‹ Quelques poèmesChapitre 6 sur 40 · PLAISIR FRANC · texte numérisé non relu

PLAISIR FRANC

Bal de faubourg ou de barrière, le dimanche, En veste, sans façon et sans camélia ; Rien sûr, j"aime danser en enlaçant sa hanche, Que ce soit Madelon, Margot ou ]Maria.

Quelque robuste fille où Ton sent qu'il y a

Des trésors de chair saine enflant la blouse blanche

Qu€, sans salamalec inutile, on pria

De danser ! Avec qui la danse est gaie et franche !

Flon ! flon ! les tambourins ! On se chatouille, on part Bras dessus, bras dessous, se rafraîchir de bière Ou bien de cidre. On a mangé tant de poussière !

Puis on revient, la nuit, intimes, à l'écart, — Doux baisers pris à sa Vénus qui rit ou boude, — Et les seins de printemps que l'on tâte du coude !

LES ARAIGNEES

Les auberges du chemin Sont des araignées Qui font des saignées A ton gousset plein.

Tu vas. Un valet a pris ta valise,

— Bonjour, cher ^Monsieur ! On t'offre un fauteuil.

L'hôtesse sourit et cligne de l'œil,

Et la table est mise.

Oh ! c'est merveilleux ! Quel charmant accueil ! Vraiment, j'ai bien fait de passer le seuil. Qu'ils sont prévenants ! La douce surprise,

Jusqu'à la salade qui frise !

Attends, bon client.

Attends un moment î

Faisant des saignées A ton gousset plein.

Les auberges du chemin Sont des araigrnées.

Que ce soit riiôtel ou Thumble gargotte,

Qu'on serve au dîner

Le chou gratiné, L'aile de poulet ou de gelinotte,

Attends un moment,

Attends bon client !

C'est dix sous par ci, c'est vingt francs par là Le sourire aimable et le tralala Les fleuri, les saluts, tu paieras cela Quand viendra la note !

Au pays lombard, touriste ingénu, J'€us peur de me voir revenir tout nu. J'eus peur, mais, ma foi, la leçon fut bonne ! Au diable Thôtesse et son joli ris !

Car s'il a perdu, mignonne, son prix C'est qu'il a perdu le prix qu'on lui donne.

Si tu veux garder ton gousset, petit !

Exempt de saignée, Garde toi d'aller où l'hôtesse rit,

C'est une araignée.

Pavie, 1906.

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