‹ Quelques recherches sur les marais tourbeux en généralChapitre 8 sur 19 · AGE PROBABLE DES MARAIS TOURBEUX · texte numérisé non relu

AGE PROBABLE DES MARAIS TOURBEUX

Après les exemples de formation récente ou ancienne que nous avons cités, sera-t-il besoin de dire qu'on ne peut fixer aucune époque à laquelle on doive rapporter l'origine générale des marais tourbeux? Ils ont commencé à croître quand les drconstances favorables à leur naissance se solit recentrées; et on les voit encore lorsque ces mêmes circonstances se renouvellent, s'établir aux bords des lacs, au fond des eaux stagnantes, ou sur le sol bumide d'où les forète ont disparu.

La puissance des couches des marais ainsi que l'aspect de la matière tourbeuse nous prouvent déjà que l'époque d^^Jeur origine est fort éloignée. Si des dépôts tourbeux ont près de cinquante pieds d'épaisseur, si d'autres ne mesurent que quelques pouces, il en est aussi dont le combustible est {M^esque passé à l'état de charbon , tandis que dans d'autres il n'a encore perdu aucune de ses formes végétales pour les transformer %ar la {Hrésence des éléments étrangers. Sur le soounet du Pouillarel (Jura), on peut observer un commencement de formation tourbeuse dont la couche n'a attdnt qu'un pied d'élévation. Ce marais a pris 1^. place d'une forêt tout récemment extirpée par la main des hommes , puisqu'au milieu des broussailles , des airelles surtout qui y croissent en abondance avee les spbaignes , on trouve çà et là sqr pied des troncs dont les tiges ont été sciées, coupées et emportées. Les traces de ces travaux sont partout visibles,

pt fa nialîère laurbcuse n^est encore qu'un lissu de mousses, de radicules et de débris ligneux parfaitement conservés* Au pîed de cette même montagne de Pouilleret, dam là vallée du ïvocle , des travaux de constructions ont mis à découvert une couche de tourbe de sept à neuf pouces d'épaisseur^ très-noire, trèsniense, très-compacte. Quelques restes de racines y sont encore çà et là visibles, mais on y trouve aussi des matières <iuî paraissent carl>onîsées , et on pourrait facilement prendre le tout pour une couche de lignite ou de charbon de terre, si au fond de quelques parties des marais des Ponts, au bas des profondes tourbières du Danemarck et du Holstein , on ne rencontrait soulent la tourbe avec une apparence parfaitement semblable. Il y a donc entre la naissance de ces deux dépôts tourbeux si rapprochés pour le lieu , un immense espace de temps , puiscjue ce dernier est recouvert de quatre pieds de marne sur laquelle s'est fcirmée encore une couche d'humus de deux pieds d'épaisseur.

On doit admettre, en thèse générale, que les dépôts lacustres se formant beaucoup plus lentement que les hauts-marais» leur origine remonte aussi à une bien plus haute antiquité. Selon toute probabilité, les premiers ont commencé leur croissance d'abord après le retrait des eaux de la grande et dernière inondation historique, tandis qu'avant r apparition des dépôts tourbeux émergés, les forets déjà depuis fort long-temps recouvraient la surface du sol* Il n'est donc guère probable que l'on trouve dans la mémoire des hommes des documents qui fixent Torigine des marais lacustres ou sous-aquatiques, si ci^ n'est peut-être celui que nous avons cité pour le canal d'Oldenbourg et quelques formations accidentelles dans la mer Baltique. Il en est tout autrement des tourbières i>iupra-aquatiques»

On lit dans Rennie : « L'auteur de Cmi of Ormnaîi rapporte que l'an 16SI, quand il était encore enfant, il vit dans la paroisse de Loch-Broom en West-Rossshire, une petite plabe couverte d*une forêt de sapins, Cc^s arbres étaient cependant si vieux quMls avaient perdu leur écorce et leurs rameaux. Quinze ans après, il revînt dans le même lieu et ne vît plus d'arbres, mais seulement une plaine recouverte de mousses jaunâtres. En 1689 enfin, il vit tout cet espace changé en un marais où l'on exploitait de la tourbe. »

On trouve sur le Sîmpton des tourbières de un pied et demi de profondeur, reposant sur trois pieds de terre noire et entremêlées de branches de pins, de mêlêses et de genév riers. Avant les travaux entrepris par les Français pour la construction de la roule, le sol était encore couvert de forêts. C'est donc depuis une cinquantaine d'années que la tourbe a conunencé à croître dans ces lieux élevés où on F exploite déjà comme coni^ buslible (*), . • ,

