STANCES
i vostre œil, tout ardant d'amour et de lumière , De mon cœur, votre esclave, est la flamme première, Que comme un Astre sainct je révère à genoux , Pourquoy ne m'ayme:{-vous?
Si vous, que la beauté rend ores si superbe , Z)evef , comme une fleur qui flestrit dessus V herbe, Esprouver des saisons l'outrage et le courroux, Pourquoy ne niayme^-vous ?
Voulez-vous que vostre œil en amour si fertille Vous soit de la nature un présent inutille?
Si l'Amour comme un Dieu se communique à tous, Pourquoy ne m'ayme^-vous ?
Attendez-vous qu'un jour un regret vous saisisse? Oest à trop d'interest imprimer un supplice. Mais, puisque nous vivons en un aage si doux , Pourquoy ne m' ayme^-vous ?
Si vostre grand beauté toute beauté excelle , Le Ciel pour mon malheur ne vous fit point si belle : S il semble en son dessein avoir pitié de nous, Pourquoy ne m'ayme^-vous?
Si fay pour vous armer ma raison offensée , Mortellement blessé d'une flesche insensée, Sage en ce seul esgard que fay beny les coups, Pourquoy ne m'ayme^-vous?
La douleur, m'estrangeant de toute compagnie , De mes jours malheureux a la clarté bannie. Et, si en ce malheur pour vous je me resous , Pourquoy ne m'ayme^-vous?
Fasse le Ciel qu'enfin vous puissie:^ reconoistre Que mon mal a de vous son essence et son estre. Mais, Dieu, puisqu'il est vray,yeux qui m'estes si doux. Pourquoy ne m'ayme^'vous?