‹ Quelques Points du Traitement dans les Déformations Rachitiques des Membres InférieursChapitre 11 sur 17 · MER LE · texte numérisé non relu

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l'os malade est limité du côté de la diaphyse par un liseré opaque. « C’est l'indice d’une prolifération osseuse au voisinage du cartilage de conjugaison plus intense que dans tout le reste du corps de l’os et parfois même d’une décalcification de toutes les autres portions 0sseuses (1) ». Le signe de l'os bordé nous a paru exister non seulement sur la diaphyse au niveau du cartilage de conjugaison, mais sur tout le pourtour de l'os. Tous les os normaux sont entourés par un cylindre épais -le tissu compact apparaissant tel sur les radiographies, par- | ce qu'au niveau de leurs côtés et de leurs extrémités, le tissu compact existe sous une épaisseur plus grande qu'au milieu de l’os où siège le canal médullaire. Dans le rachitisme le tissu compact a été fortement touché et envahi par du tissu ostéoïde. Son image radiographique persiste bien nette simplement au niveau du cartilage de conjugaison et sur les côtés parce que c'est là que grâce à son épaisseur il peut encore arrêter les rayons et forme à l’os en ces points une mince bordure, apparaissant sur la plaque. Ce signe qui existe toujours au début nous paraît exister aussi à la péri: d'état du rachitisme, car c’est un signe de décalcification. Comme tel il persiste à des degrés variables tant que le tissu osseux n’est pas complètement recalcifié. Cet aspect particulier de l'os pourrait se rapprocher de ce que Monsieur Ménard a signalé dans la tuberculose

osseuse, sous le nom de teinte demi-deuil. Dans le ra-

(1) Weill, Loc. cit.

Et MEN

chitisme, comme dans toutes les affections où un s est atteint, il traduit sa souffrance sur lui-même et à distance par la décalcification. Tant que cette décalcification existe, l'os n’est pas guéri. On ne doit pas y toucher chirurgicalement. De même que pour une coxalgie ankylosée solidement en mauvaise position, personne ne songerait à pratiquer une ostéotomie sous trochantérienne avant que la radiographie n'indique une récalcification complète, souvent plus prononcée que du côté opposé, avant que les surfaces malades n'aient repris des contours nets, indice de la limitation et de la guérison des lésions, de même, à notre avis, on ne doit intervenir dans le rachitisme que lorsque les extrémités osseuses ont retrouvé leur netteté, et que surtout la récalcification s’est accomplie entièrement.

Quand un os présente un cylindre de tissu compact bien refait, non seulement dans la concavité de la déformation, ce qui se voit très tôt, mais sur tout son pourtour, que l'os à repris dans toutes ses parties une épaisseur normale de tissu compact, et même dépassé largement la normale dans la concavité de la lésion, alors on peut opérer, car anatomo-pathologiquement, l'os est arrivé à la période d’éburnation.

La radiograhie devra donc toujours précéder l'intervention : Elle peut l'indiquer ou la contre-indiquer, mais surtout elle la facilite, l’éclaire en montrant les déformations dans toute leur réalité. Elle permet de régler l’in-

tervention à l’avance, en montrant la courbure exacte,

Ha) Ma

le maximum de cette courbure et en permettant ainsi

de calculer la base du coin à enlever pour sa correc-

tion. | Elle doit aussi suivre l'opération, Elle en montre les

résultats et permet d’en corriger les erreurs.

Intervention chirurgicale

L'opération décidée, deux méthodes sont en présence L'ostéoclasie et l’ostéotomie.

L'ostéoclasie fut la première en date, mais à l’heure actuelle, elle n’est plus guère pratiquée.

L'ostéotomie a rallié presque tous les suffrages.

Elle peut être oblique, transversale ou cunéiforme.

Nous ne ferons que citer les deux premières car ce sont des opérations admises et réglées. Par contre, l'ostéotomie cunéiforme paraît, à notre modeste avis, mériter de rentrer plus largement dans la pratique. En effet, parmi toutes les déviations rachitiques, celles sur qui le traitement médical a le moins d’action sont les déformations du tiers inférieur de la jambe. C'est à celles-ci que s'adresse l’ostéotornie cunéiforme.

De plus, cette opération permet de corriger à elle seule des déformations qu’une autre ostéotomie unique, n’aurait pas redressées. Elle permet, en variant la direction du coin à enlever, de remédier par exemple à une courbure du tibia à concavité interne ou externe, compliquée d’aplatissement et de convexité antérieure du tiers

inférieur.

CAE

On lui reproche deux inconvénients. Elle raccourcit le membre opéré et cela d'autant plus que la courbure de la déformation à corriger est plus marquée et que la base du coin à enlever est plus large.

Au point de vue absolu, le fait est exact, mais fonctionnellernent il n’en est rien. La distance du condyle au sol est toujours la même, mais le membre est droit. Ce que la jambe a perdu par l’ablation du coin osseux, sa mise en rectitude le lui a rendu.

En outre, les lésions auxquelles s’adresse l’ostéotomie cunéiforme sont le plus souvent bilatérales. Le raccourcissement existe à peu près semblable des deux côtés, et le résultat peut être parfait au double point de vue esthétique et fonctionnel. ï

On a reproché aussi à l’ostéotomie cunéiforme, sa difficulté. Elle n’est pas niable. Au moment où il est permis d'opérer, l'os est éburné, le cylindre compact complètement refait est plus épais que normalement dans la concavité de la déformation. Avec un ciseau il est parfois difficile d’entailler l’os régulièrement, mais pourquoi ne pas se servir ici des progrès de la science et ñe pas user des scies électriques.

Déjà en 1885 Ollier discutait les avantages des ciseaux et des scies dans l’ostéotomie. Il reprochaïit au ciseau d’ « occasionner beaucoup plus d’ébranlements, de secousses, d’esquilles (r) » et faisait créer « la scie à volant

et à transmission électrique (x)

(1) Ollier, loc. cit, tome I, page 184.

ARE He

« Gette scie à volant permet de découper les os dans

toutes les directions, d'enlever des coins avec précision et rapidité ; grâce à la vitesse qu'on peut lui imprimer elle sectionne rapidement les os les plus durs (x) »

« Cet instrument bien tenu se dirige facilement, mäis

il faut que l’opérateur soit attentif et biéh maître de sa.

main, sans cela il pourrait se produire des échappée dans les tissus voisins (2)

Les avantages et les inconvénients de la scie électrique sont toujours de même nature que ceux décrits par Ollier pour la scie à volant, mais les premiers ont beaucoup augmenté, tandis que les seconds sont toujours les mêmes. La scie est plus puissante que les autres instruments. Elle rend facile une section d’os éburné que la plupart des auteurs qualifient de laborieuse aù ciseau,

et il nous semble logique d’en user le plus possible.

L'étude raisonnée des déformations précédant l’inter-

vention elle-même faite à la scie d'Albee nous parais-

sent devoir aboutir à une opération très précise.

(1) Ollier, Loc. cit., p. 186.

(2) Ollier, loc. cit., p. 187.

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