(*} Ce fiiît m'a éié comnitiniqué par^M, Gocir^ iospciieiir des études à Neuchàiel. -v-î-^

Avant de rien conclure sur le temps nécessaire à la production d'une couche d'une éfMiisseur donnée^ rappelons encore quelques fieuts historiques; ils auront du moms le mérite de. rq>portimité, et prouveront que nous ne cherchons point à soiilaûr des théories vagues et hasardées. On a tat>uvé dans un dépôt tourbeux de Tile de Man , le squelette d'un cerf véritable géant, déposé au musée d'Edimbourg ; la hauteur du corps est de six }»eds six pouces, «a longueur de dix pieds dix pouces; chaque ramure du bois mesure cinq pieds et le bois entier onze pieds dix pouces. A quelle époque a dû vivre un animal de cette espèce (^)? En 1 81 7 on a retiré d'un marais de la Frise orientale le squelette d'un homme dont les vêtements étaient encore très-bien conservés. D'après la forme de ces habillements , on a reconnu que ces ossements étaient enfouis depuis mille ans environ; ib ont été découverts sous une dizaine de pieds de tourbe. Nous avons dit déjà qu'on a recueilli an fond des dépôts tourbeux de l'Angleterre et de l'Allemagne une grande quantité de médailles, d'armes, «d'ustensiles et d'instruments romains; nous avons cité les constructions en bois, les routes viables à une époque connue et maintenant recouvertes d'une épaisseur de matière facile à mesurer ; le dépôt qui a comblé le canal d'Oldenbourg navigable encore en 1520, et dont la masse a une capacité de six, huit, douze, seize pieds de tourbe suivant l'éloignanent du bord. Nous pourrions encore dter l'opinion de Van Marum, qui prét^id avoir vit se former trois pieds de tourbe combustible, dans un bassin de son jardin, en moins de cinq ans, et uiie foule d'autres faits, sur lesquels divers auteurs ont appuyé leurs suppositions sur Tâge des marais tourbeux. Mais toutes ces preuves ne sont guère ap{^cables qu'à des localités spéciales et n'ont que peu de valeur pour l'ensemble ; car ce qui est vrai pour une époque ne Test pas toujours pour une autre. La manière dont se succèdent, s'entremêlent, se développent les groupes végétaux qui forment la tourbe, varie à des distances très-rapprochées et sqr un même dépôt tourbeux, au point que même en évaluant, par des observations trigonoméiriques, la croissance d'un marais pendant un certain nombre d'années^ sur une ligne connue^ od ne pourrait encore en tirer que des condusions hypothétiques pour l'avenir ; car dans tout calcul il faut tenir compte du temps pendant lequel la croissance reste à-peu-près stationnaire, par exemple, pour les hauts marais, pendant que la nature prépare l'établissement d'une nouvelle famille végétale, quand le sol ne fournit plus à celle qui dbparait une nourriture assez abondante pour en favoriser le développement.

Si malgré cela nous étions appelé à, émettre une opinion sur ce sujet, nous conclurions hypothétiquement de toutes les recherches faites sur nos tourbières jurassiques et de^

0) Il s agit ici sans doute d'un dépôt de lignite plutôt que d'un dépôt tourbeux.

toutes celles qui sont rapportées par des auteurs dignes de foi, que la croissance primitive de la tourbe n'est que rarement de moins de deux pieds par siède , et que taréssouvent, dans ce même laps de temps, elle est du double plus rapide. Car en adm^tant que la vieille route du marais des Ponts ait été abandonnée vers 181^0, ce qui ne serait point exagéré, s'il est vrai qu'elle était encore viable en 4517, on aurait déjà pour résultat un pied de tourbe dans un siècle, même en ne tenant aucun comjrte du soulè* vement qui doit se faire sentir sous une construction d'une grande surface et composée de matériaux peu pesants. Or m les circonstances sont très^peu favorables à la croissance de la tourbe, puisque tout près de ^ancienne chaussée abandonnée, on en a construit une nouvelle bordée de profonds canaux de dessèchement , dont Faction se £aât. sentir sur le marais et en gêne la croissance à une distance plus grande que celle où se troave celte vieille route en bois.

