‹ Quelques particularités sur le fémurChapitre 15 sur 21 · EMPREINTE ILIAQUE · texte numérisé non relu

EMPREINTE ILIAQUE

Quand on examine la face antérieure du col du fémur, ou remarque à la partie supérieure et interne de cçtte face', dans l’angle formé par le bord supérieur et la ligne qui marque la limite du cartilage, une dépression plus ou moins marquée, a laquelle M. P. Poirier a donné le nom d’empreinte iliaque.

Description, de cette empreinte. — Sur un fémur dépouillé de ses parties molles, elle revêt le plus souvent une forme elliptique, à grand diamètre obliquement dirigé de haut en bas et de dehors en dedans. Cette empreinte est plus ou moins profondément déprimée dans le sens de ce diamètre et bordée par un bourrelet, dont la saillie très marquée en dehors, devient presque nulle aux extrémités du diamètre, et ne s'accentue que faiblement en dedans, quand elle ne disparaît pas complètement.

Mesure des diamètres. — Nous avons recherché ce caractère sur 200 fémurs dos deux sexes. Nous 1 avons rencontré sur les 4/5 environ, avec la même fréquence de part et d autre. La forme elliptique est presque la règle, sauf quand cette empreinte est réduite à un segment de cercle.

Les diamètres sont très viriables. Tantôt iis. mesurent quelques millimètres, tantôt X, 2 et même trois centimètres. En général l’étendue de l’empreinte est proportionnelle à la taille de l’os.

Quand elle atteint de grandes dimensions ( 2 centim. 1/2) elle peutcouvrir le 1/4 environ de la, surface du col, et n’être séparée de la ligne intertrochantériennie antérieure que par une gouttière à fond lisse, qui est d’autant mieux marquée, que le bourrelet qui la limite en dedans et les rugosités de la ligne intertrochantérienne qui la bordent en dehors sont plus saillants. -

Variétés déformé. — Quand le bourrelet existe sur tout le pourtour de la dépression, celle-ci semble complètement isolée dans l’angle supérieur et interne du col.

Mais c’est l’exception, nos recherches nous ayant montré que ce bourrelet est surtout saillant en dehors nul aux extrémités du diamètre oblique, et qu’i.l disparaît généralement au niveau du point où l’empreinte

devient tengente à la surface carlilagineuse, en sorte que les deux surfaces se réunissent partiellement. Parfois enfin ce n’est pas seulement la portion interne du bourrelet qui n’existe pas, mais encore toute la moitié interne de la dépression, dont la raoitiéexterne fait tellement corps avec la surface cartilagineuse, qu’ejle paraît eu être un simple renflement. Enfin j’ai remarqué que cette surface est tantôt lisse, tantôt criblée de petits‘orifices. A l’examen du squelette, il me parut intéressant de faire suivre une reclierche attentive de cette empreinte, alors qu’elle était encore pourvue de son revêtement, d’autant qu’il me paraissait difficile d’admettre avec Bertaux qu’elle donnait insertion à un-trôs fort trousseau fibreux de la capsule articulaire.

Ma recherche n’avait d’ailleurs d’autre but que de contrôler sur un plus grand nombre de pièces ce que M. Poirier, avait lui-même signalé déjà, à savoir que c/était du cartilage qui recouvrait cette empreinte. Sur le conseil de M. le Chef des Travaux, j’examinai dans les salles de dissection, un nombre considérable de fémurs encore inlacls, et je constafai'qiie.cette surface est recouverte par un mince revêtement dô tissu cartilagineux, semblable au cartilage de latêle fémorale.

Quand l’empreinte était isolée son cartilage était séparé de celui de la tête pat- une bandelette osseuse

recouverte de sou périoste, quand les deux surfaces se trouvaient réunies, la même nappe cartilagineuse s’étendait sur l’une et l’autre sans distinction.

Quelle est la signification de cette empreinte? Monsieur P. Poirier lui reconnaît, en général, pour cause tous les mouvements dans lesquels la cuisse est extrêmement fléchie sur le bassin, la- cuisse étant plus ou moins en abduction.

