‹ Quelques points de technique de la diathermo-coagulation du pôle supérieur de l'amygdale palatineChapitre 14 sur 26 · CRISE · texte numérisé non relu

CRISE

tion sans fil de Bordier, dont les effets sont trop limités pour réduire aisément une amygdale. On peut distinguer :

La méthode dite unipolaire

et celle dite bipolaire.

Toutes deux sont susceptibles de détruire une amygdale en une ou plusieurs séances et, bien maniées, donnent de bons résultats.

Dans la méthode unipolaire la coagulation se fait autour d’une électrode active de petite section appliquée sur l’amygdale, et l’influx diathermique se répartit en cône dans le corps du malade jusqu’à une électrode indifférente large (de préférence siège condensateur de BOURGEO!S).

Dans la méthode bipolaire les deux électrodes sont de même section et sont appliquées toutes deux sur la tonsille, la coagulation se produit entre les deux électrodes et à leur pourtour immédiat. |

Dans un cas comme dans l’autre, la coagulation est autant plus large et plus profonde, à intensité et résistance égales, que le temps d’application est plus long. Mais la méthode bipolaire a une action plus limitée, elle évite le cône d’influx diathermique qui traverse fatalement la capsule et les vaisseaux tonsillaires et para-tonsillaires. « L'action de coagulation, au lieu de diffuser assez loin vers l’électrode indifférente, suit un trajet plus précis et plus limité allant d’une électrode à l’autre » (J. LEMOINE).

Nous avons choisi la méthode dite bipolaire comme une méthode prudente et agissant d’une façon à peu

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près aussi active en profondeur qu’en surface, Il est évident que les considérations qui suivent sur la coagulation précoce et totale du pôle supérieur en respectant la loge s'appliquent aussi bien à la méthode monopolaire, à l’électrode anti-dérapante, par exemple, qui est excellente.

L’électrode

En bipolaire comme en monopolaire, la forme des électrodes peut être très diverse : anses, pinces diathermiques variées, morceleur diathermique de LEMOINE, plateaux anti-dérapants, boules, aiguilles. Nous nous sommes servi de ces deux dernières, et presque exclusivement de la dernière. Elle agit d’une façon assez large en superficie, et plus ou moins en profondeur selon que l’on enfonce plus ou moins les pointes (temps et intensité étant égaux). Elle est d’une manipulation courante et aisée et peut s'appliquer à toutes les sortes d’amygdales possibles.

Certaines présentent des manches coudés. Cette particularité peut être avantageuse, mais perd de beaucoup son importance lorsqu'on ne veut agir que sous le contrôle de la vue, condition à laquelle nous nous

sommes toujours astreint.

Un détail reste pour nous d’un gros intérêt; c’est la possibilité de faire varier suffisamment l’écartement des aiguilles pour obtenir une caogulation en largeur aussi minime que l’on puisse la désirer, atteindre le

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tissu lymphoïde attaché aux parois de la loge sans léser celles-ci, être en mesure de transfixer des deux pointes le moindre lobule amygdalien. Il existe des électrodes où cét écartement est très variable, les deux pointes pouvant se toucher et s’écarter de plusieurs centimètres (électrode D'HOFFMAN) ; nous nous sommes servi de l’électrode de WaLTEr. Les pointes écartées de deux à trois millimètres peuvent se rapprocher jusqu’à environ un millimètre par pression du pouce et de l’index sur les tiges flexibles, et même se toucher

par torsion des tiges.

Le nombre des séances

Il est évident que ce procédé bipolaire, d’un usage courant et facile n’est pas une méthode idéale pour la réduction de l'organe en une ou deux séances (le procédé de HARBURGER, l’anse diathermique, le morceleur de PoyEr et LEMOINE, la pince de LEROUX Robert, par exemple seraient alors plus indiqués).

Mais sans vouloir multiplier le nombre des applications, nous nous sommes gardé de destructions diffuses où trop massives, exposant à l’éempiètement sur les parois de la loge, aux hémorragies, aux fortes réactions consécutives.

Nous procédons par interventions limitées, peu étendues à chaque séance; en fait pour obtenir la destruction d’une amygdale, correspondant à un évidement de la loge, il nous faut en moyenne de trois à

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quatre séances (1). Dans une même séance, nous ne traitons qu’une amygdale. Lorsqu'il s’agit de coaguler les deux amygdales, nous espaçons les séances de quinze jours en alternant le côté traité, si bien que, sur une même amygdale, les applications se trouvent espacées de quatre semaines. La chute de l’escarre se produisant vers le quatrième ou le cinquième jour, la cicatrisation étant complète au bout de trois semaines environ, nous évitons ainsi d’électro-coaguler des zones que les effets d’une séance précédente eussent suffi ultérieurement à détruire, ou à détacher une escarre non encore éliminée et provoquer une hémorragie.

(1) « Le nombre des séances est essentiellement incertain. Il est évident qu’une amygdale scléreuse de vieillard sera plus difficile à réduire que l’amygdale, même plus volumineuse d’un adolescent n’ayant fait que de rares poussées inflammatoires, mais il est indéniable qu’il doit être tenu compte d’autres conditions (simple différence de résistance électrique des tissus, peut-être?) » (Camille JOUFFRAY).

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