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EMPREINTE ILIAQUE

Quand on examine la face antérieure du col du fémur, on remarque à la partie supérieure et interne de cette face, dans l’angle formé par le bord supérieur et la ligne qui marque la limite du cartilage, une dépression plus où moins marquée, à laquelle M. P, Poirier a donné le nom d’empreinte iliaque.

Description de cetle empreinte. — Sur un fémur dépouillé de ses parties molles, elle revêt le plus souvent une forme elliptique, à grand diamètre obliquement dirigé de haut en bas et de dehors en dedans. Cette empreinte est plus ou moins profondément déprimée dans le sens de ce diamètre et bordée par un bourrelet, dont la saillie très marquée en dehors, devient presque nulle aux extrémités du diamètre, et ne s’accentue que faiblement en dedans, quand elle ne

disparaît pas complètement.

Mesure des diamètres. — Nous avons recherché ce caractère sur 209 fémurs des deux sexes. Nous l'avons rencontré sur les 4/5 environ, avec la même fréquence de part et d'autre. La forme elliptique est presque la règle, sauf quand cette empreinte est réduite à un segment de cercle.

Les diamètres sont très variables. — Tantôt iis mesurent quelques millimètres, tantôt 1, 2 et même trois céntimèêtres. £a général l'étendue de l'empreinte est proportionnelle à la taille de l'os.

Quand elle atteint de grandes dimensions (2 centim. 1/2) elle peutcouvrir le 1/4 environ de la surface du col, et n’être séparée de la ligne intertrochantérienne antérieure que par une gouttière à fond lisse, qui est d'autant mieux marquée, que le bourrelet qui la limite en dedans et les rugosités de la ligne intertrochantérienne qui la bordent en dehors sont plus saillants.

Variétés de forme. — Quand le bourrelet existe sur tout le pourtour dc la dépression, celle-ci semble complètement isolée dans l’angle supérieur et interne du col.

Mais c'est l'exception, nos recherches nous ayant montré que ce bourreletest surtout saillant en dehors nul aux extrémités du diamètre oblique, et qu’il dis-

parait généralemert au niveau du point où l’empreinte

devient tengente à la surface cartilagineuse, en sorte que les deux surfaces se réunissent partiellement. Parfois enfin ce n’est pas seulement la portion interne du bourrelet qui n'existe pas, mais encore toute la moitié interne de la dépression, dont la moitié externe faittellement corpsavec la surface cartilagineuse, qu’elle parait en être un simple renflement. Enfin j'ai remarqué que cette surface est tantôt lisse, tantôt criblée de petits orifices. A l'examen du squelette, il me parut intéressant. de faire suivre une recherche attentive de cette empreinte, alors qu’elle était encore pourvue de son révêtement, d'autant qu’il me paraissait diffcile d'admettre avec Beriaux qu’elle donnait insertion à un très fort trousseau fibreux de la capsule articulaire.

Ma recherche n’avait d’ailleurs d'autre but que de contrôler sur un plus grand nombre de pièces ce que M. Poirier, avait lui-même signalé déjà, à savoir que . c'était du cartilage qui recouvrait celle empreinte. Sur le conseil de M. le Chef des Travaux, j'examinai dans les salles de dissection, un nombre considérable de témurs encore ilacts, et Je constatai que cette surface est recouverte par un mince revêtement de tissu cartilagineux, semblable au cartilage de la tête fémorale.

Quand l'empreinte -était isolée son cartilage était

séparé de celui de la tête par une bandelette osseuse

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recouverte de son périoste, quand les deux surfaces se trouvaient réunies, la même nappe cartilagineuse s’é- . tendait sur l’une et l’autre sans distinction.

Quelle est la signification de cette empreinte? Monsieur P. Poirier lui reconnait, en général, pour cause tous les mouvements dans lesquels la cuisse est extrémement fléchie sur le bassin, la cuisse étant plus ou moins en abduction. ie

Quelle est la cause efjiciente ? Rechérchons-la sur un cadavre fraichement disséqué et dont l'articulation cosso-fémorale n’a pas été ouverte. Fléchissons la cuisse sur le bassin en l’écartant légèrement en dehors. Nous constatons qu'à chaque mouvement de flexion exagéré, la partie supérieure et interne du col vient frotier contre un léger renflement du bourrelet cotyloïdien, sous-jacent à l’épine iliaque antérieure et inférieure. Ces mouvements de flexion fréquemment répétés chaque jour, s’accompagnant de ce frottement, on ne s'étonne pas qu'il se forme sur le col une pseudo surface articulaire correspondant au renflement du bourrelet, et que cette surface soumise à un’ glissement continu s’encroûte de cartilage.

