‹ Quelques Points du Traitement dans les Déformations Rachitiques des Membres InférieursChapitre 6 sur 17 · LA THALASSOTHÉRAPIE DANS LE RACHITISME · texte numérisé non relu

LA THALASSOTHÉRAPIE DANS LE RACHITISME

Le traitement des déformations rachitiques par la thalassothérapie es à l’heure actuelle admis par tous. Pour certains ce n’est cependant qu'un adjuvant, mais d’une telle importance, qu'on doit y avoir recours chaque fois que cela est possible.

Dès 1750, les Anglais commencèrent à envoyer les rachitiques au bord de la mer. Les Italiens et les Français à leur tour suivirent cet heureux exemple. Déjà en 1862, Perrochaud pouvait écrire (1) : « Les résultats obtenus à Berck ne peuvent laisser aucun doute sur la possibilité du redressement spontané et progressif des jambes chez les rachitiques, et les esprits les plus prévenus doivent se rendre à l'évidence ».

En r188r À. Bourdier (2), dans sa thèse, note les heureux effets du climat de Berck dans la scrofule et le rachitisme. En 1891 la thèse de Cartier (1) renferme une statistique édifiante de guérison et d’atténuation de dé-

formations rachitiques, obtenues au bord de la mer.

(1) Lettre de Perrochaud à Marjolin.

(2) Thèse de Bordeaux, 1881.

(3) Cartier thèse de Paris. 1891.

Plus près de nous, de nombreux auteurs modernes se rallient à cete phrase émise par l’un d’entre eux : « Rien ne vaut pour le rachitisme le séjour au bord de la

mer (1) ».

Action du climat marin

Sans rejeter les traitements médicamenteux et orthopédique, qui d'ailleurs en climat marin voient s'exalter leur influence heureuse, nous pensons que le traitement marin se suffit à lui-même. C’est une thérapeutique qui, semblable à tous les modes de traitement véritable} ment actifs, a subsisté depuis sa découverte. Elle le mérite, car elle répond aux deux indications d’un bon traitement : arrêter l’activité du processus morbide, en faire disparaître les effets.

La cure marine réalise ces deux points, mais pour s’en convaincre, il faut ici noter son action, non seulement sur les déformations, mais aussi et surtout sur l’état général.

« Si l’on ne considérait que l’action sur les déformations, aucune médication ne paraîtrait d’une efficacité incontestable.

C'est qu'en effet, les déformations osseuses, surtout lorsqu'elles sont un peu marquées, peuvent ne disparaître que longtemps après l'arrêt du processus mor-

bile, mais l’analyse de nombreux cas nous a montré que

(1) Broca, chirurgie infantile, 4914, p. 142.

LR, Ress le processus osseux s'arrête dès qu’on constate une amé-

lioration de la nutrition générale, de la croissance, des

phénomènes concomitants, particulièrement des troubles

digestifs, de l’anémie et de la tonicité musculaire ». (1.

Ces phrases que nous empruntons à Monsieur le professeur Marfan montrent la vérité de l’action salutaire de l’air marin. En effet, il agit sur les déformations beaucoup plus rapidement que les autres traitements, mais son action, malgré tout, est très lente et c’est en outre

une action uniquement secondaire. Elle est due à l’in-

fluence favorable, celle-ci rapidement apparente, sur

l’état général, la croissance et les phénomènes concomitants, anémie, troubles digestifs et tonicité musculaire.

Cette action générale des climats marins à été parfai-

tement résumée par Monsieur le professeur Albert Ro-

bin (>) : « C’est d’exciter l'appétit, d'augmenter le nom-

bre des globules rouges, d'activer les fonctions respiratoires, la diurèse, les échanges azotés, de diminuer la déminéralisation, de mieux utiliser le phosphore alimentaire et d'augmenter la consommation des matières albuminoïdes ».

Ces termes peuvent s'appliquer parfaitement au rachitisme et chaque heureux effet de climat marin semble naître pour corriger une manifestation morbide du rachi

tisme. Toutefois cette action, nous le répétons à dessein,

(4) Marfan. Traitement du rachitisme. Alimentation, hygiène, thalassothé. rapie et crénothérapie. Paris médical. 1910-1911, p. 177. (2) À Robin et Binet. Congrèsinternational dethalassothérapie. Biarritz, 1913

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porte surtout et avant tout sur l'état général, la croissance et les troubles digestifs.

Que l’on soit en présence d’un rachitique floride ou hypotrophique, l'examen de ces malades montre toujours un gros ventre météorisé, une langue sale.

« Le rachitique est avant tout un dyspeptique (1) ». Le premier effet de la thalassothérapie est, de rendre au malade de l'appétit, de régulariser ses fonctions digestives, Sa langue se nettoie, Peu à peu son ventre diminue et reprend des dimensions normales. Ses muscles retrouvent de leur tonicité perdue et à mesure que ces heureux effets se produisent, l'enfant grandit et ses déformations s’atténuent de jour en jour, conséquence de l’action stimulante sur l’état général.

Nous ignorons toujours les causes intimes du rachitisme et la phrase qui en 1766 commençait Le rapport de MM. les commissaires nommés par la faculté de Médecine de Paris, pour examiner le traité du. Rakitis, de De la Feutrie (2) : « Le Rakitis est une de ces maladies dont on connaît les effets sans en pénétrer au juste la cause » est encore vraie de nos jours. Cependant il est permis de penser que le traitement marin est vériablement actif, puisqu'il arrête et détruit les effets de la cause ignofée:

Monsieur Guyot (3) voit même « une relation de cause

(1) Guyot. Progrès médical, Paris, 1913, 3s, XXV, p. 77. (2) De la Feutrie. Traité du Rakitis. 1766, p. 9.

(3) Guyot. Cure marine dans le rachitisme. (Progrès Médical. Paris, 1909, 8, XXV:-p..79)

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à effet dans l'influence heureuse de la cure marine sur l'état de misère physiologique des rachitiques ».

Cette action favorable du bord de la mer paraît due à plusieurs facteurs. Én premier lieu à la pureté, à la qualité de l’air marin, à la surabondance de l'ozone, à la présence de substances iodées, à la présence éventuelle du chlorure de sodium, mais surtout à ce fait que l’enfant vit en plein air, libre, heureux de sa liberté.

Nous ne pouvons oublier ici l’action de la lumière sur un organisme qui jusque là très souvent en a été privé. Elle agit au même titre que l’air de la mer, car le soleil, « ou tout au moins la luminosité est un des éléments constituants du climat marin (x) ».

Cette similitude d’action est approuvée par de nombreux auteurs et Monsieur le docteur Tridon (2), notre aimable Maître, parlant de la cure héliothérapique au bord de la mer, montre que la cure marine a une action

« de même sens que celle du soleil ».

Hygiène du rachitique au bord de la mer

Nous examinerons maintenant comment devra vivre le petit rachitique, au bord de la mer, pour profiter le plus possible de ces deux grands facteurs de guérison l'air et le soleil.

L'action de ces deux éléments étant efficace mais lente

(4) Andrieu. Héliothérapie marine. (Rapport au Congrès de thalassothérapie de Cannes, 1914, p. 12.) (2) Tridon. Revue d’Orthopédie. 1914, p. 468.

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