (40 à 50 atmosphères).
Le liquide obtenu doit dans tous les cas être étendu au moment de linjection d’au moins son volume d’eau stérilisée.
IT. — ProcÉéDé DE M. JAcQuET. — Nous reproduisons la communication faite à la Société des Sciences médicales de Lyon, le 30 novembre 18921.
& Choix des animaux. — Je me procure des cobayes : mâles de quatre à huit mois bien vigoureux que M. Cadéac, professeur à l’École vétérinaire, a l’obligeance d’examiner au point de vue pathologique.
«Je les tue par section du cou ou extirpation de l’œil après élongation de la moelle, procédés qui ont tous deux l’avantage de laisser les organes exsangues et, par suite, d’un poids intégral. Je détache les testicules avec la plus grande longueur possible de leurs canaux déférents et jJ'élimine toute la graisse.
«Æxtrait glycérique.— Je lescoupe en morceaux de la
1V. Province médicale, 3 décembre 1892.
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grosseur d’un noyau de petite cerise et jeles mets macérer vingt-quatre heures dans trois fois leur poids de glycérine bien pure et dont le point d’ébullition soit au moins de 140 degrés comme l'indique M. d’Arsonval. Au bout de vingt-quatre heures on étend d’eau récemment bouillie dans les proportions de 7 grammes d’eau pour 3 grammes de glycérine, on passe avec légère expression à travers un linge bien aseptisé à l’eau bouillante. On à ainsi un extrait glycériné dosé de telle sorte que 10 grammes contiennent les principes solubles d’un gramme de substance testiculaire.
« Je l’appellerai « liqueur normale au 1/10 ».
« Stérihisalion el filtration. — Quelles que soient les précautions aseptiques que l’on ait prises pour ses mains, ses instruments et récipients, il est indispensable de faire subir une stérilisation et filtration parfaites à la liqueur avant de l’employer. On ne peut utiliser à cet effet, ni les agents antiseptiques ordinaires, ni l’ébullition, toutes choses qui affaibliraient ou détruiraient l’action médica menteuse du produit.
« La bougie Pasteur, autre moyen de stérilisation, ne laissant passer que trop lentement un liquide aussi visqueux même sous des pressions de 3 à 4 atmosphères, M. d’Arsonval a eu lingénieuse idée d'utiliser les hautes pressions (50 à 60 atmosphères) que peut produire acide carbonique liquide et il a découvert que non seulement la filtration devenait très rapide, mais que de plus, l’acide carbonique à cette pression était un puissant stérilisateur chimique.
« Il a fait construire un stérilisateur-filtre qui porte son nom et que je vais faire fonctionner devant vous.