La plupart de nos hauts parais jurassiques, celui des Ponts entre autres, ne paraissent avoir commencé leur croissance qu'après le d^ichement des vallées qui les renferment. Les dépôts de cendres que j'ai observée sous la tourbe à un pied au-dessus du fond des couches n'en seraient-ils pas déjà une preuve? De plus, la quantité de souches et de racines extraites des marais est sans aucun rapport avec le peu d'arbres qu'on trouve au fond des tourbières. Il paraîtrait donc que les sapins qui^ couvraient le sol ont été coupés et emportés pour obtenir des pâturages , comme cela se {pratique encore maintenant dans les défrichements. L'époque de ces travaux pourrait être rapportée au commencement du i <i°'^ siècle ; or comme les marais du Jura ont dans plusieurs endroits dix-huit à vingt pieds de profondeur , ce serait ainsi une croissance de plus de trois pieds par siècle.

Ces résultats ne s'accordent pas, j'en conviens avec les opinions de plusieurs auteurs qui ont donné à la croissance de la matière une rapidité beaucoup plus grande. Mais il vaut toujours mieux tromper les prévisions d'une manière favorable. Je n'admets comme véritable tourbe, que celle dont la décomposition est déjà assez avancée pour donner un bon combustible. Si ces calculs ne satisfont pas les spéculations humaines ; si nous nous étonnons de voir la nature ne pas mesurer son travail au peu d'espace que remplit notre vie, nous ajouterons que la science des tourbières est encore dans l'enfance, et que l'homme est appelé à aider la nature pour la plier en quelque sorte à ses besoins. Un jour viendra , je n'en doute pas, où l'on saura diriger, hâter la croissance de la tourbe et calculer les résultats des travaux avec autant d'exactitude qu'on peut le faire pour les forêts. Alors on appréciera, mieux qu'on ne le fait maintenant, la valeur réelle des marais tourbeux.

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La régéaèratioD de la loiiriM^ l'opèra,. du iimqB peur le» hiiib marais, dam des cireoBsiiMaces beâucoufi pllK^ £aeika à étadk^ fHeoettesi de Im eroiisanoe {nimithre. Aussi ne eomprend-'ittr gitéve eeiniaeiit ee phânenèae a; pu être «é par cpKlcpies sa^aots aiiiews.^et <)omneQt awyeiml'biii eneote pjusleiirs petseattea deuftent de b pessibflilé d'une reprodHctic» 4(ml:0fi pieul iiiciieiiietit smvpe le» phhs^ diverses sur tous les marais en ^exploitation. Q» ne nte- plus gttère, il est vrai, que les fosse» crewées deptiis un certain tettps ne se soieni ranplies pairà-peu, naais on prétend cpie la matièredont elles soirt ooii4>lées n'tet pokit de la tourbe et ne formera jamais un boa co»bii9ltt>Ie. Sur cpioi est fradée efttte ephien? £!«Hse peut-être sur Tapparence de la tourbe de aouvdle formation ifui, plus |awie, moins eempaete, mains imprégnée d'élémente étrangers, développe trési>eu de ealotique par m rapide combustion? Kais nous avons vu la même chose dans la tourbe de preauére production. Les couelies ncmvellement fonaées sur les plus andeus marais, celles de k smiace, même celfes dâ fond> quand eHes sont immergées, ont ta«tf-à-fa»t la même apparence efc la même composition 4|tte la tourbe qui se renouvelk; après les ei^ploitations. H n'y a nulle pari une Ugne de déuiarcatioii possible entre ce qui est tourbe et oe.qwi ne Test pas eaoofe^ Du jBUômeat que les^ végétaux des marais n'entrent pas en décon^osition r^ide pour se cb«agâr en bumus^ ils appartiennent à la formation de la tourbe, quel que soit leur aspect ei^ieur* H ai est à cet ég^rd des couches reproduites comme des couches supérieures des aticieus dépôts :. eUes affectent, insennbiement des propriétés et une apparence diverses, à mesure qu'elles sont recouvert^ par d^a^trea eouiehes-et sommaes à ^infiuence des agents qur tes métamorphosent. Q n'y a de pr<rf^léRiatii|ue que le tei^pfg nécessaûre* au» transformations insensibles.

