DE LA SANTE
5. Que la santé est nécessaire à nos affaires et à notre bonheur, et que pour faire quelque figure dans le monde, nous ne pouvons nous passer d'un tempérament vigoureux, qui résiste au travail et à la fatigue : c'est un point évident, où la preuve est inutile *.
4. En parlant ici de la santé, mon dessein n'est pas de dire comment un médecin doit soigner un enfant malade ou débile : je veux seulement indiquer ce que, sans recourir à la médecine, les parents ont à faire pour conserver et développer chez leurs enfants une constitution saine ou tout au moins exempte de maladie. Et peut-être tout ce que j'ai à dire se résumerait dans cette courte maxime : Les gens du monde doivent élever leurs enfants comme les bons fermiers et les riches paysans font les leurs 2. Mais
1. Locke savait par expérience ce qu'il en coûte pour avoir une santé débile. A plusieurs reprises, la maladie de poitrine dont il souffrit toute sa vie l'empêcha d'accepter de hautes situations politiques ; c'est pour se soigner qu'il fit en 1G75 son premier voyage en France, et qu'il séjourna pendant un an à Montpellier. Locke parvint cependant à un âge avancé (72 ans) : mais ce fut à force de soins, de prudence et de précaution.
2. Mme de Sévigné était plus dans le vrai que Locke quand elle écrivait : « Si votre fils est bien fort, l'éducation rustaude est bonne ; mais, s'il est délicat, je pense qu'en voulant le faire robuste on le fait mort, »