‹ Quelques recherches sur les marais tourbeux en généralChapitre 11 sur 19 · CARBONISATION DE LA TOURBE · texte numérisé non relu

CARBONISATION DE LA TOURBE

On a été long-temps avant d'admettre l'emploi général du charbon de tourbe, avant (ie fair(^ et de publier les essais comparatifs qui devaient fixer l'opinion sur la valeur de ce coinl)uslibIe. Comme il arrive toujours, la vérité finit par avoir raison ; mais à mesure qu'on la reconnaît, l'enthousiasme remplace le mépris et l'on s'élance avec un peu trop d'ardeur dans une nouvelle voie de lucre et d'utilité, où^ cependant il n'y a pas toujours à gagner pour tout le monde.

De Lamberville qui, au commencement du 1 7^ siècle, avait fait connaître à la France la propriété combustible de la tourbe , qui avait amené avec lui des ouvriers de la Hollande et du Danemarck pour exploiter cette matière et qui avait reconnu la plupart des dépôts tourbeux de France, essaya aussi de faire du charbon de tourbe et y réussit, puisqu'il trouva les moyens de convertir certaines espèces de tourbe en charbon pour Vusaye des forges, au lieu du charbon de pierre que les étrangers vendaient aux Français au prix que bon leur semblait (^). Il y a fort long -temps déjà que l'on construit en Allemagne

(I) De lamberville cité par Pelouse père.

des founieaiix pour b earbooMitioD ée k totMèe. fii i78i, Dtetddi «n t vu dam le Harb; cepaodant oe n'est goèrâ ^pie depak fe coo^^

de œ charbon s'est répandu np pen g^ n é r a ki f wt on France. Des essais 4e leacbonisatiân ont étéCuts dans ie Jura prés de la Bk-évine^^ i y a pins de dnquante aifs, par no chn nnste dontie nom m'est inoonnn. Bien ifn'ë ent cénssi, cette indnstrie ayak été presque totalement abandonnée en Susse eè dans le lurm^ oà elle wni de reparaître ^iimyée de tous les pevfeelîoBnenients qu'on a fait subir aux appareUs earborisatpnrs.

C'est snrloirt pour les forfes et la trempe dli Civ que le obaiinm de tourbe «t eaqployé avec avantage* ^rengel rapporte qu'un puopriétaire de foiges en Hanovre faisait linmême son cbasbon de tourbe poiur tremper des frux* et qn'U devait à l'emplpi de cette matière la fraade réputation dont jouiasaiani les produits de sa fabrique. Le cbarbop de tourbe brûlé en général piu& lentement et pins longtemps qus.^eelui de bois. Il punit èbre trés^profitaUe pow les petites forges de couteliers et de jfoaibisseurs, «te. On commence à renqriojer dans notre Jura pour la lotnte de Tor et de Taigent et pour la trempe des divers objets^'ader qui servent à la fabrication d'horlogerie. Les expériences comparatives iutes à Paris et rq»portées dans les ^fino/es des u^^ ont prouvé r « qu'avec le charbon de tonrioe on peut forger, tremper et même souder le fer et l'acier le plus fia ; que le feu du diarlMm de tonriie est plus uniforme que celui du charbon de bok; qu'il chauffe plus également et qu'il a plus d'activité. Qu'il iEuatir-peu*pr)ès un tiers moins de ce chariMm que de celui de bois, pour foire la même quantité d'ouvrage* Que ce diarbon crasse moim et écaille moins le fer et l'acier; qu'il bruie moins la mai» de l'our vrier et qu'à la trempe, enfin, il découvre beaucoup moins que le charbon de bois. »

Les mêmes expériences poursuivies pour la fonte des métaux, ont donné des résultats à^pen-près égaux pour le diari>on de tourbe et celui de bois^ mais avec quelque avantage cependant pour l'économie dans l'emfrioi du premier. D'après leurs expériences , les commissaires examinateurs <mt condu qu'en se servanl du charbon de tourbe, on obtient en général une continuité de dialeur plus longtemps pnoilangée et soutenue avec une moindre <piantité de combustible , et que ce charbon sera phis propre que celui du bois aux usages où cette continuité de chaleur est nécessaire, teb que pour les machines à vapeur, la fonte du cuivre, les essais des métaux, etc.

