‹ Quelques observations sur l'Aulularia de PlauteChapitre 42 sur 45 · SCÈNE QUI COMMENCE AU V · texte numérisé non relu

SCÈNE QUI COMMENCE AU V

Le texte de toute cette scène est fort diflîcile à établir, étant donné la complexité des jeux de scène, les fautes de copiste et les singulières altérations des noms d'interlocuteurs. Nous allons essayer d'en donner une restitution d'ensemble, d'après la vraisemblance dramatique et le caractère qui nous semble le plus propre à chacun des interlocuteurs.

Du u, 280 au u. 298, l'enchaînement des idées est très logique : il n'y a que les fautes de détail et la distribution du dialogue qui soient à revoir. A partir du u. 298, le raisonnement ne se suit plus et est des plus embrouillés : la gradation des hyperboles n'est nullement respectée. On suppose une lacune ou une interversion après le u. 298 : le u, 299 des manuscrits (300 de Gôtz) est un membre de phrase isolé, ne se rapportant à rien. On corrige tant bien que mal le u, 305, auquel il manque un demi-pied : le u. 306, qui est faux et n'a pas de sens tel qu'il est donné par les manuscrits, est une boutade qui n'a rien de commun avec ce qui est dit précédemment et arrive beaucoup trop tôt : on le remanie plus ou moins arbitrairement. Le u, 307 At sein quomodol annoncerait, étant donné les hyperboles des uu, 300-302, quelque chose de plus énorme que pleurer sur la perte de l'eau qu'on emploie à se laver. On considère le u. 315 comme interpolé, en qualité de question qui reste sans réponse.

Quant aux coupes du dialogue, sauf pour Strobilus (cf. cependant le u. 316), on les fait absolument au hasard.

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Je crois qu'il faut toucher au texte lui-même beaucoup moins qu'on ne le fait d'ordinaire : au contraire, changer Tordre des vers donné par les manuscrits.

Voici Tordre que nous proposerions. Distribuer le u. 298 de la manière indiquée par M. L. Havet, puis mettre 308, 300, 301, 302, 303, 304, 305, 309-315, 300, 307, 316, 317, 299, 318, 319.

Aux uu. 297-298, Strobilus déclare :

Pùmex non aequo est aridus aique hic est senex.

Au u. 299, série d'objections d'un des Goci, k qui Strobilus répond Tu te existima.

Il dit le u. 309.

Aquam hercle plorat, cum lauat, profundere.

C'est en quelque sorte Tannonce de plaisanteries violentes par un trait déjà un peu forcé et qui excite le rire de ses auditeurs [u. 300 Quin).

Il continue par les uu, 300-302.

Arrêté au iz. 303 par Tun des Coci, qui ne comprend pas pourquoi Euclio se met une bourse devant la bouche Curi II répond :

Ne quid animae forte amittat dormions.

L'autre Cocus profite de Toccasion pour faire une plaisanterie [uu. 304-305), d'assez mauvais goût, calquée exactement sur celle des uu. 302-303. Ces deux vers me semblent fortement suspects surtout 305 \ qui n'est qu'une répétition exacte du u. 303. Ils ont dû être ajoutés par un remanieur, heureux de' glisser un peu de gros sel, pour amuser les badauds un jour de représentation populaire.

Cette idée de la bourse amène tout naturellement sur

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