‹ Quelques opérations sur le foie et les voies biliairesChapitre 4 sur 9 · Davaine. — Traité des Entozoaires · texte numérisé non relu

Davaine. — Traité des Entozoaires

(1) J.-L. Petit. — Parallèle de la rélenlion de la bile et des pierres de la vésicule avec la réletlion d’urine et les pierres de la vessie ; in Mémoires de l’Acad. roy. de Chir., t. I, p. 155, 1743; et Traité des maladies chirurgicales, Paris, 1790.

(2) Frerichs. — Examen du liquide hydropique de la vésicule biliaire.

(3J Marteau. — Dilatation énorme de la vésicule contenant des calculs et remplie par 5 ou 6 onces d’une matière lymphatique presque sans couleur et peu gluante; in Journal de Roux, 1768, XXVUl, p. 328-333.

(4) Bernard .—Premier examen précis du liquide de l’hydropisie de ta ïésica/e.—Lngd. Bat.,179C.

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Grandclaude (1) observa^ dès 1829, l’issue spontanée de calculs iiliaires par un abcès de l’bypocondre droit ; Guérard(2) (1831) et Dolbeau (3) rapportèrent en outre d’autres observations de calculs enelatoannés du canal cystique. Enfin Barth (4) (1848-1851) décrivit plusieurs cas de calculs enchatonnés de la vésicule.

Monod (a), dès l’année 1828, puis Renaut (6) en 1834, Peebles (7) et Neill (8) en 1858, Gros (9) et Bourdon (10) en 1859, etc., etc., observèrent des cas mortels d’étranglement intestinal causés par de volumineux calculs biliaires qui avaient cheminé dans l’intestin (11), soit par les voies naturelles dilatées, soit plutôt par suite d’une double perforation de la vésicule et du duodénum ou du colon transverse, pour s’arrêter dans l’intestin grêle, ou bien dans rs iliaque. Enfin Bérard (12) publia en 1831 un cas de lithiase biliaire intra-hépatique avec accumulation de calculs dans tout le trajet des vaisseaux excréteurs du foie, et Duménil (13), en 1852, signala la présence de calculs biliaires, non seulement dans le cholédoque, mais aussi dans les ramifications intra-glandulaires du canal hépatique.

D’importantes recherches de médecine expérimentale avaient été pratiquées d’abord en 1670 par Ettmüller (14), puis en 1767 par Her-

(1) Grandclaude. — Obsenation de calcul biliaire sorti ■par l’hypocondre droit; in Bull, de l'Acad. Toy. de Méd., 12 février 1829.

(2) Guérard. — Calcul biliaire enckalomé dans l’intérieur du canal cyslique; in Bull. Soc. anat.,

[Z) BoVaesn. — Calcul biliaire enchatonné du canal cystique ; m Bull. Soc. anal., 1831.

(4) Barth. — Calculs enchatonnés de la vésicule : in Bull. Soc. anat., 1848-1851.

(5) Monod. — Obstruction complète du jéjunum par un calcul biliaire ; in Bull. Soc. anat

(6) Renaut et Regnier. — Calcul biliaire, passé de la vésicule dans l’intestin grêle, par une fistule et ayant déterminé la mort par étranglement; in Bull. Soc. anat., n»4. Nouvelle Sér., 1834.

(7) Peebles. — Observation d’ileus causé par un calcul biliaire-, in Gaz. hebd. de méd. et chir., 1859, p. 445.

i8) Neill. — Calcul biliaire arrêté à la valvule iléo-caecale et occlusion intestinale; in Liverpool med. ehirurg. journal, janvier 1858.

(9) Gros. — Calcul biliaire volumineux arrêté dans l’S iliaque ; in Bull. Soc. anatomique,

(10) Bourdon.— Calcul biliaire d’un volume considérable tombé dans le tube digestif, à travers les parois de la vésicule adhérente et perforée-, in Union médicale, 4 juin 1859.— Voir à ce sujet les récents mémoires de MM. Kirmisson et Rochard et la thèse de M. Dagron.