Quelle est la cause efficiente ? Rechercbons-la sur un cadavre fraîchement disséqué et dont l’articulation cosso-fémorale n’a pas été ouverte. Fléchissons la cuisse sur le bassin en l’écartant légèrement en dehors. Nous constatons qu’à chaque mouvement de flexion exagéré, la partie supérieure et interne du col vient frotter contre un léger renflement du bourrelet cotyloïdien, sous-jacent .à. l’épine iliaque antérieure et inférieure. Ces mouvements de flexion fréquemment répétés chaque jour, s’accompagnant de ce frottement, on ne s’étonne pas qu’il se forme sur le col une pseudo surface articulaire, correspondant au renflement du bourrelet, et que cette surface soumise à un glissement continu s’encroûte de cartilage.

Plusieurs conditions sont d’ailleurs nécessaires pour que cette empreinte se forme, l’une est réalisée par l’os iliaque quand la cavité cotyloïde est assez

profonde, l’autre parle fémur, quand la face antérieure du col est à peu près au niveau de la surface cartilagineuse de la tête.

L’anatomie comparée nous montre que sans ces deux conditions, il ne peut se faire d’empreinte. Que voyons-nous en effet chez les anthropoïdes ? Examinons d’abord un squelette de chimpanzé. La cavité cotyloïde est profonde, il est vrai, mais d'autre part la calotte cartilagineuse surplombe le col comme la tête d’un champignon. Fléchissons le fémur sur l’os iliaque, il reste environ 1 centimètre entre le rebord cotyloïdien et la surface du col.

Le squelette de l’orang-outang présente la même disposition de la tête et du col ainsi qu’une cavité cotyloïde mois profonde que celle du chimpanzé. Fléchissons, impossible de faire buter le col contre le pourtour de la cavité, aussi pas d’empreinte possible. Ces deux conditions sont donc nécessaires. Il en faut une troisième, je veux dire, que le membre doit être en abduction. Examinons un squelette et voyons quels rapports affectent la tête du fémur et la cavité cotyloïde dans la station verticale. Nous voyons qu’une partie seulement de la surface articulaire est recouverte par la cavité et que tout le segment supérieur externe, de forme semi-lunaire est en dehors du rebord cotyloïdien.

Mettons le membre en adduction. Ce segment croît d’autant plus que l’extrémité inférieure du fémur se rapproche de l’axe du corps. Mettons^le en abduction. Ce segment diminue au fur et à mesure, jusqu’à être complètement recouvert par le bourrelet cotyloïdien.' Exagérons le mouvement, le bord supérieur du col entre à son tour dans la cavité, mais comme il est très concave, le rebord cotyloïdien en est séparé par un intervalle de quelques millimètres. Portons alors le fémur en avant. La face antérieure du fémur qui est, elle, sur le plan de la surface cartilagineuse se met en contact avec le bourrelet. Que ce mouvement se reproduise souvent, ainsi que cela a lieu lorsqu’on s’assied ou se baisse, eu fléchissant les jambes sur les cuisses, les cuisses sur le bassin, oe contact répété ne suffit-il pas à expliquer la formation de Lerapreinte sur cette partie de la surlace du col qui se meut autour du renflement, et l’apparition du cartilage n’est-elle pas absolument normale ? Noua pouvons donc, pour résumer, dire que l’empreinte iliaque est due. au frot^ tement de la isartia antéro-supérieure et interne du col contre le renflement du bourrelet cotyloïdien souS" jacent à l’épims iliaque anléro-inlêrleupe, que la. surfaoe de l’empreinte est proporiianneUe à la saillie du renflement, et qu’enfln fleimpreinte sera soit, .isoléej

soit à peine tangente, soit en partie confondue avec la surface articulaire de la tête suivant que celle-ci sera peu étendue, ou au contraire empiétera beaucoup sur la face antérieure du col.

EMPREINTE TIBIALE

Thompson a signalé la présence d’une empreinte ovalaire ou triangulaire située au-dessus et en dehors de la partie postérieure du cdndyle interne du fémur. Cette empreinte, analogue à l’empreinte iliaque, est tantôt isolée, tantôt confondue sur une plus ou moins grande partie de son étendue avec la surface articulaire recouverte de cartilage. Elle est elle-même recouverte de cartilage, et serait due au contact du bord postérieur du plateau interne du tibia dans l’extrême flexion alors que la jambe est fortement fléchie sur la cuisse, et la cuisse sur le bassin, telle, l’attitude de l’accroupissement.

Page 1