Ces conelusiom peuvent ôtre vndes en général; cependant il sara toiyours bon de n'y ajouter qu'une confianee éclairée, autaitf qu'on pourra soi-même foire l'essai du chari[K>n qu'on emploie ; car il arrive souvent que la qualité de la maëôre dont on se sert, diange ou n^est pu connue. Le taMeau que nous avons donné au chapitre précédent, prouve combien la quantité de charbon obtenu varie suivant les tourbes qu'on emploie pour ie faire. La valeur en est aussi très -différente suivant la composition de

eUéëneoes (lOibberige Itavf énlMItt^^ Ibis «ette natière est tràs-rare, je ne l'ai «bserfée mdte part daoi le ëmn mien Sansev al ee s'est fieat-ètre dans des d^ts qui n'avaient pas ]^ de èenx pomes d'épussavr. Si les tourbes lacustres rendent beaueoiqp' de diarboii , la qpiantilé de parties liiMHieMes qu'eues ocmtîenneBt en altère us peu la qualité. €as tauil>ea sont tout^aia plus souvent propres à la earbonisalion que odles des hauts naraîs> puisque*, f^us andeBnes<, la uMitière y est oMius mélangée de ilanarats ligneuM d«is leur 4tat naturek Pour que ces tourbes émergées donnent des résultats avantageux, il isat les choisor ncwes et ^nses, de pâte homogène, et alors le AartMHi qu'on en obtient, eont^oiaiit beaucoi^ moins de cendres, dével^[ipe un calorique plus vif* fi fout eepmdiffit Csûre attention à ce que la touri>e ne soit pas terreuse ; fpk'eUe n'ait pas, étant sèche, une disposition à se fendiller, comme edle qu'^ extrait dtt coudbes recouvertes depuia fiwt longtemps d'homua, car alois si l'on obtient pio^ portiiMmellement à là matière beaucoup de charbon, mi ne peut l'extefire des fourneaux qu'en très-petits morceMix et il tondw fscilemoAt en poussière.

CSomme il est très-pmi de dépôts émergés dont on puisse extram, sur une étendue ua peu grande, une tourbe d'égale qualité, â impcnrte, dans les exploitations), 4e trier et de mettre à part les briques qu'on destine k la carbonisation^ cebi ne peuhèlre &it ipw par des ouvriers soigneux et entendus.

D y a maintenant sur les bords des marais des Ponts, des iours en grande netivité pour la carbonisation èe la tourbe. U m^a été imposs&le jusqu'à présent d'obtenir des^ indir caticms précises sur le rendement de la matière première. Je trouve seulement dans un prospectus d'une société par actions pour l'extraction et la carbonisation de la tourbe, projet publié par les propriétaires mêmes des fourneaux à diarbon , <pie pour obtenir SO sacs de charinm, faut trois bauges de tourbe. J'évalue approximativement la capacité du sac à Sy, pieds cubes, c'est^-«dire à 100 pieds cubes les 50 sacs pour 560 pieds cubes de tourbe. Ce raf^rt, <m le voit, est très-rapproché de cdui que j'ai moimême annoncé, puisqu'ansi <m obtiendrait de ht touri^ des hauts marais 37,77 p% de eharbcm. Il s'éloigne beaucoup au contraire des résultats obtenus dans d'autres &briques. Ainsi à Bfennecy près de Paris^ on retire généralratient 68 voies de charbon pour 165 voies de tourbe (^) ou 55,87 p% de charbon^ Encore ce rendement doiUil être évalué plus haut, puisque pour k distillation de bi tourbe carbonisaUe on Inrûle sous les duuidièrea les tourbes les moins denses et d'un prix inférieur. Dans plusieurs établissements d'Allemagne, on obtient de 59 à &5 p% de charbon. En général les expériences 4es chimistes sur les tourbes fixent le rendement en charbon de 59 à tiS p%.

0) Traiié de fédairage au gaz, Mir Pekmie père.

