‹ Quelques particularités sur le fémurChapitre 13 sur 21 · III. 1 J 7 ; nulle llûi · texte numérisé non relu

III. 1 J 7 ; nulle llûi

M’. Manouvrièrattribuanf la platymérieel. lè' pilastre à la. même-cause, se demanda comment cettô mêmecause pouvait produire tantôt dès effets identiques, tantôt des effets contraires. Il étendit alors ses recherches à un plus grand nombre de fémurs et ne tarda pas à reconnaître que la contradiction était plus apparente qpe. réelle, que l’accentuation du.pilastreeorrespondait toujqursrà u.n,.degré. proportionnel decpjatymèriei,mais que^la.mè.mer.cause pouvait produiresoitrumoulautre type-de platyraérie^pour-eoexister: avec: lev pilastrêj-etquamsVs’expliquait léfait constaté-dansde tableau VI à eavoir qu’àe.un- degré- rmlde platymèrre-correspondaU unipilasto des-plus saillants. Cela ne "voulait-paai' dère-queFleefémurs errquestron .no sont pas •platymêrcs, mais seulement,', qu’ils •le^sonüdansuîV’sens-invefSe dû précédenD,' c>’est-à-dire, transversaèêment'.' NoüS -ateng"

trouvé sur des fémurs modernes ce même mode de platymérie.

D’après les recherches de M. Manouvrier sur les fémurs préhistoriques le maximum de platymérie transversale est atteint par un fémur néolithique provenant du Musée de Guéret, et dont les diamètres respectifs

sont ü = 142.

Description du fémur néolithique de Ouéret. — L’aspect de ce fémur est vraiment caractéristique et mérite d’être décrit. Le 1/3 supérieur de la diaphyse est extrêmement aplati latéralement ; il présente deux faces, l’une interne, l’autre externe, et deux bords, l’un antérieur mousse, arrondi, qui n’est que la face antérieure extrêmement diminuée d’étendue, l’autre postérieur, constitué par la ligne âpre qui ne se bifurque pas, et revêt l’aspect d’une crête dont les deux versants seraient les faces interne et externe. Il existe en outre, sur la face externe, un méplat ovalaire à grand diamètre vertical, sur lequel nous reviendrons en expliquant la cause de la platymérie. 11 résulte de ces modifications dans la forme de l’os que d’une part, dans . le cas de platymérie antéropostérieure, le petit trochanter déborde le plan tangent à la face postérieure du fémur, tandis que dans la platymérie transversale, il est dépassé par le bord

postérieur ; — que d’autre part, si nous regardons de face un fémur platymère dans le sens Ant-.Post., on ne voit pas le petit trochanter, surtout si la platymêrie s’éten den dedans et en dehors, alors qu’il est tout entier visible et s’élève comme un gros tubercule sur la face externe de l’os dans le cas de platymêrie transversale.

Cause de la platymêrie. — La platymêrie trouve son explication dans la variété des modes d’insertion du muscle crural.

Rappelons les insertions de ce muscle sur un fémur non platymère. D’après M. P. Poirier (Quadriceps crural, 1888) le crural « s’insère par des fibres charnues à la face antérieure, à la face externe, aux bords interne et externe du fémur. En haut et en avant ses insertions sont généralement séparées de celles des vastes par une bande osseuse large de 5 à 10 millimètres. Quelquefois cependant les insertions se rapprochent davantage ou deviennent contiguës. En dehors les insertions commencent un peu moins haut. Elles occupent toute la face externe de l’os et vont presque à la ligne âpre, au contact des insertions du vaste externe, le bord interne du fémur forme la limite des insertions du crural qui n’empiète que très rarement sur la face interne de l’os. »

D'autre part, la surface osseuse à laquelle corres-

pond un tel mode d’insertion est régulièrement convexe et de largeur ne dépassant pas celle du fémur à sa partie moyenne. Or voyons comment la platymèrie transforme cette surface.

