INTÉRÊT DE LA QUESTION
Nous ne discuterons pas les indications de la diathermo-coagulation de l’amygdale et celles de l’ablation chirurgicale. Chaque technique a ses avantages et de multiples facteurs interviennent dans leur choix respectif.
Mais lorsqu'on a décidé de coaguler l’amygdale palatine, le traitement de son pôle supérieur présente un intérêt particulier.
Cet intérêt est double :
1° Au point de vue thérapeutique, il est nécessaire de détruire de manière précoce et complète le pôle supérieur pour soulager rapidement et radicalement le malade; un traitement incomplet exposerait à des incidents dans les jours qui suivent l’application, et plus tardivement à des rechutes ou à des récidives;
2° Au point du vue purement technique la destruction totale du pôle supérieur doit être méthodique et limitée au seul tissu lymphoïde, ce qui la rend souvent délicate, à cause des obstacles qui s'opposent à aborder cette région par les voies naturelles, sous le con-
trôle de la vue.
ile
En effet, la région supérieure de la tonsille avec ses multiples cavités, enserrée dans une loge plus ou moins étroite et profonde, « domine toute la pathologie de l’oropharynx ». La loi de l’exaltation des germes en vase clos y prend toute son importance, C'est là le point de départ de la majorité des amygdalites et des phlegmons glandulaires ou périglandulaires, et « l’on sait que toute intervention qui respecte le pôle supérieur est incomplète et inopérante >» (MOURET et CAZE- JusT). Ces faits sont de notion courante et nous n’insisterons pas sur la nécessité de coaguler cette région si l'on veut faire œuvre thérapeutique. Mais une destruction si nécessaire est parfois rendue malaïsée par la forme et les rapports du pôle supérieur. C’est ce point de technique que nous nous proposons de mettre en valeur, après un bref rappel de ce qui peut nous intéresser dans l’anatomie de la région.