‹ Quelques poèmesChapitre 7 sur 40 · PETITE GUERRE · texte numérisé non relu

PETITE GUERRE

Cachés dans les buissons, jouant à la bataille, Tout rouges de courir après les ennemis, Enfants, vous avez peur des pistolets de paille Qui s'aident pour partir du gosier des amis.

Le grade est en rapport — c'est juste — avec la taille, Et les simples soldats ce sont les plus petits. Pourtant quand les roseaux vous ont fait une entaille. Soldats et généraux poussent les mêmes cris.

Ainsi que le combat la blessure est pour rire, Enfant î car la maman en disant : » Ce n'est rien » Met à ton doigt le linge, à ta lèvre un sourire.

Mais lorsqu'on est plus grand, et cela viendra bien. Quand le canon cruel est de bronze, à cette heure. C'est l'enfant qui sourit et la mère qui pleure.

LA HOITEL'SE

Tu pleures ! femme î Oui, je comprends : Ta gosse est morte. N'est-ce pas elle qui, boiteuse, s'en allait Cliercher en bas deux sous de pain, un sou de lait ? Tu pleures parce qu'un fossoyeur te l'emporte,

Insensée ! est-ce donc qu'il est borgne ton cœur Pour l'aimer encor plus, intirme et maladive ! Se peut-il que, l'aimant, tu voulais qu'elle vive Et qu'elle souffre aussi, comme tous, sa douleur !

Elle ne fut jamais bien vivante ! Sans doute La mort n'eut pas beaucoup à faire pour l'avoir Et tu pleures, voilà ! tu t'habilles de noir. Ecoute, je m'en vais te dire... écoute ! écoute !

Un jour tous les enfants de\enus grands et beaux, Tous ces enfants qui sont à l'école comme elle, Sentant leur cœur grisé d'une sève nouvelle Auraient parlé d'amour au temps du renouveau.

C'est rage où dans la chair ardente qui tressaille, Comme on voit s'éveiller les enfants au grand jour, Le rêve qui s'éveille au soleil de l'amour Passe comme un frisson dans le cœur qui défaille.

Alors ta gosse aussi, bien que clopin dopant, Et tardive en chemin, pauvrette, étant mal née, Un jour aurait atteint cette vingtième année... Xe pleure pas ! tant mieux qu'elle meure à présent !

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