‹ Quelques Points du Traitement dans les Déformations Rachitiques des Membres InférieursChapitre 7 sur 17 · TAN · texte numérisé non relu

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il convient que le séjour en climat marin soit de longue durée. Ce que De La Feutrie (1) écrivait pour le traitement des déviations rachitiques par les appareils, peut s'appliquer parfaitement au traitement climatérique.

« Comme la cause a mis beaucoup de temps à produire les effets il faut beaucoup de temps pour corriger les effets et détruire la cause ».

Dans le traitement du rachitisme par la thalassothérapie il faut compter non par semaines mais par de longs mois. |

Il est aussi un point capital sans lequel aucune thérapeutique n’agira : c’est l'hygiène de l'alimentation.

L'enfant rachitique ne doit pas continuer au bord de la mer les fautes d'hygiène qui semblent pour une grande part rentrer, comme causes, dans l’éclosion et l’évolution de sa maladie.

Pour Monsieur le professeur Broca (1) : « Le rachitisme étant le résultat d’une alimentation vicieuse, le premier devoir du médecin est de régulariser cette fonction ». Que ce soit là, la cause primordiale du rachitisme, ou qu’à elle, s’en ajoute beaucoup d’autres, c'est malgré tout un fait d'expérience, que le premier acte du traitement du rachitisme doit être de surveiller et de régler l'alimentation.

En outre si le rachitique vient au bord de la mer, ce n'est pas pour qu'on l’enferme dans une maison. Il devra vivre dehors, mais comme ce traitement s'adresse

(4) De la Feutrie, Loc. cit.

(4) Broca, loc. cit., p. 141.

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à des enfants jeunes, se refroidissant facilement, il faudra tenir compte des rigueurs dé la température.

Le traitement marin esf une médication énergique, aussi, au début du moins, conviendrait-il d’être prudent, de choisir les doses, puis peu à peu acclimaté à ses nouvelles conditions d’existence le petit rachitique pourra profiter largement de l’air et de la lumière. Il passera tous les jours au bord de la mer, vivant plongé dans une atmosphère d’air pur et de luminosité.

Si le petit malade présente des lésions en pleine évolution, il faut le porter, de préférence allongé sur un cadre de bois revêtu d’un léger matelas. Il ne faut pas qu'il marche, d’ailleurs il ne le pourrait pas, mais il convient aussi d'éviter des essais infructueux et néfastes. Bien des mères soucieuses du retard de leur enfant pour la marche, le posent souvent debout, en le tenant, pour l’habituer, pour donner des forces à ses jambes. Cette manœuvre ne fait que créer ou accroître des déformations. I1 faut même éviter de tenir l'enfant sur les bras, car Monsieur Kirmisson a montré que cet acte était cause favorisante de certaines déviations. Si ses lésions sont plus anciennes, on peut laisser l'enfant. jouer assis sur le sable. Enfin, s’il demande à marcher doit-on malgré lui le maintenir au repos ? Dans une des rares matinées où nous avons eu l’heureux avantage de voir Monsieur le docteur Ménard, à l'hôpital maritime nous avons eu l’occasion d'entendre son avis à ce sujet. Pour l’éminent chirurgien de Berck, si un petit rachi-

tique ne marche pas c’est qu'il ne le peut pas, c'est

A0 qu'il souffre. Le jour où de lui-même, il se lève sur son ‘lit, on doit le laisser faire. Si assis sur la plage, il essaie de faire quelques pas, il ne faut pas l'en empêcher. S'il veut marcher, c’est qu’il le peut sans que cela lui soit défavorable.

Chez les malades déjà grands, déjà forts se pose la question des bains. Cest en effet un adjuvant de l'air marin qui a son importance.

Les bains seront toujours très courts. Ils ne devront jamais atteindre cinq minutes. À leur sortie les enfants seront vigoureusement frictionnés. Le bain ne doit pas * fatiguer. Si, à la suite de la balnéation, les enfants présentent des courbatures et plus tard de l’amaigrissement, il faut les cesser. Pour cés enfants et en règle pour tous les jeunes (au-dessous de trois ans) pour les débiles et pour ceux « qui présentent une poussée de rachitisme avec endolorissement des os (1) » la balnéation froide doit faire place aux bains chauds de mer. Gette médication elle-même devra être abandonnée pour certains enfants trop débiles ou dont la peau s’irrite trop facilement. Chez eux, le traitement marin tiendra tout en-

tier dans l'hygiène et la vie au grand air.

Indications et contreindications de la thalassothérapie

Ce traitement si favorable que Monsieur Comby a pu

écrire « le traitement hygiénique par l’air marin suffit

(1) Marfan, loc. cit., p. 178.

pr

à lui seul pour tous les cas légers ou moyens de rachitisme » (1) n’a-t-il pas des contre-indications?

Aucune n’a jamais été formulée. Tous les rachitiques peuvent aller au bord de la mer. Néanmoins, il est évident qu’un enfant dont l’évolution rachitique est terminée, dont les os sont arrivés à la période d’éburnation, ne trouvera aucun avantage dans la cure marine, du moins aucun avantage local ; son état général en bénéficiera toujours. Ce sujet là d’ailleurs n’est plus rachitique. Ses déformations ont cessé à titre de symptômes et ne sont plus que des séquelles.

Tous les rachitiques peuvent donc et doivent, si possible, aller au bord de la mer. IN

Nous voyons cependant, à chaque envoi, arriver à l'hôpital maritime de Berck des petits rachitiques, pâles, maigres, qui, au bout d’un ou de plusieurs mois n’ont pas changé, ou plutôt si, mais pour un état plus mauvais. Leurs déviations sont restées telles qu'à leur arrivée, mais leur état général est devenu plus précaire. Leur pâleur maladive s’est transformée en teint jaune. Îls ont maigri. Ils paraissent éprouvés par ce climat trop rude et semblent ne pas avoir assez de ressources en eux, pour y résister. Au lieu de répondre victorieusement au traitement par une réaction favorable, celui-ci absorbe leurs dernières forces.

Ils sont tristes dans leur lit, ne jouant pas, frileux,

{4} Comby. Traité des maladies de l’enfance. Grancher, Comby, Marfan. Paris, 1897, tome IT, p. 220.

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sans résistance et semblent en proie à une véritable

cachexie marine.

Ces rachitiques ne retirent aucun avantage du climat

marin violent de Berck. Ils ne sont exposés qu'à ses inconvénients. La broncho-pneumonie n’est pas une rareté chez eux. Aussi un convoi suivant les ramène vers Paris.

Est-ce à dire que le traitement marin ne leur convient pas ? |

Non, car il existe différents climats marins convenant aux diverses classes de rachitiques.

Que l’on divise les rachitiques en florides et hypotrophiques (Variot) ou hypotrepsiques (Marfan) l'on sait que le caractère qui différencie surtout ces deux classes de maladies tient à l’état général. Les uns sont gros, à nutrition ralentie, ayant besoin d'un véritable coup de fouet marin pour remettre en état leur organisme paresseux.

A ceux-ci, le climat marin vif, le leur donnera plus facilement que tout autre.

Les seconds, au contraire, maigres, trop débiles ne pourront pas résister à une réaction aussi violente. Ils n'en feraient pas les frais. Le climat qui conviendra parfaitement aux uns, sera néfaste pour les autres. Aussi allons-nous examiner divers climats marins et dans toute la gamme de la climatothérapie nous prendrons deux notes éloignées qui nous paraissent répondre à toutes les indications du traitement du rachitisme : Ge sont Berck

ct Arcachon. ;

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