Surface d'insertion du fémur dans la platymèrie transversale. — Nous savons déjà, par la description que nous avons donnée d’un iémur platymère transversalement, que cette surface est réduite, en ce cas, à sa plus simple express-ion, puisqu’elle n’est plus ■qu’un bord.

Surface d'insertion du crural dans la platymèrie autéro-postérieufe. — Examinons, au contraire, le fémur méolithique de Nanteuil-le-Harduin, dont l’indice platymôriqne = 65 8. Le tieis supérieur de la diaphyse est très aplati, et mesure 38 millimètres de largeur. Cette surface, à peine convexe, est limitée par deux bords, l’un interne, qui continue la face interne, :graduellement diminuée d’étendue depuis la partie tooyemie de l’os, rautré externe, résultant également d’un amincissement de la face externe, et constituant une lè-vre très déjetée en dehors, large dfenviron 7 millimètres, épaisse 4e *6 millimètres, paraissant .résulter d’un étirement itatêral de Üa face externe rendue malléable, et susceptible d’>être aiirsi modelée, sur unedongueur de prés de 7 centimètres.

A la face postérieure de cette lèvre correspond très souvent une gouttière ou fossette, dite fossette hypotrochantérienne, sur laquelle nous reviendrons dans un prochain chapitre.

Nous avons maintenant tous les éléments du problème à résoudre. Le muscle crural, avons-nous dit, s’insère sur les laces antérieure et externe du fémur, sur le 1/3 sup. et en dehors les fibres musculaires com'nencent un peu moins haut, si bien que dans les conditions normales le muscle n’ratervient pas pour déformer l’os, et la diaphyse reste cylindrique. Mais que pour les besoins de la vie, soit exercices violents, soit marches exagérées, le muscle ait besoin de s’étendre, pour gagner en volume, ses fibres empiéteront sur la partie de Vos généralement découverte, élargissant ainsi la surface d’insertion qui leur est d’ordinaire réservée sur cette partie du fémur. Et s’il en est ainsi nous devrons retrouver sur l’os, dépouillé de ses parties charnues, des traces de cet envahissement anormal. Or sur tous les fémurs platymères dans le sens antéro-postérieur on peut voir, au niveau du 1/3 supérieur et en dehors, une empreinte ovalaire à grand diamètre vertical, parfaitement limitée, et dont on.ne retrouve pas la trace sur les fémurs non platymères.

C’est sur cette surface que s’insérait un nouveau

chef du crural, qui n'entre pas normalement dans la constitution de ce muscle, mais qui s’était développé sous l’influence d’efforts répétés, ainsi que l’a démontré M. Manouvrier.

D’autre part nous pouvons constater sur un grand nombre de fémurs préhistoriques et modernes, présentant également de la platymèrie.que cette empreinte au lieu de regarder directement en avant, est plus ou moins tournée en dehors. Ce sont là, les types de fémurs platymêres dans un sens intermédiaire entre les deux extrêmes, c’est-à-dire, platymères obliquement. Que continuant son évolution cette surface regarde directement en dehors, nous arrivons à \a.platyinèrie transversale, dans laquelle le crural s’est créé un nouveau champ d’insertion non plus aux dépens de la face antérieure, mais bien de la face externe. Nous rappellerons ici que nous avons signalé, lors de la description du fémur néolithique de Guéret, une large empreinte ovalaire, siégeant sur le 1/3 supérieur aplati transversalement; empreinte nettement délimitée sur laquelle s’insérait un faisceau de fibres charnues qui étaient venues s’aj<)uter aux faisceaux existant normalement.

La platymèrie reconnaît donc pour cause — du moins la platymèrie antéro-postérieure — un travail musculaire excessif portant sur un seul muscle, le

crural. Telle est l’iiîterprétation physiologique de ce caractère si intéressant commun aux fémurs préhistoriques et modernes.

