‹ Quelques Recherches Sur Les Eaux Distillées AromatiquesChapitre 4 sur 21 · EAU DISTILLÉES AROMATIQUES · texte numérisé non relu

EAU DISTILLÉES AROMATIQUES

ENFRODUCTION E

Le Codex donne des Eaux distillées la définition suivante: ( Les Eaux distillées où Hydrolats sont des eaux eaux chargées par la distillation des principes volatils des végétaux. Ces principes sont le plus ordinairement des essences, quelquefois accompagnées d’acides volatils, tels les acides acétique, cyanhydrique, valérianique, ete. ». Le Codex indique ensuite les modes de préparation de ces Eaux distillées, puis les caractères auxquels elles doivent répondre; mais, sur ce dernier point, notre Pharmacopée est extrêmement brève; voici d’ailleurs ce qu’elle exige: « Les Eaux distillées doivent être incolores, non floconneuses, exemptes d’odeur empyreumatique; elles ne doivent pas renfermer de sels calcaires ou métalliques, ni d’acides inorganiques. Elles doivent enfin, le plus souvent, posséder l’odeur des plantes employées à les préparer ». Le Codex fait cependant une exception pour l’'Bau distillée de laurier-cerise pour laquelle il indique un essai

basé sur le dosage de l'acide cyanhydrique total contenu dans cet hydrolat. Mais, pour toutes les autres Eaux disüllées, notre Pharmacopée se base surtout sur des carac- tères purement organoleptiques pour apprécier leur valeur et indique simplement de rechercher une falsification . banale (addition d’eau ordinaire calcaire) et les sels métalliques qui pourraient provenir de l’attaque des appareils.

Il est évident que l'essai des Eaux distillées ainsi effectué est insuffisant, car nombreuses et faciles sont les falsifications auxquelles est sujette cette forme pharmaceutique: on peut diminuer la proportion de plante indiquée par notre Formulaire, ou, ce qui revient au même, diluer l’eau distillée officinale avec de l’eau distillée simple. Il est fréquent de trouver une eau de fleurs d’oranger falsifiée par mélange avec de l’eau de feuilles ; il est rare cependant qu’il y ait substitution totale, car la fraude serait trop facile à dépister. De même l’eau de rose est souvent falsifiée avec l’eau de feuilles de géranium; ici encore il n’y presque jamais substitution totale, l’odeur seule permettant alors de différencier les deux eaux. Enfin, les Eaux distillées commerciales sont fréquemment de simples solutions d’essence dans l’eau distillée simple, solutions obtenues en s’aidant d’un intermède, tels le kaolin, le carbonate de magnésie, etc.

Ainsi, le Codex nous laisse sans moyens de contrôle devant beaucoup de falsifications ; cependant de nombreux auteurs se sont occupés de cette question et ont tâché de donner pour les Eaux distillées aromatiques quelques modes d’essail.

Certains se sont basés sur le résidu fixe qui devrait être nul théoriquement; c’est d’ailleurs ce qu’exige le Codex pour l’Eau de fleurs d’oranger et la plupart des Pharmacopées étrangères pour toutes leurs Eaux distil-

- 13 — | lées. Cependant, on est obligé d’adopter une certaine tolérance, à la condition que ce résidu fixe ne renferme pas de sels de métaux lourds, décelables par le sulfure ammonique.

Les Eaux distillées aromatiques doivent posséder une réaction acide à la phénol-phtaléine; une alcalinité indiquerait que l’eau examinée est altérée ou qu’elle à été préparée artificiellement en s’aidant d’un adjuvant à réaction alcaline.

Certaines Eaux distillées possèdent la propriété de former: avee l’iode des combinaisons incolores, sans action sur l’amidon. LePaGe, puis DureGazzr [7] (1) se sont basés sur cette propriété pour indiquer un mode d’essai des hydrolats.- Nous aurons l’occasion dans le cours de notre travail d'examiner cet essai et de dire ce qu’il faut en penser.

Gogzey [9] à indiqué un réactif acide permettant de différencier l’eau de fleurs d’oranger de l’eau de feuilles ; mais ce réactif ne donnant pas le moyen de déceler un mélange ne présente que peu d’intérêt.

On à également préconisé la réduction des sels d’or ou d'argent, mais ces réactions n’ont que peu de valeur!

Des réactifs sulfo-carbazotique et acéto-carbazotique ont été proposés par Virox [21], réactifs donnant avec les eaux distillées aromatiques des précipitations et des colorations variées, qui permettraient de différencier des eaux voisines; mais, certaines eaux anciennes ne présentent pas les caractères signalés.

