La conjecture de Waj^ner est al)soliiment certaine
hi\ glKLQrKS OBSERVATIONS
les lèvres du cuisinier, quia parlé au u. 303, la réflexion des uii, 30î)-310. A quoi Strohilus, répond par de nouvelles plaisanteries de plus en plus incroyables (mu. 311-313). Ce qui provoque Texclamation d'un Cocus au u. 314, mais excite légèrement Tincrédulité de l'autre qui doit dire le m. 31 S. C'est, après ce vers, la vraie place des wu. 30()-307. Strobilus doit relever ce sourire et s'indigner contre ce scepticisme par une mise en demeure catégorique de croire tout ce qu'il dit {u, 306). L'autre proteste de sa parfaite crédulité Immo equidem credo et Strobilus achève A t sein etiam quornodo, puis lance les uu. 31()-317. Nous mettons ici le u, 299 qui ne serait qu'une drôlerie, destinée à en renforcer une autre déjà assez raide par elle-même % puis les uu, 318 et 319.
Examinons maintenant le détail de quelques-uns de ces vers.
Pour 312, j'admets la conjecture de Seyflfert. Pour 315, je crois qu'il faut d'abord supprimer esse glose de uiuere introduite à tort, garder les deux adverbes parce et misère et intercaler un pronom eu m (celui dont nous parlons) avant uiuere. Ces adverbes sont d'ailleurs employés par Plante avec uiuere (et d'autres verbes), de préférence à l'adjectif équivalent, s'accordant avec le sujet de la phrase.
Le u, 30()*, que j'intercale après le u. 315, tel qu'il est donné par les manuscrits, est faux. Les corrections qu'on lui fait subir sont peu satisfaisantes. D'abord on met la forme archaïque med. Pourquoi alors laisser te"! Ensuite on intervertit credere et credo, 11 y a bien des raisons de se méfier de ces interversions. Je crois plutôt que la faute est double. Credo dans ce vers est inu-
1. Constniiro Deuenit ad praetorem plorahnndus su&m rem seque eradicariev.
2. Cf. Llndsay, Errors of name of speaker in dialogue, p. 39-40.
SUR l' (( AULULARIA » DE PLAUTE 57
tile et même embarrassant pour le sens : à la place qu'il occupe, il a tout Tair d'être un mot^ ajouté en marge, qui s'est accolé au texte primitif. Donc supprimons-le et gardons la forme me, nous avons :
Haec mihi te ut tibi me aequum est credere
Mais, au milieu, il manque trois demi-pieds : il sera facile d'en combler la lacune en intercalant avant aequum le nom de Congrio qui aura été omis, pris par mégarde comme nom d'interlocuteur, Tespace ayant été laissé en blanc pour permettre au rubricator d'accomplir son œuvre.
Cest de ce vers et de cette conjecture, que nous allons partir pour restituer les noms d'interlocuteurs dans le dialogue. Reportons-nous à la position que nous avons établie plus haut, c'est-à-dire Strobilus entre Congrio et Anthrax sur trois plans un peu différents.
. Anthrax
. Strobilus
. Congrio
Restituons en remontant de la fin vers le commencement (en gardant l'ordre proposé) : 306 est à Strobilus (par conséquent 307 co Immo,,. st At ..) 315 sera à Congrio qui a des doutes, 314 à Anthrax, 311-312 à Strobilus, 309-310 à Congrio en réponse à son cur du u, 303 : nous allons voir pourquoi à lui plutôt qu'à Anthrax.
Reprenons la scène à partir du u, 290. Strobilus a dit les uu, 290-292, en s'avançant vers les provisions. Congrio et Anthrax sont restés à la même place qu'en entrant en scène. Strobilus en marchant a dû se mettre devant Congrio et lui masquer la vue des maisons. Anthrax seul peut donc montrer les deux maisons au
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M. 294. Strobilus lui répond sans le regarder Nempe sicut dicis, Congrio reprend Quid hic. nuptiis (294-293). C'est Congrio qui doit le dire : si c'était Anthrax, Strobilus serait d'abord obligé de tourner le dos au public, puis de se retourner : ce qui constituerait un ensemble de mouvements disgracieux. Il est plus naturel de supposer que, Congrio étant sur le premier plan. Anthrax sur le second, et Strobilus entre les deux, Congrio lui adresse la parole et que Strobilus, déjà un peu de biais, le regarde se tournant tout à fait vers lui (par conséquent vers 4e public) et lui réponde le u. 296 Vah,
Le dialogue continue naturellement [uu, 296-303) ce Quid negoti est et les vers qui suivent doivent être distribués entre Congrio et Strobilus seuls.
Si toutefois on ne suppose pas les uu, 304-t305 interpolés, on doit les placer dans la bouche d'Anthrax, qui a pris pendant ces quelques vers la position que nous avons déterminée, et qui trouve Texcellente occasion de se mêler à la conversation.
En outre, dans Vesprit de Congrio, il doit se produire une association d'idées directe : la mention de la bourse lui fait songer immédiatement à l'argent qu'il pourrait tirer d'Euclio afin d'obtenir sa liberté. La question censen [u. 309) se trouve naturellement sur ses lèvres.
Pour ce qui est de la distribution entre les uu, 283 et 290, je conserve celle de Gôtz, sauf pour le w. 289 où je donne cuius ducit filiam à Congrio : car il semble dans toute cette scène, si notre restitution est exacte, s'intéresser spécialement à Euclio et à sa maison.
Aussi sera-t-il largement récompensé de cet intérêt si bien placé, lorsque Strobilus l'y enverra : d*où protestation et i/w. 334 sqq.
Pour la distribution entre les uu. 322 et 332, je garde
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celle proposée par M. L. Havet [Revue de Philologie^ 1888, p. 107).
Il reste à examiner maintenant si, dans cette restitution, j'ai toujours eu devant les yeux le précepte d'Horace.
Qualis ab inceplo processerit, seruelur ad imum.
Par le peu que nous connaissions avec certitude du caractère de Congrio, nous savons qu'il aime Targent {uu, 344-34S, 448, 4S6), qu'il a peu d'esprit [uu, 337- 338, 416-417) et grossier (u. 334). Anthrax, au contraire, tourne les calembours gracieusement [uu, 401-402), dit les choses sans trop d'aigreur (uu, 330-331), excepté quand on l'injurie [u. 326). Je crois les avoir fait tels : Anthrax ne pourra placer une parole sans plaisanter {uu. 283-284, 304-303, 323). Ce sera un cuisinier jovial, presque aimable. Par contre, Congrio sera un cuisinier grincheux [u, 293) et malappris, qui n'a que ce qu'il mérite quand il est envoyé chez l'avare et rossé par lui. Il est bavard et questionneur jusqu'à l'ennui [uu, 289, 296, 297,298, 313) : il aime l'argent [uu. 309-310).
Voici la restitution d'ensemble de tout ce passage.
STROBILVS
Posquam obsonauit crus et conduxit coquos 280
Tibicinasque hasce apud forum, edixit mihi Vt dispertirem hos omnis hicbifariam.