Les procédés mis en usage pour b carboirisalioii de b tourbe se diTÎsent en deux grandes cluMs. P» les uns en ebliilill b natlèM pur ëufbefttkm, éu^lesuafres par distiHation. Le pbn de ce uiéMww ne ine periMI pas de dééttira fd tMto^ tw ftmrs et les appareils qui unt été cumftruMs jusqu'à présent pMr b eyrlMm»^ b tourbe. Des traités spéciaux ont été éwils sur ee sujet, celui de Pélottse père «intr^autras {% On pourra donc consulter afw ufknlage cet auteur qui éome d'aileiir» ie ttodéle des principaux appM^eib «onral en ftaftee jusqu'à notre époque. Je ne fiib ^qu'indiquer en passant qKieiquès*ttns des précédés les plus bcîles ef les moins coèleux, ceux qui sont à la portée de tout le mondée! dont Femploi né nécessite pas des miles de fonds trop considérables. Car j'envisage comme ruineuses pour nos tourbières, les spéedations en grand qui nécessitent natureHement de vastes exploitations dmis une ménie locaKté et qm ne peuvent avoir d'autre but que le plus grand avantage du moment, sans égard pour la conservation des marias tourbeux et la repfodu^on dans un temps éloigné.

On a cbercbé d'abord à obtenir ta earbonisaition de b tourbe en disposant b matière en meules, comme on le bit pour le bms. Mais cette méthode a des incimvénients, car lés fours ainsi ccmstniits s'affiiissent considérableniafit par le reirait de b tourbe et Pair pénétre bcilement dans l'intérieur, c Là où, quoiqu'il en soit, dit Pdouse, ee jj^rocédé n'a pas Àé abandofUié, on observe de ne domier aux meules que 19 pieds de diamètre et 5% pieds de hauteur au plus. On a soin de conserver ces meobs le plus sèches qu'il est possible en les plaçant sous un hangar eà VMt cffeUle lilnement. Mab quelque précaution qu'on di pu prendre, b tourbe carbomsée de cette manière ne donne jamais qu'un charbon très^frmble, incafpâble de supporter le tramport et qui se détéricHre rapidement en iJ>sorbant l'humidité. »

Pour obvier aux inconvénients de la carbonisation par les meules, on a proposé plusieurs moyens dont il est bon de tenir compte. Le premier consiste dans remjrilm des aliris, espèce de paravents en osier dealiBés à mettre la meule à l'abri des vents qui excitent dans l'intérieur une combustion* inégale. Le second exige l'empkM d'une pbque en télé ou en fer battu, d'un diamètre égal à celui de b base de la meule et sur laquelle doit être construit* le four à carboniser. Cette plaque posée sur une fosse d'mi pied de profondeur à-peu-près, est percée dans le milieu d'un trou par lequel <m «dflamme la tourbe de b meule et que l'on peut fermer quand la cood^ustion est c<Hnmenoée. Le fer étant conducteur du calorique à un Men |^ haut degré que le s^ , b combusticm partant du centre arrive plus rapidement à la circonférence de la meule que si die re-* posait sur le sol ; cHe s'étend ainsi plus également. Enfin l'on a récemment infaroduit m

(0 Traité méthodique de la fabricatian du coke ef du eharbfm ie ttfwrbe, Paris 1841.

Amérique, pour la c^rtxNÛsatiaa da baift« fw pwfaçtioiiBeiiiiâDt qui peut recevoir une utile applicaiioo dans la eaiboaisaliioB àeh touilla^ l^aa tonte aarboaisatioa, il est né** cesmûre qu'une partie pbis ou maiua ^fnmàe du cawhMitiWe iH^e h perte ; mais ou peut bive porter cette eombustioB iQdispeB8id>le aor 4m aftatiàret de moindre valeur que la tottfba en notte» entières. C'est ce qu'on réalisera dans cette méttiode qui ne diffère du procédé ordinaife des meules, qu'eu ce qu'on iutiroduit entfe les mottes de la me* nuise de tourbe, dont maUieureuseuient ou est toujours trop «JMMadauuiieot pourvu. La marche de l'op^atioa eA la méme^ maïs le poussier «p ae brùlaot préserve les mottea entières et doit d'ailleurs en vertu de sa plus &ciie combustiou rendre la cariionisatioa plus rapide (^).