(llj Voir, plus loin, le mémoire de M. le D'- Pouzet (de Cannes). {N. delà R.)

(12) Bérard (Th.). — Calculs biliaires développés dans tout le trajet des vaisseaux excréteurs du foie; in Bull. Soc. anat., 1831.

(13) Duménil. — Calculs dans le canal cholédoque et dans les divisions du canal hépatique ; in Bull. Soc. anatomique, 1852.

14) Ettmüller. — Opéra omnia. Frankfort, t. I, p. 306.

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lin (1), et, peu après, par l’Anglas et Duchainois. Ces chirurgiens avaient pratiqué avec succès, chez le chien et le chat, la cholécystotomie, la ligature du canal cystique, et même l’extirpation complète de la vésicule.

Mais c'est Morand qui le premier, en 1756 (2), mettant à exécntion les données de J. L. Petit, a incisé chez l’homme la vésicule remplie de calculs. Tierbergen (1758) (3) réussit à extraire, par l’opération sanglante, d’une vésicule suppurée un volumineux calcul biliaire. Bloch (1774) et Richter (1778) cherchèrent à obtenir des adhérences inflammatoires entre la vésicule et les parois abdominales. Nous devons à L’Espine (de La Flèche), en 1810 (4), une nouvelle observation d’une tumeur calculeuse de l’hypocondre droit guérie par l’extraction d’un grand nombre de pierres biliaires. Nous citerons ensuite les recherches de Campaignac (1826) et la thèse de Carré en 1833.

C’est à ce dernier auteur que Courvoisier attribue l’idée d’inciser directement les tumeurs non adhérentes de la vésicule.

Et pourtant la méthode des caustiques, employée dès 1825 parRécamier pour l’ouverture des abcès du foie, fut encore choisie par Leclerq (deSenlis) en 1856 (5) pour ouvrir une tumeur de l’hypocondre droit et en extraire de nombreux calculs. Les travaux de Thudichum (6) furent purement théoriques (1859) et Bobbs, en 1868, ne pratiqua la première cholécystotomie qu’à la suite d’une erreur de diagnostic.

La première opération de ce genre, faite de propos délibéré, appartient à Marion Sims (18 avril 1878), qui retira de la vésicule 66 calculs biliaires. Kocber (de Berne), le premier, fit une cholécystotomie de parti pris, suivie de succès. Cette opération a été pratiquée deux mois après celle de Marion Sims (1878). Vulgarisée surtout par Lawson Tait, la cholécystotomie a été principalement exécutée en France par Terrier, Terrillon, etc., et par les élèves de ces maîtres, qui ne manquèrent pas d’imitateurs.

Mais les inconvénients des fistules biliaires devaient bientôt engager

(1) Herlin. —Expériences sur l’ouverture de la vésicule Mliaireet sur son extirpation chez le chie» et léchât, 1767.—Expériences répétées par l’Anglais et Duchainois; m Journal de Roux, juillet, t. XXVII, p. 403.

(2) Tierbergen. — demed. Trad. de Planque, Paris, in-12, 1.1, p. 190-192. — Observation d’un calcul volumineux et d’une tumeur purulente biliaire après incision de celle-ci.

(3) L’Espine (de La Flèche). — Observation d’une tumeur très volumineuse située dans fhypocotdre droit, guérie par Cextraction d’un grand nombre de concrétions ou pierres biliaires ; iaJottnul de méd. et de chir., t. XXVII, p. 290-298.

(4) Leclercq (de Senlis).— Tumeur biliaire ouverte par la potasse caustique; extraction de cai- Ltils ; in Bull. Soc. anal., 1852.

(5) Thudichum. — Brilish med. Journal, novembre 1859.

(6) Bobbs. — Transacl. of the Indiana mgd. Society, 1868, p. 68.