Plusieurs conditions sont d'ailleurs nécessaires pour que cette empreinte se forme, l’une est réalisée

par l’os iliaque quand la cavité cotyloïde est assez

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profonde, l’autre par le fémur, quand la face antérieure’ du col est à peu près au niveau de la surface cartila: gineuse de la têle.

L’anatomie comparée nous montre que sans ces deux conditions, il ne peut se faire d’empreinte. Que voyons-nous en effet chez les anthropoïdes ? Examinons d’abord un squelette de chimpanzé. La cavité cotyloïde est profonde, ilest vrai, mais d'autre part la calotte cartilagineuse surplombe le col comme la tête d’un champignon. Fléchissons le fémur sur l'os iliaque, il reste environ 1 centimètre entre le rebord cotyloïdien et la surface du col.

Le squelette de l’orang-outang présente la même disposition de la tête et du col ainsi qu’une cavité cotyloïde mois profonde que celle du chimpanzé. Fléchissons, impossible de faire buter le col contre le pourtour de la cavité, aussi pas d'empreinte possible. Ces deux conditions sont donc nécessaires. Il en faut une troisième, je veux dire, que le membre doit être en abduction. Examinons un squelette et voyons quels rapports affectent la tête du fémur et la cavité cotyloïde dans la station verticale. Nous voyons qu’une partie seulement de la surface articulaire est recouverte par la cavitéet que tout le segment supérieur externe, de forme

semi-lunaire est en dehors du rebord cotyloïdien.

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Meittons le membre en adduction. Ce segment croît d'autant plus que l’extrérnité inférieure du fémur se rapproche de l’axe du corps. Mettons-le en abduction. Ce segment diminue au fur et à mesure, jusqu’à être complètement recouvert par le bourrelet cotyloïdien. Exagérons le mouvement, le bord supérieur du col entre à son tour dans la cavité, mais comme il est très concave, le rebord cotyloïdien en est séparé par : un intervalle de quelques millimètres. Portons alors le fémur en avant. La face antérieure du fémur qui est, elle, sur le plan de la surface cartilagineuse se met en contact avec le bourrelet. Que ce mouvement se reproduise souvent, ainsi que cela à lieu lorsqu'on s’assied ou se baisse, en fléchissant les jambes sur les cuisses, les cuisses sur le bassin, ce contact répété ne suffit-il pas à expliquer la formation de l'empreinte sur cette partie de la surface du col qui se meut autour du renflement, et l'apparition du cartilage n'est-elle pas absolument normale? Nous pouvons donc, pour résumer, dire que l'empreinte iliaque est dué au frottement de la partie antéro-supérieure et interne du col contre le renflement du bourrelet cotyloïdien sousjacent à l’épine iliaque antéro-inférieure, que la surface de l'empreinte est proportionnelle à la saillie du renflement, et qu'enfin l'empreinte sera soit isolée,

soit à peine tangente, soit en partie confondue avec la surface articulaire de la tête suivant que celle-ci sera peu étendue, ou au contraire empiétera beaucoup sur la face antérieure du col.

EMPREINTE TIBIALE

Thompson a signalé la présence d’une empreinte ovalaire ou triangulaire située au-dessus et en dehors de la partie postérieure du condyle interne du fémur. Cette empreinte, analogue à l’empreinie iliaque, est tantôt isolée, tantôt confondue sur une plus ou moins grande partie de son étendue avec la surface articulaire recouverte de cartilage. Elle est elle-même recouverte de cartilage, et serait due au contact du bord

postérieur du plateau interne du tibia dans l'extrême flexion alors que la jambe est fortement fléchie sur la cuisse, et la cuisse sur le bassin, telle, l'attitude de l’accroupissement.

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