SjNreugel décrit un moyen de cariiKMÛsation extrêmement simple qu'il a vu employer dans le Hanovre et dont j'ai voulu reconnaître la valeur eu l'appliquant à nos tourijies jurassiques. J'ai fait creuser une fosse de quatre pieds carrés dans un sol sec et sahkHVneux, en ayant soin de &âre enlever le gazon qui était très-épais et que je divisw en mottes d'un pied carré au moins. Au fond de cette fosae, j'ai entassé en cane la tour];ie légère qui s'ei^anuue très-iacilanent et j'y ai mis le feu au moyen de quelques copeau|L de bois. Lorsque les briques de tourbe ont été bien allumées et en brasier ardent, je les ^ étendues au fond de la fosse au^ également que possible et là dessus j!ai jeté I41 tourbe à carhonser jnafu'à ce qu« le creux fut comblé. En douze heures de temps, toule la matière s'est enflammée.* Qu«id les tourbes de la surface ont été rougîes et pénétrées par le ieu j'ai posé d'abord sur la tourbe ^enflammée les mottes de gazon retouraéest afin de ne pas salir la matière, et sur ce premier couvert j'ai &it jeter la terre qu'on avait retirée de la fosse, lui donnant une épaisseur de un à deux pieds. L'étouffiemept ayant eu lieu de cette manière, j'ai ouvert ce four souterrain iqirès deux jours et j'en ai retiré la tourbe bien carbonisée, surtout dans le bas de la fosse ; il ne restait qu'à la surface des briques de tourbe qui, n'ayant pas été entièrement pénétrées pv le feu, n'étaient pas complétemaot carbonisées. Dans son ensemble, il fout l'avouer, le résultat de cet essai n'a point été aussi satisfaisant que je l'espérais. La tourbe employée n'était pas très-sècbe; elle était d'ailleurs irop terreuse. U a fallu beaucoup-de temps pour que le feu pénétrât dans toute la masse et par conséquent il y a eu perte et combustion trop accélérée pour la partie inférieure, tandis que la partie supérieure n'était powt ei^core assez échauffée. De plus , ime violente averse étant survenue pendant le ten^ps que le four devait rester fermé pour s'éteindre, l'eau avait pénétré et couvert le foi\d de la fosse, fii^ le charbon que j'ai pu obtenir de cette manière, quoique réunissant lés

(») Pelouse p^e, Traité deJa fapriçalion du coke, etc., pag. 82.

qiiiikéâ de ce coMbwlârie^ étak fin^

fût d*«D tan{rfoi hak an» le saeeMe^éi soatflek M n'était fmfnm q«'«ft iNf^n de Ift forfe et a efitetiyenent élé ensipieyé à eei mmij^. J?ijin|n>i eHWW cj|iii^«ft.ettlev«iit les. mottes de gazon, il a été impossible d'empêcher les parcelles de terre 4e ffiMr dans le chftrtx^B et de s^y mélaniierf de, soete ifM EeÉtmelie»^ e»^ a été loÊigm 0t dittdie. Pour réiiisir doBc par oe mo^Fea^ H iMidmt ne rtu ia e llui è FopéreUen que dé la towrèe tréssôebe, emmagasinée depais urne année. Il ùaànit être très^attenUl à sairir le moment eà les briques de la sorAbce seul snffisaoïinat eaiaMBfiées et eeles doflsnd neo enowe réduites en oeiafces. fl faudrait enfin eapk^rar nue ebde enduite de aiortier pour la poser à la surface du four «naît d^y étendra \m mettes^ g^^Boa, afis d'empèdber le mélange de la terre avec le ebarb^m, et eosYrir les tn^anqn d'an baagar pour que b fosse soit ài'abiî del'bmmitité. I^renipdl feoomaMmde de ne pas ouvrir ees fours trop tôt de peur fae fe charboniÉiid éteint ne nenne à se raluaser, €$ qu'ainsi oar ne soit foreé de nejcfter le tout dans le four iet de le reformer^

X)n obtiendrait des résultais |ias atanta^ea^t si l'on refétait la fosse > dans tout son pairtoiur , d'un mur ée bliqnes jeintes par tas meflier , afin d'eupèdier l'introduclioii de l'air. Car e'est sans doute l'action de l'air et l'Inunidité du sol qui rendent le charbon si friable. De grands fours ont été construits sur ce principe. On a élevé des fours enmafemieriei dans l'intérieur desqueb on auMisiruitdes parois de bilqnes liées entre elles par m ôasent, afin que l'aSr ne pût afaaohma«it pas y pénétrer. Gesfours sont alluasës psjr le bas loraqu'ik sent csmplétenieat chargés^ en p«r le milien sgnrès qu'ils ont été rcknj^ de iourbe à moiliéw Us sont alors «oasUéa ei rechargés jusqu'à l'orifice à^ mesure que la matière, s'affrâne. La ooHdmstioa térninée, on ferme avec soin toutes les ouvertures, et au bout de ^k à ïSheures^ on extrait le charbon ou par une pcnrte ménagée dans le bas, ou par le haut au moyen d'une^ioulie*