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les opérateurs à tenter une opération plus rationnelle, d’une façon générale, que l’ouverture de la vésicule, et c’est ainsi qu’ils furent amenés à pratiquer l’incision de la vésicule suivie de sa fermeture immédiate: [Cholécyslotomie idéale ou à sutures perdues). Lapremièreopération de ce genre (cholécystotomie à sutures perdues) fut pratiquée^ d’après Courvoisier, par Mereditli, le 30 janvier 1883. M. F. Terrier et son élève, notre ami, M. Marcel Baudouin (de Paris), qui s’occupent tout particulièrement de ces questions, ne connaissent pas d’opération absolument analogue exécutée en France.

Les manœuvres délicates de l'extraction des calculs du canal cystique après cholécystotomie ont été tout particulièrement décrites par Cour- Toisier (1), qui en a fait dans son important travail l’objet d’un chapitre spécial.

L’extirpation de la vésicule biliaire fut pratiquée la première fois chez l’homme, le 15 juillet 1882, par Langenbuch. La malade guérit.

Depuis ce cas, Crédé, Israël, Courvoisier, Thiriar, Terrier (1886), puis Péan, Terrillon, Broca, Michaux, etc., n’ont pas hésité à tenter cette opération; et 90 observations environ ont donné une mortalité opératoire de moins de 20 “/o- La thèse de M. Calot résume parfaitement jusqu’en 1891 l’histoire de cette opération (2).

Nussbaum eut l’idée, dans les cas où la perméabilité du canal cholédoque ne pouvait être rétablie, d’aboucher la vésicule dans l’intestin grêle. Cette opération {Cholécystentérostomie) a été pratiquée pour la première fois par Von Winiwarter (de Liège). Socin (de Bâle), Courvoisier, et tout particulièrement Terrier, ont apporté au manuel opératoire de la cholécystentérostomie des modifications importantes, qui en ont fait une intervention presque inoffensive, comme on peut s’en convaincre en lisant la thèse de notre ami M. le docteur H. Delagénière (du Mans) (3).

D’autrepart, Langenbuch (1886), puis Courvoisier, écrasèrent surplace des calculs du cholédoque {ChoUdocholithotiipsie), et Courvoisier fit, le premier, avec succès, l’incision du cholédoque {Cholédochotomie), pour en extraire des calculs, et termina par la suture perdue des lèvres de la plaie. Cette opération doit être combinée avec le cathétérisme des voies biliaires.

Von Winhvarter pratiqua pour la première fois de parti pris (4) la Cholédochostomie ou fistule cutanée du cholédoque ; et enfin Sprengel la

(1) Courvoisier. — Casuistik-slalislik Beitrœge znr Path. und Chir. der Leipzig.

;2) Calot. — De la cholécystectomie, 1891.

(3) Delagénière. — De la cholécystentérostomie, 1890.

14] On ne l’avait faite auparavant que par hasard.

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Cfiolédoclio-entérostomie, en amont d’un calcul volumineux du cholédoque dilaté, le calcul étant impossible à extraire.

Mentionnons aussi les tentatives de Thornton, qui fit une Hépatostomie et put extraire avec succès du foie lui-même par une fistule temporaire 412 calculs intra-hépatiques, sans oublier VHépaticostomie de Kocber (1).

Les interventions pour les abcès du foie devaient marcher de pair avec les opérations pratiquées pour la lithiase biliaire.

Récamier (2) imaginait en effet, dès 1825, de perforer lentement la paroi abdominale par des applications successives de potasse caustique, de façon à obtenir la formation d’adhérences entre la face antérieure du foie et le péritoine pariétal. Graves (3) incisait la paroi abdominale, jusqu’au péritoine exclusivement, et bourrait la plaie de charpie, afin de déterminer la formation d’adhérences. Bégin (4) incisait toute la paroi, y compris le péritoine, mais laissait le foie intact et pansait à plat. Le foie était incisé au bout de quelques jours. Cambay (§) ponctionnait directement le foie, au point fluctuant, avec un gros trocart, qu’il laissait à demeure pendant une huitaine de jours. Les adhérences, si elles n’existaient pas avant l’opération, se produisaient ultérieurement sans danger. Le malade gardait un repos absolu. Le procédé de. Cambay était en honneur aux Indes, entre les mains de sir Romald Martin et de Cameron (6j. Ramirez (7) pratiquait la ponction en un temps, avec un gros trocart, et, comme Cambay, le laissait à demeure, pour y substituer, au bout d’une huitaine de jours, un drain d’un diamètre égal. L’orifice pouvait être dilaté avec l’éponge préparée. Dutroulau (8), dès 1856, agissait avec plus de hardiesse encore, car, après avoir vérifié par une ponction capillaire la présence du pus, il incisait les téguments et le péritoine, pour plonger directement et dans la même séance le bistouri j usque dans le foyer intra-hépatique.