Raxwez [19] a indiqué un procédé de dosage des essences dans les hydrolats : l'essence est enlevée à l’eau distil-

PORTE ERA RUN (1) Les nombres entre erochets se rapportent à l'index biblio

graphique. en

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lée par l’éther; la solution obtenue desséchée est évaporée en présence d’huile d'olive qui retient l’essence; on maintient à l’étuve jusqu’à poids constant. Dans un chapitre de notre thèse nous ferons l’étude critique de ce procédé et nous indiquerons quelles modifications nous avons dû y apporter. |

Enfin, Gouraz [10] à donné le point cryoscopique d’un grand nombre d’eaux distillées.

Ainsi, les réactions indiquées par les différents auteurs ne sont généralement pas exemptes de sérieuses critiques et les caractères organoleptiques restent encore les meilleurs pour apprécier la valeur des eaux distillées aromatiques. Une exception doit être faite pour l’eau de laurier-cerise, pour laquelle le dosage de l’acide cyanhydrique, son principe actif, est indiqué par le Codex.

Sur les conseils de M. le Professeur AsrRuC, j'ai essayé de rendre plus précis certains modes d’essai des eaux distillées ; j'ai été ainsi amené à étudier le procédé de dosage des essences de RaAxwEz et après avoir mis en évidence les difficultés opératoires et les erreurs qu’il comportait, à le modifier. Cette étude et l’application du procédé modifié à la détermination de la teneur en essence de quelques eaux distillées aromatiques constituera la première partie de notre travail; elle a été exposée dans une note de prise de date, au Congres de-l’A:F. A. $S. en 1922 (t).

Dans une deuxième partie, je préciserai certains modes d'essai déjà signalés et en indiquerai un nouveau. Je dé-

(1) A. Asrruc et J. Serre: Dosage des essences dans les eaux distillées aromatiques. Congrès de l'A. F. À. $S., Montpellier, juillet 1922, et Bull, de pharm. du Sud-Est, décembre 1922.

terminerai ainsi trois indices dans ces mêmes eaux: indice d’acidité, indice d’iode et indice de permanganate (1).

Dans une dernière partie, j’étudierai l'influence de la conservation des eaux distillées aromatiques sur la-teneur en essence et sur les indices précédents.

Avant d'aborder mon sujet, je tiens à remercier Monsieur le Professeur Asrruc de la paternelle bonté dont il fit toujours preuve à mon égard. Tout jeune étudiant, il m'accueillit comme élève dans son laboratoire; plus tard, il me fit l’honneur de me confier les fonctions de préparateur; et, pendant les trois années que je passais ainsi dans ce « labo » aimé, dans cette atmosphère vraiment familiale, il ne cessa de me témoigner un intérêt dont je fus toujours très touché et ne me refusa jamais ses judicieux conseils. Je ne sais vraiment comment lui exprimer ici ma profonde gratitude.

Ma reconnaissance va également vers Monsieur CANALs, Docteur ès Sciences, chargé d’Agrégation. J'ai toujours travaillé sous sa direction durant toutes mes études universitaires: d’abord à l'Hôpital où il était chef interne, puis pharmacien-chef intérimaire pendant que je débutais à l’internat; enfin à la Faculté où il m'introduisit dans le laboratoire de Pharmacie Galénique. En toutes circonstances, il me prodigua ses lecons et ses conseils et je lui en suis vivement reconnaissant.

Je remercie également Monsieur le Professeur TArBourIECH, Chevalier de la Légion d'Honneur, d’avoir bien voulu faire partie de mon Jury de Thèse et d’avoir tou-

Q à Inn À [au

(1) Voir également: A. Asrrue, EH. CaNAES et J. SëRRE: Quel at] EE AII EG rèe ] ]?

ques indices des eaux distillées aromatiques. Congres des ARCE

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À. $., Montpellier, juillet 1922, et Bull. de pharm. du Sud-Est

décembre 192? | L's

jours fait preuve à mon égard de la plus grande bienveillance.

Je ne puis terminer cet acte de gratitude sans associer aux n6ms précédents celui de Monsieur JADiN, doyen de la Faculté de Strasbourg. Je Ini dois d’avoir été accepté à l’Internat des Hôpitaux, ce qui m’a permis par la suite de préparer, sous la direction de Monsieur Asrruc, le concours de 1920. À M. Janix dont la paternelle et souriante bonté ne s’oublie pas, j’adresse mes sentiments de sincère reconnaissance.

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