Sur le méme.principe enciAre, on a construit des fours en fer de douze pieds dé hauteur divisés en trois pièces cyUtidriques dont la pranière repose sur une base au fond de laquelle On pratique un trou fermant par une porte glissante» A la partie supérieure de e^te première pièce du fond est un rebord, sur ^lequel s'appuie fe denxièaae tronçon cylindrique , et ainsi pour la troinàaie pièce. Sur cette dernière 3 y a un couvert , et r<^râtion est conduite absolument comme dans les fours en briques.

Le» méthodes de carbcmisation dans les fours ont subi de nombreuses modifications sans qu'on ait pu obtenir des résultats pleinement satisfeisants; car le fer est fecilement corrodé et dissous par les liqueurs qui se volatilisent dans la tourbe ; et dans les fours en briques, il se fait parfois des^fissures imperceptibles par où pénètre l'air pomr réduire en cendres une partie de la matière. Ces procédés sont d'ailfeufe toujours «incomplets^

IWMHia'ib ne pemetteiit pas de veeociHûr tous les produits utiles de Fepératkm. On a done dû cher^er à carboniser la towrbe par dtstQlatioo , et c'est dans ce but qu'on a ptoposé un grand nombre d'a^iareib plus ou moins avantageux^ mais qui sont d'ordi^ •aire trés-coûteqx:.

€ Le plus simi^e de ces procédés p«r distillation est fondé sur le principe des ahris ; la construclion du fourneau et la eraidnite du feu sont absolument les mêmes que dasis k procédé des meules (^). Il faut seulement y ajouter une envdoppe continue qui, aux «vantages des abris ordinaires , joint celui de pouvoir recueillir les produits accessoires de la carbcmisation dans des appareils réfrigérants. Ce procédé est d'ailleurs économique, puisque toutes les pièces de l'appareil sont aisémooit transportables , d'une conatraction fodle et que les matériaux qui les composent se trouy^at partout.

» Pour former un abri de 30 pieds de diamètre à sa base, 10 pieds à son soumet^ et 8 à 9 pieds de hauteur, on assemble en bois de 2 pouces d'équarrissage, des chiiain de 12 pieds de long, 3 de large d'un bout et i pied de l'autre. Les montants de ces sont munis de trois poignées en bois à l'aide desquelles on peut les réunir; il aaffit cela de passer dans deux poignées eontiguës une cheville en fer ou en bois. Ln. \ sont §^umis de dayonnages d'osier et enduits d'un mortier de terre m^ée d'herbea hftefaées.

» Un eouva«Ie plat de 10 pieds àb diamètre, formé de pfaoïdies bien jointes et mafai* tenues par quatre traverses forme le sommet du cône. eatmum de deux trappes dea» tinées à livrer passage à la première famée au commencement de l'opération. Un trai triangulaire pratiqué sur le mèn» couvert reçoit un conduit formé de trois {rfanches et destiné à conduire les gaz et les liquides condensés dans les tonneaux. Enfin une pwCe qu'on ouvre et ferme à volonté permet au charbonnier de visiter sim feu. >

On a adapté aussi des conduits et des appareils dtstilktoires aux fourneaux construits en br^ues, teb qu'on les fait pour la carbonisation de la tourbe par étouffement. Mais d'ordinaire la distillation se pratique au moyen de grands vases ou cucurlHtes en tèle ou en fer battu dans lesquds on renferme la tourbe et qu'on entoure de jfeu. Les matières galeuses sont recueillies dans des tuyaux qui passent dans des réfrigérants ou dDes se condensent. Ces matières donnent une espèce de goudron noir et fétide dont on ne tire presque aucun parti dans notre Jura , puisqu'on ne le vend qu^au prix de deux à trois batz le pot ('). On l'emploie pour graisser les essieux des voitures. Son odeur a la plus grande analogie avec celle de l'asphalte. J'ai visité près des Ponts un four construit sur

(1) J*empniiite encore ceue descripUon à Fonvrage de Pelonse père. (0 EaTiron qoitre sous le litre.

ee principe et dans lequel on peut simultanément cuire la chaux et carboniser la tourbe, jlbis il ne me semble pas donner des produite très-lucratifs, malgré la facilité de réunir ces deux opérations, et cela par la nécessité où l'on est de réparer souvent les fourneaux en pierre où Fon brûle la tourbe et les cucurbites où elle se distille.

