TECHNIQUE OPÉRATOIRE DE L’OSTÉOTOMIE CUNÉIFORME A LA SCIE D’ALBEE
Nous, décrirons l'ostéotomie cunéiforme telle que nous l'avons vue fréquemment pratiquée par Monsieur le doc-
teur Sorrel à l'hôpital maritime de Berck.
Préparation du malade. — Le jour précédant l'intervention, savonnage puis lavage à l’éther du membre à opérer. = Recouvrir ensuite la place de l’incision cutanée d’un
pansement aseptique.
Opération. — Anesthésie générale à l’éther.
Lavage à l’éther, puis badigeonnage large de la région avec du chloroforme iodé.
Le sujet est couché sur le dos, la jambe reposant sur un coussin. |
Après la pose des premiers champs, pratiquer une incision parallèlement à la crête tibiale et un peu en dehors d'elle, et répondant au maximum de la déformation. Aux deux extrémités faire aboutir deux petites incisions de décharge perpendiculaires tracées sur la face interne, longues de trois centimètres environ. Ainsi
se trouve dessiné un volet à charmière interne qui per-
DC TRR es
met de dégager largement le champ opératoire et facilite les manœuvres ultérieures. (Décollement du périoste,
passage du protecteur).
Dissection du lambeau cutané. — Border ensuite avec des champs que l’on fixe à chaque angle dé peau avec des pinces à griffe de façon à protéger les divers ins-
truments dont on se servira plus tard.
Incision du périoste. — Incision en dehors de la crête tibiale, sur le bord externe. — Décollement à la rugine courbe. — Pour amorcer ce décollement il est utile
de se servir de la rugine très coupante de Leriche, qui est courbe sur le plat. |
Pour le terminer (face postérieure et externe du tibia), employer la rugine recourbée de Doyen dont on use pour le décollement du périoste dans les résections cos-
tales.
Passage de l’écarteur de Farabœuf entre le périoste et l’os. — Cette manœuvre extériorise, pour ainsi dire, l’os sur lequel on travaille et sert en plus de protecteur lors-
que la section à la scie électrique est complète.
Section cunéiforme du tibia à la scie. — Le coin à enlever a été calculé auparavant d’après l'étude des déformations sur des radiographies. On connaît ainsi les dimensions du coin à sa base. Celle-ci doit se trouver au maximum de la déformation.
Elle regarde soit en avant soit en dedans soit en dehors
suivant le sens des déviations à corriger.
RÉMNEE TOM
Partant des limites de la base du coin osseux, on scie suivant le conseil de Farabœuf : pour le trait supérieur, perpendiculairement à l’axe prolongé par l'œil, de l’extrémité supérieure, pour le trait inférieur à l'axe de l'extrémité inférieure, lui aussi prolongé par l'œil.
La section se fera avec les précautions habituelles lorsqu'on se sert d’une scie tournant avec une très grande rapidité, c’est-à-dire en projetant sur la région un jet de sérum. On emploiera pour cela, une ampoule de sérum qui semble plus commode que l'appareil d’Albee. :
Cette section faite, enlever l’écarteur, mais le péroné en général tient et empêche la réduction. Notez que la position du péroné par rapport au tibia est tout à fait variable. Il est souvent, presque au contact de la face postérieure du tibia et dans certains cas même, il est difficile de passer l’écarteur entre tibia et péroné.
Après avoir essayé différentes méthodes (section au ciseau ou à la scie par la même incision, section du péroné par une incision spéciale, Monsieur Sorrel pra-
tique l’ostéoclasie à la main. .
Ostéoclasie du péroné de la façon ordinaire. — En général la réduction peut s’obtenir facilement. Si par hasard elle ne peut pas se faire très exactement, sectionner une partie du péroné au ciseau ou à la pince.
Surjet sur le périoste au catgut n° oo avec l'aiguille
fine de Reverdin.
Suture de la peau .— Quand on fait l’incision en vo-
let il est commode de placer d’abord les points d’angles