PROPOSITIONS
S'il est facile de reconnaître dans un vase, par les réactifs chimiques, quelle est la substance qui a été employée dans les cas d’empoisonnement , et de les neutraliser par d’autres corps , il n’en est pas moins vrai que le plus prompt et le plus efficace secours à employer dans les empoisonnemens par les substances minérales, est de déterminer ou de favoriser les vomissemens lorsqu'ils ont lieu. D'un autre côté, si les poisons minéraux et quelques poisons végétaux offrent le précieux avantage d’occasionner des vomissemens , il en existe qui ne font pas vomir, et les strichnos sont dans ce cas ; en outre il est des circonstances individuelles qui peuvent s'opposer au rejet des malières contenues dans l'estomac. Pourquoi , dans ce cas, n'établirait-on pas un double courant d’eau dans l'estomac au moyen d’une
sonde œsophagienne appropriée, comme M. Jules Cloquet Va proposé pour la vessie.
Nous avons vu dans le service de M. Dupuytren, à l'Hôtel-Dieu , une fracture de la clavicule guérir sans appareil chez un malade qui n'avait pas voulu se soumettre à la position; et la difformité n’était
(25) pas plus grande que celle qui arrive presque constamment chez les
personnes que l'on traite par l'appareil trop compliqué et trop gênant de Desault.
Il est généralement connu que les plaies de tête guérissent plus promptement et plus facilement que celles de toute autre région du corps : nous avons vu un homme qui a eu toute la surface externe du crâne dénudée ; le cuir chevelu et le péricrâne formaient un capuchon qui pendait sur la nuque ; la plaie s’étendait d’une oreille à l’autre, en passant au-dessous des bosses coronales. Après avoir lavé, nettoyé et remis le lambeau à sa place, et l'y avoir fixé avec trois points de suture; la cicatrisation s’est opérée en quinze jours sans qu'il se soit formé d’abcès, et que par conséquent nous ayons été obligé de pratiquer des contre-ouvertures, comme le conseille
J,: L. Petit.
La colique métallique guérit tout aussi bien par l’opium introduit dans l'estomac ou dans le reetum, par les délayans, lorsqu'elle est peu intense, par le sulfate acide d’'alumine et de potasse (alun), et par les antiphlogistiques, que par le traitement de la Charité.
Quelle que soit la cause de la mort, on ne rencontre jamais de bile dans l'estomac des cadavres dont on fait l'ouverture.
La bile que l’on vomit doit arriver à l'estomac par un mouvement antipéristaltique, dans le moment qui précède le vomissement , lorsqu'on éprouve ce sentiment de malaise à la région épigastrique, que la salive devient plus abondante, etc. , ou bien pendant les premiers efforts de vomissement ; car les matières expulsées les premières reuferment rarement de la bile.
L'expectoration pneumonique varie, pour la couleur, depuis le jaune citrin jusqu’au rouge -brun ; la densité et la viscosité des crachats est toujours en rapport avec elle, et on se rend parfaite-
(26) ment raison de la coloration diverse des crachats en examinant les diverses nuances d’une ecchymose à des époques différentes.
La surface interne des tubercules suppurés peut s’enflammer, et l’on reconnaît cette inflammation à la suppression de lexpectoration, quand elle est très-intense, ou au mélange intime du sang avec le pus , ce qui donne aux crachats un aspect plus ou moins rosé : mêmes phénomènes se remarquent dans les phlegmons. Sous le rapport du traitement , il faut savoir bien distinguer ces sortes de crachats de ceux des pneumonies ; car, dans le premier cas , la saignée est promptement mortelle.
Les médicainens actifs agissent plus ou moins long-temps après leur administration, et ils sont sujets à une répétition d'action quand on en a cessé l’usage, si on les a employés pendant un certain temps.
Le sang se sature des médicamens que l’on administre aux malades , lorsque cette administration se répète journellement :
Une dame qui prenait de l’opium depuis environ un mois, et qui en avait porté la dose à trois grains par jour , eut besoin d’une application de sangsues. J'avais recommandé qu'on les laissât tomber d’elles-mêmes : lorsque le soir je vis la malade , les sangsues étaient encore adhérentes. Je les examinai, et je pus m’apercevoir qu’elles étaient sans aucune espèce de mouvement. Je pensai de suite qu'elles. pouvaient être empoisonnées par l’opium : je les fis tomber avec la tête d’une épingle rougie à la lumière , le sel n'ayant pas été suffisant; je les conservai dans de l’eau fraiche, et ce ne fut que le lendemain qu'elles commencèrent à se mouyoir.
Un fait semblable m'a été communiqué par mon ami M. le docteur Saint-Amand. /
La quantité de sang que l'on peut tirer subitement et avec avantage dans certaines maladies est quelquefois considérable :
Un rentier du Marais, de soixante-six ans, trés-fort, très-replet , très-sanguin , qui avait l'habitude d'aller faire une promenade au bois de Vincennes avant son dîner , tomba, en 1820, en face de l’hôpital Saint-Antoine, où on le transporta. Lorsque je le vis , je reconnus facilement une compression cérébrale , non pas une apoplexie , mais une congestion, un coup de sang. Je le saignai ; et, comme jenv’apercevais qu'au fur et à mesure que le sang coulait, le malade était soulagé, je lui en tirai environ quatre livres, et je ne m'arrêtai que lorsque je vis cesser la compression du cerveau et revenir la connais-
sance , la vue, les mouvemens, la parole, la sensibilité, larespiration uaturelle , etc.