Il reste à déterminer pourquoi la platy mérie est moins marquée sur ces derniers que sur les autres. Il nous suffira de rappeler les moeurs des hommes de Tâge de pierre pour tout expliquer. Nous savons en effet que l’homme se livrait à cette époque aux exercices les plus violents, soit qu’il ait eu à marcher, courir, sauter, dans des terrains accidentés. Il imprimait ainsi à ses cuisses des mouvements de flexion et d’extension répétés, mouvements dans lesquels, le triceps fémoral, dont fait partie le crural, est violemment surmené. La condition sociale de l’individu s étant singulièrement modifié depuis, il en est résulté que ce caractère s’est atténué, sans toutefois avoir disparu, ni tendance à disparaître, l’homme ayant actuellement encore de trop nombreuses occasions d’exercer ses muscles de la cuisse, soit qu’il monte un escalier, soit que son travaille mette dans l’obligation de marcher beaucoup.

Nous pouvons enfin, pour appuyer la théorie qui attribue la foi mation de la platymèrieau développement excessif du muscle crural, invoquer ce fait que la platymèrie est très souvent liée à la platynèmie, c^est-àdire, à un aplatissement considérable du tibia dans le

sens transversal, aplatissement produit, ainsi que l'a montré M. Manouvrier * sous l’influence de la suractivité du muscle tibial postérieur dans la marche ascendante, la course ou la marche pénible sur des terrains raboteux ou accidentés. »

Cette preuve de la suractivité du muscle tibial postérieur coexistant avec la plat^mèrie, nous confirme dans cette idée que celle-ci est dùe également à un développement excassif du muscle crural, sous l’influence de la même cause. Ainsi se trouve détruite l’opinion de Turner qui attribuait la platymèrie à TaccroupissemenL D’ailleurs ce caractère ne sereticontre gu’exceptionnellement sur les fémurs des peuples dont raccroapissement est l’attitude favorite, tandis qu’elle est encore relativement très fréquente chez les peuples actifs pour lesquels la station assise, n’est que passagère. Cette interprétation de la platymèrie par l’action du muscle crural est très séduisante, elle est en outre des plus admissibles, surtout pour expliquer la platymèrie antéro-postérieure. En effet les fémurs platymôres dans ce sens sont presque toujours grands et forts, pourvus de crêtes saillantes, d’un pilastre volumineux,, tous indices d’un développement musculaire considérable. Tandis que tout autre est l’aspect des fémurs platymères transversalement, généralement faibles.

grêles, de proportions exiguës dans toutes leurs parties, et qui ne donneraient que très imparfaitement Tidée qu’ils sont dus à la même cause q ue la platymérie antéropostérieure, si on pouvait y penser un instant. Aussi quoique je partage l’opinion de M. Manouvrier que les deux platymèries sont occarionnées par le développement d’un faisceau.anormal du crural, j’incline à cro-ire que la platymérie ank-post. est l’indice de fémurs fo-rts etrésistants, que la platymérie transversaleaueontraire est l’indice de fémurs faibles, dont les muscles sont.peu développés. Et comment pourraient-ils l’être, surtout le crural, dont la surface d’insertion est alors réduite à sa plus simple expression, puisquleUe n’est plus 'lu’un bord. Ici donc ce faisceau anormal ne se développe que pour suppléer à l’action presque nulle du faisceau normal. Celui-ci, privé de l’espace qui lui est dévolu,, sur les fémurs ordinaires, ne peut se développer, si besoin est , qu’en empiétant sur une surface dépourvue d’insertions musculaires. Or nous connaissons bien cette bandelette osseuse, située en haut et en dehors des insertions charnues du crural. C’est-elle que les faisceaux nouveaux envahiront, c’est elle qui s’étendra et deviendra l'empreinte ovalaire à grand diamètre vertical que nous avons retrouvée dans les deux types de platymérie. Mais nous tenons à signaler cette disti'nc-

tion que dansun cas elle est l’indice de fémurs robustes, dans l’autre, de fémurs peu résistants. En tous cas nous pouvons dire à l’appui de la dernière partie de notre assertion, que dans certains cas de luxation congénitale double ou simple nous avons rencontré la platymérie transversale alors que nous ne l’avons jamais remarquée sur des fémurs vigoureux. C’est au Musée Dupuytren, où nous nous étions rendu avec M. le Docteur Félix Régnault (qui doit publier prochainement une étude sur le sujet et que je remercie du concours qu’il m’a prêté pour les lignes qui suivent) que nous avons constaté cette particularité, qui nous confirme dans notre opinion. Sans doute alors les causes de déformation diffèrent de celles qui agissent pour produire les formes normales. Néanmoins cette étude peut nous montrer que certaines formes de fémur, apparemment platymêres, ne peuvent-être dues à la force musculaire.