Je termine ce chapitre en copiant un aperçu publié par MM. Marguerat et Mayet , pour rappel de fonds qu'ils ont fait en i S'il , dans le but d'exploiter m grand les marais des Ponte et de Cirer parti des produite.

« La carbon^tion de la tourbe, disent-ils, est surtout avantageuse au pays de Neuchâtel, en ce qu'elle permet d'opposer un frein à la destruction croissante des forêts qui peuplent les montagnes de la Principauté.

» Elle produira d'abord une grande diminution sur les exploitations de bois de hêtre et une baisse sensible dans les bois de chauffage. Ceci s'explique.

» D'après les renseignemente puisés à bonne source, la consommation du charbon de foyard dans les deux localités de la Chaux-de-Fonds et du Locle , s'élève à environ 50,000 sacs par année.

» Examinons maintenant la partie mécanique de cette carbonisation de la tourbe.

» Un seul four de la dimension de celui que nous possédons, peut faire annuellement kO cuites au minimum. Chaque cuite produit au moins 30 sacs de charbon ; ainsi un seul four peut livrer chaque année 1200 sacs.

» Pour obtenir cette quantité de 30 sacs, il faut 3 bauges de tourbe, par conséquent 1200 sacs emploient 120 bauges. En résumé, avec 7 fours on fabriquera 8,^(00 sacs de charbon, lesquels exigent S^iO bauges dé tourbe. Le prix de la vente du charbon étant fixé à 2 fr. de France le grand sac , les 8, 2(00 sacs produiront 1 6,800 fr. (*) » 8^0 bauges de tourbe à 35 batz coûtent fr. de Fr. kO^^ » 20 c. Traitement des ouvriers » » 2069» —

Entretien ducroire et frais imprévus p » 12fil»30c.

fr. de Fr. 7365» 50 c.

Reste donc un bénéfice net de fr. de Fr. 9{i3{i »50 c.

Présentée de cette manière , il est clair que la carbonisation de la tourbe offre des

résultate fort avantageux. Il est impossible cependant d'admettre les calculs ci-dessus

comme justes dans toutes leurs conséquences et surtout comme devant produire les

mêmes bénéfices pour les propriétaires qui voudraient tirer de leurs tourbières le parti

le plus avantageux. Car il faut naturellement, si l'on note le prix du charbon vendu à

(») Comme les mônoaies de noire canton sont peu connues j'ai réduit les Livres de Neuchâtel en francs de France.

la Chaux-de-Fonds ou au Locle avec le bénéfice du fabricant, indiquer aussi la valeur de la tourbe sur les mM^chés de ces deux localités. Nous établirons donc un autre calcul de cette manière.

La construction d'un four avec son hangar fr. de Fr. 700 Réparations annuelles » » 70

Entretien d'un charbonnier » » 600

120 bauges de tourbe à 12 fr. de Fr. » i> U40

fr.deFr.2810 1200 sacs de charbon obtenu se vendent » » 2400

Perte. . fr.deFr. 410 Il y aurait donc une perte de plus de 400 fr. pour la première année pour le propriétaire qui voudrait tirer parti de sa tourbe en la transformant en charbon au lieu de la vendre sur les marchés. Sans doute un four une fois construit peut durer plus d'une année ; cependant ces constructions exigent de fréquentes réparations et parfois une réédification complète. On'observera d'ailleurs que je n'ai mis en ligne de compte ni intérêt, ni ducroire, ni frais d'administration et d'inspection qui doivent cependant s'élever à une certaine somme. Ainsi ne voudrais-je pas conseiller aux propriétaires de se lancer trop hardiment dans cette nouvelle voie de gain, mais plutôt de profiter de la valeur de la tourbe dans son état naturel, puisque la vente en est toujours facile.

Ceci, au reste, ne peut jeter aucune défaveur sur Tentreprise de MM. Margueràt et Mayet, ni mettre en doute leurs calculs que je crois fondés. Nous arrivons à des résultats différents en partant d'un point de vue qui ne peut être le même.

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