Oui, la tourbe se Mprodui^. Les lois de lu nature ne sont pas soumises aux caprices des hommes. Que les causes sub(»stent , et les eff^ auront leur cours. Quel obstacle supposerait-on au réts^lissemaoït des végétaux tourbeux dans les lieux mêmes pu ils ont fc>i4i>urs véefi? Cvtte n^oductio» se fait sur les tourbièiea émergjées comme dans les niaraîs souS-^quatique^; seulement, comme l'eau a été la condition néeesss^e d'une première formation, eUe le sera aussi d'une seconde. U n'y aura donc jamais régénération de la tourbe dans les lieux d'où rhunûdité aura disparu, et où la pente du terrain

et des écoulements continus maintiendront la sécheresse. Dau semble prétendre le cou* traire, en affirmant que la tourbe ne se reproduit- que là où il n'y a pas d'eau, ou du moins là où il y en a très-peu. Pafée çué, dilrQ, kè végétaux ne se sèment et ne croissent pas dans les fosses pleines d'eau. Cette assertion est une preuve manifeste des faibles connaissances botaniques qu'avait cet auteur, car il est plusieurs espèces de phanérogames et de mousses aquatiques qui s'établissent de préférence dans les fosses profondes ; et une espèce de spbaigne entre autres parait surtout destinée par la nature à combler les enfoncements que l'eau recouvre et à préparer ainsi le sd à la végétation aérienne. Dans nos marais jurassiques , l'on rencontre à chaque pas des exploitations ou entière** ment oond)lées ou remplies à moitié, ou dont le fond seulement fsat couvert de végétation tourbeuse, suivant leur âge. Avant d'avoir obtenu des dates précises sur le temps né* cessaire à la reproduction d'une couche d'une épaisseur donnée, j'avais cherché par des observations annuelles sur les sphaignes et les mousses aquatiques, à apprécier l'éléva* tion du marais dans une année et dans les circonstances les plus générales. J'en étais . venu à admettre , en tenant compte autant que possible de la dépression , que la croissance de la tourbe qui se reproduit est, en moyenne, d'un pouce par année. Au mois de février 18<il , dans un Mémoire qui fut agréé par l'autorité supérieure de Neuchâtel, je n'osais encore émettre cette opinion que comme une hypothèse , car elle n^avait pas encore pu être vérifiée par des faits positifs. Mais pendant l'été de la même année, une commission nommée pour l'examen des tourbières jurassiques^ et qui avait surtout mission de découvrir des preuves positives de la reproduction de la tourbe et du temps nécessaire à la croissance d'une couche connue, reconnut l'exactitude de cette assertion dans des exploitations anciaines dont la date a pu être constatée. Dans les marais des Ponts, entre autres, à quelque distance au sud du village, on peut voir des fosses d'une étendue assez considérable, qui sont à-peu- près entièrement comblées, et dont on né reconnaît plus que les contours. Le propriétaire de ces tourbières, vieillard respectable et digne de foi, a vu luinnême et dirigé la première exploitation qui s*est faite jusqu'au fond il y a 70 ans. Dès- lors la matière tourbeuse s'est élevée de six pieds dans ces fosses, ce qui donne une croissance d'environ un pouce par année. J'ai soigneusement examiné cette tourbe reproduite, tant dans sa composition végétale que dans ses propriétés combustibles. Elle est jaunâtre, formée presque entièrement par les sphaignes et les mousses flottantes ; sa densité est d'un quart moindre que la bonne tourbe des hauts marais du Jura; elle est en un mot semblable en tout à celle qu'on trouve vers la partie supérieure des marais anciens, ou au fond de plusieurs dépôts dans le voisinage de la Brévine. On peut s'en servir comme combustible, et quelques travaux prépara-r toires la rendraient sans doute exploitable en peu d'années. Je rapporte ce seul exemple.

parce qu'il est le plus remarquable, et que cette exploitation est la plus anciemie dont on ait obtenu bt date précise dans* bm marais. Mais une foule de cas sembk^les peuvent être constatai da» des prop6rtioi|s moii» grandes^ Près des Ponts, on voit une seconde fosse exploitée M y a ftO ans^ ci qui est déjà remplie de quatre pieds de tourbe. Vis-à* vis des Cœudies (Jwa)^ tes: plus anciranes exjploitatiôns sont rempKes jus^-au niveau du marais* Dans les^eni^rans de |a Brévme, le premier endroit de notre Jura oà Ton se soit servi de la kjnxwbe cmiime combustible, on renccHiitre pltineurs de ces anciennes fosses entièrement eomUées et dont Si est même impossible de refarouver les contours ; la tourbe reproduite se trouve maintenant au même niveau que celle de première formation. On m'a fait voir ainsi dans les marais des Verrières des prairies maintenant parfaitement nivelées, ou des vieillards se souvi^went d'avoir vu feire les premières exploitations. I>ans les marais des Pont% enfin, ai) milieu des couches de tourbe noire et de très4K)nne qualité, on rencontre çà et là des bancs de matière jaunâtre et peu compacte, séparés de la masse générale par des lignes verticales, nettes et tranchées comme le sont les parois des ex(iloitafions. Gom^ j'étais un jour occupé à examiner l'une de ces couches, un des ouvriers qui rexploitait.en Téûn^^n fer à cheval tout-à-^t oxidé, preuve que cette tourbe était de seccHida formation. Elle; se vend comme l'autre, et est un combus* tiWe passable»

