X. La chirurgie dans les syndromes hémorragipares
Nous n’aurons pas la prétention dans ce paragraphe de discuter du rôle de la transfusion du sang dans les syndromes hémorragipares, mais seulement des avantages immédiats el passagers qu’elle procure. Les interventions chirurgicales les plus anodines chez un sujet normal sont redoutées pour leurs complications hémorragiques quand on doit les pratiquer chez un hémophile par exemple.
Les trois observalions suivantes nous offrent le tableau clinique de l’hémophilie classique : allongement du temps de coagulation, sans modification du temps de saignement, sans sione du lacet, sans irrétractilité du caillot. Les antécédents personnels sont nets. Dans aucun de ces cas il n’a été possible de préciser les antécédents héréditaires.
Observation n° 20.
(D'eBarret}
À la suite d'une révision pour fracture ouverte de la jambe, un malade de 22 ans fait une hémorragie importante du foyer opératoire. On pratique un tamponnement et une transfusion de 250 grammes, en raison de l’anémie aiguë du malade. Celui-ci raconte alors qu'il a déjà reçu deux transfusions dans des circonstances analogues, pendant la guerre d'Espagne où il a été blessé. Les accidents
hémorragiques ne se sont pas reproduits.
Observations n°$ 57, 58, 65.
(Dr Barret).
Le jeune B..., 17 ans, présente une tuméfaction de l'hypochondre el de la fosse iliaque droits, avec des signes de compression de l’uretére el des racines du plexus lombo-sacré. Il prend une attitude
vicieuse du membre inférieur en flexion, avec contracture irréduc-
tible du psoas et des muscles ischio-jambiers. Le diagnostic s’égare d’abord vers les infections abdominales mais un examen plus attenüf impose la notion d’un volumineux hématome du psoas en rapport avec l’hémophilie du malade déjà reconnue. Les antécédents personnels et collatéraux et les examens de sang confirment cette manière de voir.
Une série de trois transfusions de 150 grammes environ permet de parer à de nouveaux accidents hémorragiques. L'hématome régresse, mais l'attitude vicieuse persiste, conditionnée par l’atrophie musculaire et la rétraction tendineuse consécutive. Ces phénomènes nous paraissent en rapport avec des accidents névritiques secondaires à la compression du plexus lombo-sacré par l'hématome. Le malade, dont l’état général est actuellement excellent,
est encore en cours de traitement.
Observation n° 44.
(Dr Duroselle).
Chez un enfant de douze ans, présentant une crise d’appendicite et dont la famille raconte des antécédents hémorragiques (à la suite d'une avulsion dentaire) on pratique à toutes fins utiles une transfusion de 100 grammes de sang, cet enfant ayant effectivement un temps de coagulation un peu augmenté. L’appendisectomie est
pratiquée sans aucun Incident.
Enfin trois malades, nous offrent le tableau clinique d’hémogénie. Des transfusions leur ont été faites dans un but hémostatique. Elles nous paraissent agir au moins sur le temps de saignement et la numération des plaquettes d’une manière suffisamment durable pour garantir une amélioration. Nous employons à cet effet le sang frais, car on sait la fragilité des plaquettes sanguines.