‹ Quelques points de technique de la diathermo-coagulation du pôle supérieur de l'amygdale palatineChapitre 15 sur 26 · PRINCIPES DE LA TECHNIQUE QUE NOUS AVONS SUIVIE · texte numérisé non relu

PRINCIPES DE LA TECHNIQUE QUE NOUS AVONS SUIVIE

Ayant fait choix de la technique dite bipolaire de l'électrode à deux pointes ou deux boules, agissant par applications limitées et espacées, nous avons cherché avant tout à conserver à la diathermo-coagulation, son caractère de traitement exsangue, non shockant, presque indolore, ambulatoire, et cependant efficace, complet, donnant son résultat le plus rapidement possible.

Pour réaliser ces différentes qualités, nous nous

sommes surtout attaché :

1° à respecter la loge amygdalienne;

2° à coaguler le plus largement possible le tissu

lymphoide malade;

3° à porter nos efforts principalement et en premier

lieu sur le pôle supérieur qui est le pôle pathologique.

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Il y a intérêt à respecter la loge amygdalienne.

C’est surtout pour respecter la loge que nous procédons par séances limitées, et c'est principalement au pôle supérieur, vu l’étroitesse de la région, que les parois sont susceptibles d’être lésées; leur atteinte détermine de la douleur et peut entraîner une hémor-

ragie.

a) Pour éviter l'hémorragie :

C’est le fond de la loge, la capsule, et surtout le pilier postérieur qu’il faut laisser intacts à cause de la présence des vaisseaux paratonsillaires et notamment, dans la région qui nous intéresse, la carotide interne. Ces vaisseaux de gros et de moyen calibre lésés, une hémorragie peut se produire. Elle est d’abondance variable, on aurait relaté des cas d’hémorragie très abondante.

L’escarre diathermique obturant la lumière du vaisseau dont la paroi est coagulée, l’hémorragie a tendance à être retardée et à ne se produire qu’à la chute de lescarre; c’est là un caractère particulièrement dangereux, le malade peut alors être loin de tout secours médical.

Il nous faut signaler d’autre part des hémorragies immédiates se réduisant à quelques gouttes de sang. C’est seulement dans la profondeur et surtout au niveau du pôle supérieur que nous les avons obser-

=hg=.

vées. Elles sont très fréquentes. Ces quelques gouttes de sang paraissent lorsqu'on enfonce les pointes, parfois pendant ou après la coagulation, au niveau des aiguilles et sur le pourtour de la tache porcelainée. Jamais cette hémorragie minime que nous ne traitons pas, n’a duré cinq minutes et n’a eu de suite quüelconque. Il est difficile de savoir si elle est due à une atteinte légère des parois de la loge, ou d’origine amygdalienne proprement dite. Il ne s’agit pas de tiraillement de l’escarre collée aux deux pointes par

un enduit charbonneux.

b) Pour éviter la douleur :

Dangereuse à cause de l’hémorragie possible, l’atteinte de la loge et des organes para-tonsillaires est douloureuse, C’est pour ne pas faire souffrir inutilement le malade, pour limiter la réaction inflammatoire qui se produit après l’application que nous nous gardons de coaguler même légèrement les parois.

Pendant la diathermo-coagulation d’une amygdale simplement hypertrophiée, même sans anesthésie, le malade ne perçoit qu'une sensation faradique un peu désagréable, qui serait très atténuée par l'emploi des ondes éntretenues. Il n’en va pas de même, si la tonsille est fibreuse «et surtout si on coagule les parois de la loge. La douleur immédiate est donc quasi nulle, sauf si la coagulation atteint les parois, et c’est au pôle supérieur que cela est le plus difficile à éviter. Il en est de même de la douleur tardive qui apparaît avec la réaction locale à la suite de l'application.

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Celle-ci consiste en rougeur et gonflement plus ou moins accentué de l’amygdale, des piliers et d’une partie du voile s’étendant plus ou moins du côté traité et pouvant même envahir le côté opposé.

Elle s’accompagne de douleur locale (pouvant aller jusqu’à la dysphagie).

Ayant un caractère tardif, avec maximum de la douleur en général au deuxième jour, comme le fait bien remarquer LEMOINE, elle dure deux ou trois jours, rarement plus.

Cette réaction est d'autant plus marquée que la zone de coagulation s’est étendue vers la loge. Si celle-ci est atteinte dans la profondeur et à plus forte raison si l’on a sectionné aux deux pointes le repli de Hiss et surtout le pilier antérieur, on peut constater de la dysphagie durant trois ou quatre jours et plus, une douleur qui dure une semaine et même un aspect local qui simule l’angine pseudo-phlegmoneuse.

La loge respectée au contraire, l’application faite sur un organe non enflammé, la réaction locale est minime, peu de rougeur, peu de gonflement, seulement autour de l’escarre, pas la moindre dysphagie, une sensation de gêne dans la gorge qui est à peine douloureuse.

A côté de l'intérêt vital d'éviter une hémorragie, on conçoit l’intérêt fonctionnel d'éviter la douleur dans un traitement qui peut être long, qui se répète.

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