Il y a longtemps déjà que de soad)lableÀ observations ont été faîtes et recueillies dans le Hanovre et en Hollande. L'un des faits les mieux constatés m'a été communiqué par le professeur Senf d'Ei^enach, qui «^apprend que dans le snarais de Warmbruch ; en Hanovre, la tourbe neprodnite en trente aimées est d'une épaisseur de quatre et Ax pieds. On pourrait réunur ainsi une foule de données ^ fixeraient les incertitudes pour tdUe ou teUe localité partilniltàre. Mais ttfant appfiquer aussi à la reproduction ce que nous avons dit de la fimnatiiH^ primitivç ; b'estfpl'eUe' est toujours en rapport avec les circonsAanoes extérieiuses qpii sont : plus iqa moi» favorables^ à son développement. Nous n'aurons air ce>ai^ides données bien. certaines que quand nous* pourrons diriger la végétation rdearplttoftès les^phis pnoprea è4a^*crâqiosition d-une bontle- tourbe. Entre les mains de: la nature, .kj tourbe varie toijours snvâAt les Ibcafités» (kk comprend donc que Ddbwail pn^ tfffirqnei;^ a^r Ja^ioi d^àn insi^eeteilr des tourbière de Hollande, que dans les momia de Outiels, Jes fiiisae^ iexploi(éeaà^ pieds à» profondeur se sont ccmiblées en moins deliiéHtèanSé Oniadm^tra sau|ïi com^ tes observations de Rolland dé

la Platrièoç, ^qiii àidâque cswn» tevmQ^moyeade'làHPégélîéi^fiondes tourbes un laps de cent années. Seulement il est difficile de comprendre comment Van Marum a pu voir se former cinq pieds de tourbe en cinq ans dans un bas^ya de son jardin, et cela par des d^ôts confervoîdes.

Voki la marche que mi la mtwe dans aoa tra^l de feprodiictioii de la tourbe. Quand les §smes exploitée i «ne «^eifliÉie jprofeodM m moi pas dÉseéel»» par un ruisseau d'écoulement, ettes^;ie rcMpJtotewt d'eatiim pett^de ienpa, auflant )isr l'action des pluies que pwlewâabmevA da l^wdbitontonll dauJa lott^ i|ut les entowe; Quand le bmia 0St prâlpod* 4ler sèi. imids» par eiterople^ ta iëgétafado «'^'établit lenie^ ment; les seules conferves y vivent iea deite #tt ti^ {MBÛèf^ annéds^ etlearsîdép^^ suQcessife forment au fend du bassin une eeuche «asense siir bqndki^nbnhent s'établir peuHli-peu ijuelques mousses flotAwteSf le sphaîg&e pÀsAJXfSjdmgmmmwmpidatumJy le b^ne flettant (Hypmmir /ko^ans^ les. iitrioulaiMSt etc. Soirreiit la MxS^te est couverte pw la lentille à'e^u flmimj.. Bienfi^t les innofafaaJites gamjfratwte dteces plantes s'é* tendent à toute la fosse, la rempfissfipt» et léum ééUmÈ^M tassent péu-à-pen sous 4e poids des végétations successives» Dés que le sol est aasea ferme pnoT soutenir les mousses que j'appellerais volontiers ampbJbias (celleë dont les figes s'imprègnent de l'humidilé intérieure^ pour la traomettre à lenrs counannes qm.^ent à l'air), la eroissuice p#end une activité extraordinaire. Chaque année les aauffiea compactes s'stfhisBenl m peu mais contiouent à s'élever saas w^em^fi^n. Jjd sphaijgne riDSériiant'se mélanjg^ a» touflfes li|^ieuses de la ^wifgf^tté^ {S^ vaffinadumj^ ava: tiges innombrables des prèles

et des laiches, et en peu de temps les fosses se comblent (^). Ainsi s'entasse b matière première de la tourbe, en attendant qu'elle subisse tes modtfiratipns qui en font un bon combustible. i /

