VI. Cancer du rectum
Le traitement chirurgical du cancer du rectum comporte plusieurs temps opératoires. Parmi ceux-ci l’amputation du rectum est considérée comme une intervention choquante. Par ailleurs l’âge des malades, les troubles digestifs chroniques, l’intoxication, l'extension de la tumeur et sa malignité, les hémorragies répétées ajoutent à la gravité du cas. Cer- Laines formes du cancer du rectum sont longtemps supportées. L'état général progressivement aggravé et la douleur restent trop souvent les éléments déterminants d’un diagnostic tardif, où d’une opération acceptée par le malade.
La transfusion avant, perdant ou après l'opération nous a donné des résultats remarquables. On estime ici que sans cetle pratique les malades qui en ont bénéficié auraient été exposés à bien des risques ou des complications du fait de l'intervention.
Deux fois les transfusions furent feites avant l'opération, parce que les malades présentaient un état d’anémie ou de cachexie très marqué.
Observations n°8 32, 60.
(Dr Duroselle).
Mme G..., 50 ans, présente une anémie cancéreuse et un mauvais état général, on pratique un anus iliaque le 7 mai 1939, puis une transfusion de 200 grammes. L'état général est de ce fait très améhoré. Le 17 juillet la malade peut subir une amputation du rectum par voie périnéale, à la suite de quoi elle fait un choc opératoire. On pratique une deuxième transfusion. Les suites opératoires sont
bonnes. En octobre 1939 la malade se porte très bien.
Observation n° 35.
(Dr Barret).
M. D..., 43 ans; subit le 17 mai une amputation périnéale du rectum pour cancer sténosant à 4 centimètres au-dessus de l’anus. Le malade avait été préparé par une transfusion de 200 grammes la veille de l'opération. Suites excellentes Jusqu'à ce jour.
Si l'intervention présente quelque caractère d'urgence, où si la transfusion n’a pas pu être réalisé plus tôt, nous obtenons un résultat identique en la pratiquant en même temps que l’anesthésie.
Observation n° 70.
(Dr Duroselle).
M. J..., 60 ans; subit dans une même séance opératoire la création d'un anus iliaque et l’amputation périnéale du rectum. L'anesthésie
Fo
à l’évipan lui est administrée en même temps que la transfusion, dans le dispositif à perfusion que nous avons adopté. Très bon résultat.
(Dr Duroselle).
M. A.., avait présenté yne diarrhée sanglante pendant 7 mois. En deuxième temps opératoire on pratique une amputation périnéale du rectum pour cancer. Le malade reçoit 250 grammes de sang
pendant l’anesthésie par le procédé indiqué plus haut. Résultat
excellent.
La transfusion reste une arme très efficace contre les complications post-opératoires, malgré quelques échecs.
Observation n°5 16, 18.
(Dr Duroselle).
M. D... 64 ans; fait un choc opératoire à la suite d’une amputation du rectum pour cancer. Il reçoit une transfusion de 250 grammes. Quelques heures plus tard il fait une hémorragie très importante. On pratique une deuxième transfusion. Cependant le malade
meurt le lendemain.
Observation n° 28.
(Dr Barret).
On pratique une transfusion de 300 grammes chez un malade qui fait un choc opératoire à la suite d’une amputation du rectum.
Suites excellentes.
Observations n°5 38, 41, 42.
(DT Duroselle).
M. M.., a saigné pendant trois semaines d’un cancer du rectum, Après l’amputation, il fait une hémorragie tardive dans une plaie
RD
abdominale méchée. Une série de trois transfusions, à jour passé, amène une amélioration rapide et tarit l’hémorragie.
Observation n° 62.
(Dr Duroselle).
Depuis trois mois un malade de 63 ans accuse de petites hémorragies consécutives à un cancer du rectum. On pratique l’amputation Le malade fait une hémorragie grave à la suite de cette opération. Il recoit une transfusion de 250 grammes de sang quelques heures après cet accident. Les suites immédiates ef lointaines sont
excellentes.
Nous donnons en toute objectivité, notre dernière observation dans laquelle la malade présentait des accidents comparables à ceux notés plus haut, mais ne put bénéficier d’une transfusion.
Observation n° 28.
(Dr Barret).
Mme P.., 38 ans, fait une hémorragie grave à l’occasion d’une amputation du rectum, pour cancer. La malade est en état de choc. Il est impossible de lui découvrir les veines du pli du coude, même après dénudation. Afin de tourner cette difficulté la malade reçoit
200 grammes de sang sous la peau. Elle meurt le lendemain.
Dans des cas d’amputation du rectum pour cancer nous avons pratiqué :
1° Deux transfusions préventives (cas n° 32 et 35). Nous avons obtenu deux succès par amélioration de l’état général avant l’opération.
20 Deux transfusions pendant l'opération {cas n° 70 et 72). Nous enregistrons deux succès par restauration de lPétat général et prévention des complications.
39 Cinq transfusions dans le traitement des complications
post-opératoires : a) dans les cas de choc (cas n° 60, 16 et 28), nous obtenons deux succès; b) dans le traitement des hémorragies (cas n®38 et 62) nous avons également deux succès et une tentative de transfusion échouée (cas n° 24), suivie de
mort.