L’examen des fémurs dans la luxation congénitale nous a fourni quelques conclusions intéressantes, que je résumerai ici.

lls-ont presque toujours un pilastre très développé, et ce ne sont pourtant pas des fémurs de force, car ils sont petits et grêles, et quand la luxation est ünilaté-

raie, on voit que leur volume est diminué par rapport au fémur sain.

Le pilastre est très souvent rejeté plus ou moins en dehors. Le diamètre pilastrique reste toujours le plus fort, de sorte que, si on persiste à le prendre comme numérateur de la fraction qui fournit l’indice, ce dernier dépassera 100 et le fémur sera aplati transversalement.

Le cas le plus remarquable nous est offert par une pièce conservée dans le Musée, concernant une luxation congénitale double, et à laquelle Malgaine a consacré une note dans le Catalogue. Dans cette note cependant il n est point fait mention de la déformation des fémurs, mais seulement de celle des os iliaques. L’analogie que ces fémurs présentent avec les fémurs normalement platymères, nous autorise à en donner une description qui fera mieux saisir la raison de nos conclusions.

Ces fémurs n’ont pas subi de modification dans leur 1/3 inférieur, tandis que le 1/3 moyen et le 1/3 supérieur sont très aplatis, en sorte que le diamètre antéro-postérieur est trois fois plus grand environ que le diamètre transversal.

Si nous comparons ces fémurs au néolithique de Guéret, nous trouvons qu’ils offrent comme ce dernier

deux faces, une postéro-interne, l’autre antéro-externe, et deux bords, l’anlérieur mousse, arrondi, le postérieur, réduit à une ligne rugueuse. Ce bord postérieur est-il constitué par un pilastre ou seulement par la ligne âpre, il est difficile de se prononcer, car nous n’avons pu examiner la section de ces os à leur partie moyenne, qui seule pourrait nous apprendre si l’os est très épaissi en arrière, ou s’il a partout la même épaisseur, bien qu’il soit certain que certains autrOg fémurs, également luxés, présentent ce pilastre. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’il y a aplatissement de l’os, suivant le diamètre antéro-postérieur, que ces fémurs sont petits et frêles, qu’ils sont de plus, luxés congénitalement, ce qui laisse supposer qu’ils ont été peu utilisés. Ces fémurs ne peuvent donc être considérés comme des fémurs de force, tandis que j’établirai volontiers une analogie entre eux et les fémurs néolithiques ou modernes normalement platymères transversalement.

Kous ne pouvons dire encore sous l’influence de quelle cause le pilastre reste postérieur dans ces lu-xations congénitales.

Dans le Musée, on observe cet aspect sur les uumérus 743, luxation double 741 ' — gauche

748 — eauche

et enfin dans un cas de luxation double donnée par M. le Professeur Verneuil et non cataloguée. Nous terminerons en disant que ces fémurs, à part l’un d’eux qui pourrait avoir eu de l’ostéomalacie, sont tous constitués par un tissu compact et ne révélant aucune trace de lésion osseuse.

En résumé, nous voyons qu’il existe deux sortes de platymérie. L’une antéro-postérieure, l’autre transversale, que l’une et l’autre sont vues- aux différents modes d’insertion du muscle crural, en quoi nous sommes d’accord avec M. Manouvrier. Notre opinion étant contraire en ce qui concerne l’interprétation de ces deux variétés, l’une étant à notre avis l’indice de fémurs de force, l’autre de fémurs faibles, ainsi que ce nous semble confirmé par l’examen des fémurs observés au Musée Dupuytren.

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