Les premières années, pédant lea^ettes les fosacs restent pUnes d'eau et inacces^ sibles à d'autres espèces de plante» qu^aux eonferMs, me pacaissepl inpen^près perdues pour la reproduction de la tourbe. Nulle pnrt^ dans nos inats manis jurassiques^ les dépéts eonfervoides que j'ai exiamnés, même avant loir oomplèle décomposition^ ne m^ont paru d'une épaisseur de p)u» d'Mn pouee^ Lé plus avantageux serait d'établir tout d'abord au icmd des exploitations le» végétaux plus ligneux qui crobsent phis rapidement* Les qphaignes et la Unni^prettemântmit sans nul ^onte la paéft^jBnce^ Ilans^stet^ après l'qnlévement d« la tftnrt^e,. tjt Imdrait laisser an fond de ta fossé im demi pied d'eau aviron; puis y jeter la déomverte en iiyant soin de ne pas retoomer les mottes sens dessua dessous ; car les mousses i|ui la forment se propageant par ioutases aussi fodlement que par graines, anta^it du m«ins que j'ai pu kf voir, elles y èontinueront leur végétation comme à la snr&ce» Ces toufies supérieiifes continnnenfr d'ailleurs natwelèe»ment une immense quantité de graines q«e ls grande hoasidité peut fiure germer. H

0) L*éléfaiioa des touffes de sptnigses , sans tenir eompie de la dépressios, «s^sowreiK de ir^is (Nhjms par année.

serait aussi ntile d'in^tsnter parmi ces débris de la surfece, les litiaigreiAes et les careK\, en jMant dans leÉ fosses qiielqiiM^aMa de ces plantea avec leurs IMI^M radnes, q«i: biesAM y aènient ilririiea en graiide^paaiitilé» A meswpe que toutes eèspfefifies s'6lèrant^ fea eatmxf i|ui avaient Sabord tervi è l'éewMâmeiîi d0 l^eé» jiisqtf^fc iïn ^ertAin nJÊmù i yatitment par tes débris de^ttraafM^iqfd y tombeHleèi^^^ efe Jà déi»oipisifiaii.des ^éégétani l^eaik s'élève doae aussi «C le pbéiièeièiie se produit aaee^ tirtito llutivHé doDt ë est soseeplible.

MsBf m m pt^éseote obe qànlioH qai ab peat guère élM résolue '^« pa» des expérienceidifaeleas e'èaf edto de Pinihieilèe de «rCaines espèces vëgélâleB sur laf ïplidité de la toukba. La figoâix ie scrf&saal point pdur doitfier au comba^le sa vrièar , il faut d'aatres éléaaents^^ p»r tenr mébnge^ leur groupement, Tintens^ 4e leurs attractions, ete^^ ftosèat uattm des combinaisons noovdUes , des produits nouveaiÉX) suivant loi affinité» dtilORjues qu'ib obI entre eut. La résine^ par exemple^ qui découle parfois du piii dos BUiraiB en si grande abondanae que je l^ai vue recouvrir le sol à plusieurs lignes d'^paineuTy est un de ces. éUniénta dont le mélange ^t parliculiéreibent favorable i la qualité 4è la toiirba^ Ces finÉ vivent à la surface des kauls marais à^peu-prds dans toute* les ddikBtion* possibles dlrami^titâ. Autant que j'ai p* le voir ^ la dnsémihation des gtttnefcest la seide MUée de hnr propagation^ C'est encore là un des travaux de la nature qila rhcinine devrait inliftw, et dont il tirerait gràtd avantage , autant pour la^ qualité du combustible que pour le bois qu'on pouirat en retirer. Les bouleaux qui se nn^angent à: toutes leécoudws. tourbeuses eruissent aussi tr^*f6Nnlement sur les hauts œarsis et senAto^t^aonone les pins, plUtAt activer que gêner la ^piègélation des spbaignes. n en est de même du bouleau de Sibérie, de l'airelle des tourbières et des bruyères, ad>u8tes qui tous cootienneQt beauttoup de tannin , principe dont chacun connaît les paopriétés; raliseptiqueB. Or c'est autour de. ces petits arbustes que les touffss de sphaignea s'élèvent avec Iff pluii grande activité.