(1) Pour toutes ces opérations et les indications bibliographiques, voir Terrier (F.) ; Des opérations pratiquées sur les voies biliaires. Rapport au Congrès français de Chirurgie, avril 1892.

(2) Récamier. — Revue médicale, I, p. 25, 1825.

(3) Graves. — Clinic. observ. on hepatic abcess.; in Dublin hosp. Report, t. IV, p. 39, 1827.

(4) Bégin (J.). — Mémoires sur Vouverture des collections purulentes ou autres développées dans l’abdomen; in Journal hebdom. de méd. et de chir., t. I, p. 417, 1839.

(5) Cambay (Cb. ). — Tr. des maladies des pays chauds. De la dysenterie et des maladies du foie qui les compliquenl.Va.ns, 1847, 1 vol. (Analyse in Gaz. méd. de Paris, p. 700, 1847.;

(6) Dict. encycl. des sc. méd. (de Dechambre). Article Foie, p. 83.

(7) Ramirez. — Abcès du foie; ponction pure et simple ; in Congrès international de Paris, 1867, p. 444; et Tr. des abcès du foie. (Observations recueillies à Mexico et en Espagne.) Paris, 1867, ln-8«.

(S; Dutrouleau. — Mémoires sur l’hépatite des nays chauds el les abcès du foie; in Bull. Acad. Méd., t. XX, p. 207, 1856.

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üRflot de pus s’échappait et la guérison était la règle. Ses collègues, les chirurgiens de notre marine, suivirent son exemple.

L'indsion antiseptique, en un temps, combinée avec la ponction exploratrice du foie mis à découvert, est aujourd’hui la règle (1).

Dès 1825, Masseau (2), membre correspondant de l’Académie de médecine, appliqua au traitement des kystes hydatiques du foie la méthode de Récamier, c’est-à-dire qu’il eut recours à l’ouverture de la poche par les caustiques. Bientôt, on substitua à la potasse la pâte de Vienne ou celle de Canquoin, qui donnèrent des escharres plus sèches. Puis on pratiqua la ponction avec un gros trocart laissé à demeure, suivant le procédé de Cambay pour les abcès du foie, soit d’emblée, soit après application préalable d’un caustique ; la dilatation ultérieure de Porifîce permettait l’évacuation des membranes hydatiques et les injections détersives dans le kyste. Telle était en 1868 la pratique de Blachez (3) et, en 1870, celle de Jônassen (4), ainsi que celle de la plupart des médecins islandais, à qui la fréquence de ces kystes dans leur pays donne une autorité toute spéciale. La ponction d’emblée provoquait des adhérences avec plus de sécurité que les caustiques, à condition de laisser à demeure un trocart volumineux et de maintenir le patient immobile pendant au moins 48 heures.

L’incision de la paroi abdominale et du kyste avec le bistouri a été tentée avec succès par Velpeau (5), dès 1844, puis en 1830, par Jarjavay (6). Toutefois, malgré les succès obtenus par ses hardis devanciers, Jobert (de Lamballe) (7), moins audacieux^ préconisa, le premier, comme méthode de choix, les ponctions capillaires répétées : il laissait son trocart à demeure durant 24 heures, de façon à vider complètement le kyste, et répétait les ponctions, si le liquide se reproduisait, jusqu’à flétrissure des membranes hydatiques. Owen Rees. (8) et William Cox signalèrent plusieurs succès obtenus par la méthode de Jobert (de Lamballe).

