O Racan, laisse-moi ta plume, poète, prête-moi ton cœur
et que ton souvenir allume
en mon âme un peu de ferveur.
Non, ma muse ne peut décrire
ce paysage que j'admire.
Je cherche et je soupire en vain :
avec toi chanter la nature !
Ah ! ce serait te faire injure,
je n'ai pas ton souffle divin.
4. Oui, c'est là que tu devais naître, ô Racan, poète enchanteur ;
c'est dans cet asile champêtre
que s'inspirait ton jeune cœur.
Là, de tes douces rêveries
ont dû sortir ces Bergeries
qui rendent ton nom immortel ;
ces prières mélancoliques,
chants merveilleux, accents bibliques,
capables d'émouvoir le ciel.
5. A Champmarin, dira l'histoire, naquit Racan. Jour de bonheur !
Ce fut comme un rayon de gloire, du ciel une insigne faveur.
Tel le comprit FAcadémie, qui lui tendit sa main amie.
O doux poète au cœur aimant, page du roi, soldat de France, salut au lieu de ta naissance, à ce pays toujours charmant.
Un vieux Patriote.
Aubigné, 15 août 1899.