AUX ETOILES
O seiiil de mon logis, refuge souriant, Accueille-moi plus tendrement que de coutume, A cette heure angoissante où naît à l'orient Un bruit générateur de complexe amertume.
De mystiques parfums s'exhalent des bosquets ; Les mimosas en fleurs, légers et clairs fantômes. Ondulent mollement sur les buis embusqués ^ Â leurs pieds, les buis courts et tors comme des gnomes.
Etoiles ! chères étoiles échevelées
Avec l'ardeur du désespoir, vers vous je tends
Mes bras ; et les espérances amoncelées
En mon âme, montent dans l'espace et le temps.
Etoiles, chères étoiles échevelées, Ah ! dites-nous le mot des mystères troublants, Vous qui d'or criblez les voûtes inviolées, Etoiles, vers qui s'élèvent mes bras tremblants !
Voyez comme ils sont las de la lutte stérile, Astres qui de l'éclat de vos ors me criblez ! Voyez mon corps qu'agite un tremblement fébrile, Voyez mon front ridé, mes pauvres yeux brûlés !
N'est-ce pas que vous boirez mon âme brisée, Comme l'aurore boit la goutte de rosée, Vous qui d'or criblez les voûtes inviolées, Etoiles, chères étoiles échevelées ?...