Moissenel (9) (1839) recommande également, pour le traitement des

(1) Voir, à ce propos, l'article de M. Segond dans le Trailé de Chirurgie, T. VI.

(2) Bicl. enegcl. des sc. méd., 4» série, t. 3, p. 241.

(3) Blachez. — Drainage des kystes hydatiques; in Gaz. hebd, de méd. et de chir., 1860.

(4) Jœnassen. — Ugeskr. for Lœger, 1,10,1870.

(5) Rayer et Velpeau. — Kyste hydatique du foie ouvert avec l'instrument tranchant par la méthode en deux temfs ; in Bult. Génér. de Thérap., t. XXVI, p. 58, 1844.

(6) Jarjavay. — Kyste hydatique du foie ouvert par le bistouri, guérison; in Gaz. des Hôp., p. 233,1850. '

(7) Nouv. dict. de méd. et chir. prat. (Dr Jaccoud), t. XV, p. 123.

(8) Rees (Owen). — Case of dis. ofthe liver cured by oper. ; in Guy s hosp. Rep., 2' série, 1848- 1849, Tol. VI, p. 17.

(9) Moissenet. — De ta ponction avec le trocart capillaire appliquée au traitement des kystes hydatiques du foie; in Arch. gén. de Méd., 5' sér., t.XIII etXIV, 1859.

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kystes hydatiques du foie, les ponctions capillaires non suivies dlijections irritantes, et Murchison (1) à son tour se montra l’uii des promoteurs les plus ardents de cette méthode : il obtint sur 20 cas 17 succès. Parmi 45 malades traités de la sorte et dontles cas sont relatés dans divers journaux, on compte 35 guérisons sans accidents et 10 cas de suppuration du kyste. La méthode des ponctions capillaires est applicable toutes les fois qu’il s’agit d’évacuer un liquide très fluide, et notre maître, M. le Dr H. Henrot, nous a fait apprécier à diverses reprises les avantages de ces ponctions lentes, pratiquées sans appareil aspirateur, avec l’aide d’un simple trocart de trousse, sur la canule duquel on adapte un long tube de caoutchouc formant siphon. (Une des malades de son service subissait ainsi, sans le moindre choc, tous les 2 ou 3 mois, une ponction de 50 à 53 litres de liquide ascitique et l’évacuation durait de 12 à 24 heures.)

Cadet de Gassicourt et Dolbeau, en 1836, proposèrent théoriquement de faire suivre l’évacuation du liquide hydatique d’une injection irritante. Ils avaient observé, en effet, des cas heureux de guérison spontanée de kystes hydatiques par suite de la pénétration accidentelle de la bile dans la poche. Voisin (2) pratiqua cette injection de bile en 1837, mais sans succès. La même annnée, Cbassaignac (3) obtint un cas de guérison à la suite d’une injection iodée; et deux ans plus tard le mémoire de Boinet (4) consacra cette méthode opératoire. Les ponctions capillaires, suivies ou non de lavages ou d’injections irritantes (alcool, chlorure de zinc, phénol, solution iodo-iodurée), devaient se vulgariser bientôt aux dépens de l’ouverture par les caustiques ou du drainage en un ou plusieurs temps (3), grâce aux travaux de Dieulafoy (6), de Dujardin-Beaumetz (7), de Jaccoud (8), de Landouzy (9), de Desnos (10), etc.

(1) Murchison. — Tram, of thepath. Soc., t. XVII. p. 124, 1867; etArchiv. deMéd., 1867.

(2) Voisin. — Bti/L Soc. anal., 1857.

(3) Chassâignae. — Kystes hydatiques du foie; injection iodée; guérison; in Mém. Soc. Chir., Mars 18.57; et Cas. des hùp., n" 922, 1857.

(4) Boinet. — Traitement des kystes hydatiques du foie par les ponctions capillaires, la potasse Cl l lue et les injections iodées ; in Revue de thérap. médic. chirurg., 1859.

(o) Dutrouleau. — Loc. cit.

(6) Dieulafoy. — Diagnostic et traitement des kystes hydatiques du foie par les ponctions et t aspiration; in Gaz. des hôp., n» 74, 1872; et Traité de l'aspiration, Paris, 1873.

;7)D. Beaumetz. — Valeur de la ponetion aspiratrice dans le diagnostic et le traitement des kystes hydatiques du foie; in Bull, de Thérap., t. L. XXXIV, 1873.

(8) Jaccoud. — Clinique médicale de l’hôpital Lariboisière, 1873.

(9) Landouzy. — Du rôle de la bile épanchée ou injeetée dam la guérison des kystes hydatiques i% foie; in Gaz. mcd., p. 56, 1874.

(10) Desnos. —Valeur de ta ponction aspiratrice dans le traitement des kystes du foie; in Bull, de Thérap., 15 juillet 1875.

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Plus récemment Baccelli (1) et Debove (2) ont repris la méthode des ponctions capillaires suivies d’injections parasiticides. Baccelli évacue une portion du liquide et la remplace par un volume égal d’une solution de bichlorure de mercure. Debove conseille l’évacuation totale du liquide bydatique et pratique, aussitôt après, un lavage antiseptique. Le sulfatede cuivre,le naphtol p ont été employés en solution aqueuse. Toutefois ü ne fant pas croire que les ponctions môme capillaires soient toujours inoffensives et bien des cas de mort par suite d'une simple ponction de kyste hydatique sont mentionnés dans la littérature médicale. Ces cas de mort rapides après une simple ponction ont été observés par Môissenet (3), Martineau (4), Guyot (5), etc., etc. Plusieurs de nos confrères nons en ont signalé de semblables, et la lecture d’une de nos observations prouvera combien les ponctions des tumeurs de la région sus-ombilicale peuvent présenter de dangers.

L’incision directe (procédé de Lindemann-Landau) devait reprendre la supériorité sur les méthodes palliatives, avec la vulgarisation des procédés antiseptiques. Lawson-Tait a été l’un des promoteurs (6) les plus actifs’ de cette incision directe des kystes hydatiques du foie, et, dès 1884, notre maître, M. le D'" Lucas-Ghampionnière, la pratiquait en deux temps (procédé de Volkmann) et tamponnait la première plaie opératoire (qui comprenait l’incision du péritoine) avec de la gaze antiseptique, pour n’inciser le kyste que plusieurs jours après.

Actuellement, il semble plus rationnel de traiter les kystes du foie, du moins toutes les fois que la chose est possible, exactement comme les kystes ovariques, qu’ils soient ou non suppurés, c’est-à-dire de pratiquer l’opération en une seule séance.

Le kyste est-il pédicule? On peut en pratiquer Vablation totale, avec ou sans résection partielle d’un lobe du foie. M. Terrillon a fait cette opération en maintenant le pédicule hors du péritoine ; mais nous verrons plus loin qu’on peut la pratiquer, comme nous l’avons fait dans une de nos observations, divec réduction du pédicule dans le ventre. M. Terrier d’aülenrs a fait l’ablation presque complète de kystes pédiculés de la face inférieure de l’organe.

L’énucléation de la poche est-elle impossible? Il faut se contenter d’en faire la résection partielle et de suturer au péritoine pariétal le

(1) Gaido Baccelli. — Communie, del prof. E. Rossoni ; in Rif. med., 11 juin 1887.

(2) Debove. — Gazette hebdomadaire de méd et de chir., 1888, p. 693.

[3j Areh. de Méd., 1859. (Loc. cil.).

(4) Martineau.— Union, méd.,ISIS. (Mort subite après la ponction d’un kyste hydatique du foie.

(5) Guyot. — Soc. méd. des Hâp., 1875.

(6) Voir, à ce sujet iBaüdoüim (Marcel). Traitement des kystes hydatiques du foie (Nouvelles méthodes thérapeutiques, 1888} ; et l’article de M. Segond, dans le Traité de Chirurgie.

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