Il iMidfaifr pio4qr bicto af jhrécâar tovtoi ees éirconstaneesvque d«s expériences fussent fuies sur les marais, tottrip^ix^ autant ^^ posB%ie aux lirais; et mus 1» dilution des g«MiV€ff|ieMeulS4 ^onfc lésivues et les tararabx sont riioins passagers et plus suivis que les entiKpaiseft dbs SMi|ies partiouliersv iimiléea d'avdinaire à h duréie de l«ur vie. Voici, ce n^ semUe, qii^fcaemit te niayai le plus bdle d'cMMir les résiritats comparatifs^ auxquels on doit tendue*

I41 partie du marais obstinée â tes exploitations modèles, devrait être partagée au milieu et de liaut en bas par en lossé d'écoulement aussi profond que le permettraient h» circanslteoes, pour déverser l'eau dans un entonnoir ou un ruisseau latéral, comme il s'en ttomve.somreai^ dans le voisinage de nos hauts marais jurassiques. Perpendiculai*

rement à ce premiar fossé et de chaque côté, eo comm^içaiit par la partie intérieure do luarais, on creuserait une Cosse d'une étendoe proportimmée k la surfoce totale qa'on voudrait exploiter, d'un dnqoantiènie, par exemple. Chaque année une fosse aemblable serait exploitée paraDéfement à la pranoére, et ainsi de suite en arançant Ters le bsB^ Mais on laisserait sur pied , pour si^parer dmfÊt exploration annuelle v on base de I d'une éten&ie égale à cdle des fosses, afin de les séparer et de poureir ménager chacune d'dks le liquide, suivant les besoins de la yégétalion qu'on y établirait, chacune de ees fosses on ferait croître ou une seule espèce de mousses on de pbmles tourbeuses ou un mélange de divers végétaux. On pourrait tout d'abord juger de i'ae* tivité de cnMssanoe de chacune des fosses et savoir quels sont les procédés les pfan fin voraUes à la propagation des [Nantes touibeuses. Au bout de vingt-cinq ana, le tout serait exploité 9 maïs il resterait vingt -cinq portions égales-correspondant aux esp^ctm entre les fosses, sur lesqudles on pourrait répéter Topération. Pendant ce temps v fen premières fosses se seraient à-peu-près comMées ; l'eau maintenue an fond anrait ena* péché la tourbe laissée sur pied de s'efflorer et de tomber en poussière an contact de Tair. Peutrètre même cette matière, soustraite à l'influence d'une humidité totqours fai même, subirait-elle ^uie transformation analogue à céBe d'une maturité hAtée, que Je crois très-fovoraUe à la qualité de la tourbe. Quand, au bout de cinquante annéen, Texploitation serait ainsi arrivée à son terme, on n'aurait rien perdu de la matière ocm»* bustibie, on aurait eu un emplacement commode pour dessécher b tombe, avantage dont on se prive souvent par des expfoitations mal comlmiées, et l'on aurait enfin série de résultats comparatifs, d'où l'on pourrait tirer des conclusions positives sur Ti luénagement et la conservation des marais tourbeux.

Tout ce que je viens de dire se, rapporte essentiellement k la régénération de la fourbe dans les hauts marais. Je dois avouer en tonte sinoérilé que , malgré des redierehes actives, il m'a été impossible de trouver des traces positives de reprodurtion sons-aqun^ tique dans les marais lacustres du Jura. La tourbe d'abord j est exploitée depuis fort peu de temps et les exploitations ne sont permises dans les grands marais du-Sedani que tout près du bord des lacs où elles sont chaque année remplies par le ssMe pendanf les inondations. Les fosses anciennes sont, il est vrai, recouvertes d'une végétatiM trtist active des mêmes espèces de plantes que œUes qui ont primitivement produit la tourbe t on en retrouve les débris mélangés au sable à une certaine profondeur ; mais en Hft peut en conclure que c'est là une régénération tourbeuse. D eat impossible cependant de ne pas admettre par analogie cette reproduction de la tourbe immergée. Ptusienrâ auteurs l'ont observée sur les bords de la mer et de quelques rivières de FrancCé Dan a ^ u en Daoemarck plusieurs fosses, jadis creusées à six pieds de profondeur, comblées

par la végétation des joncs et des roseam, an p»îl»^'«t| jMNA'Ail^ft pefM «fe âistntgner les contours. Je iisdaiks uiie diiKrtatian siir ia tbitrbè^^i^ {T5(i:

« n se fortne jovnelkinMent dé la tourbe dans les marais idè Pëtwttéetée Sàint4}hrist, pourqum ne s'en formerait*- il pas dans les fieuk d'oà Pïm à tiré fancienné? On trouve quelquefois des bancs de tourbe appuyés Fun contra l^tilre, bieif différents* quant à la qualité et qai sembient n'avoir aucune fiaison ensendble. LHiite est noire, compacte et ferme, l'autre jaunfttre et légère. Cette dernière est une tourbe nouveHe qui s'est formée dans les lieux d'où Pon avait tiré Tàncienne ; elle est moins ferme ; elle perd davantage de son volume eii séchant; ses cendres ne sont pas si bonnes ^ur fengrais des terres ; enfin elle n'a pas reçu assea de soufre et de bitume pour être parfaite. »

G>mme b production primitive dans les marais immergés est très^ente, on doit admettre que la régénératicm de la matière s'y opère aussi bien phis lentement que dans les tourbières supra-aquatiques. Cest peut-être la raison qui jusqu'à' présent a empêché de préciser les observations et de fixer le temps nécessaire à la reproduction /D'ailleurs les circonstances qui fovoris^nt d'ordinaire la végétation de la tourbe, soM moins nombreuses à cause de Tabaissemeit du niveau des eaux dans pinceurs localités. Cependant, en thèse générale, on est farce d'admettre une reproduction. On arrivera difficilement sans -doute à favorber le développement des végétaux immergés; mais on pourra toujours diriger les exploitations dans le but de la régénération, partout où l'eau sera assez abondante, et à la longue, on obtiendra des résultats favorables ou tout au moins les incertitudes seront enfin levées.

Au reste la reproduction est beaucoup ph|s importante pour les hauts marais que pour les tourbières immergées. Ces dernières devraient être envisagées plutôt comme terres de culture et exploitées dans ce but; les autres au contraire devraient toujours être exploitées en vue de la- régénéri^ion«

Après tout ce que nous avons dit, peut -on conclure quelque chose de positif sur le temps nécessaire à la décomposition des plantes, et à la formation d'une tourbe qui soit un bon combustible? je n'émettrai aucune opinion à l'égard des tourbières immergées, mais je crcHs que par analogie^ on peut juger approximativement de la durée du travail de la nature pour amener les végétaux à l'état de tourbe dans les hauts marais. On nomme découverte ou bourin la couche supéri^re de la tourbe dont le tissu est trop lâche, trop peu compact pour être exploité avantageusement. Cette couche a d'ordinaire un pied à un pied et demi d'épaisseur. C^est sous la découverte que là tourbe commence à devenir bonne. Si l'on admet que la croissance est de deux pieds par siècle, il faudra

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soixaiite et yinitf amjéw peur pM)|4iiq^9«9t|edéMiiwH^ tfl partHHMséqtimtpot^ amener la partie tjv'elk^ teopiiiw i vm éfM^éé9t m § »i t ii^ Au bout du mèsie laps

de tesops, «e qai éiêit i9iim wrfilfiei se Ârwvv^^ «ifdiioâ i-URi pied «1 4eBiiet au-Hielfr, à l'état de tourbe. IV 4<nt en étrq iM de la décenpoMj^on dea végéCaia qui ont r^^ néré la matière^ ce tfoops sera^î^p^u-^pràsie i^éiae s^kmiA les eiroonstattcea plus ou moias foieorablei à la déeempositioqu Uae iwineraifto profMide et um tompéralure trèabasse la retaurdaroiit;^ ell? sera au ceiitraiie.9cli]vée par la^prâseBce de^raiti.

Preudra-t-on, ces idéea pour de vagues et imiUle^ r^vime» aaas foudesn^ull A Dieu ne plaise, car eHes sont le résultat de plusieurs auuéea de feehercfaes aetifre». eC d'^ibservalions consciencieuses. Qu'elles soient r^etée» par un gv^ud uombK de propriétaires dont l'uniqiie vouloir est le profit du moment, je le compraids. Ifeis il se trouvera peut-être quelque, homme de cœur, ami de ^on pays, qti emploiera une parcdle de sac fortune à des expériences que le richeseul peut faire. Puissent les résukats obtenus emmener enfin mes c^mcitoyens à cette conviction» qui se fortifie toujours plus en moi, c'est que les marais tourt>eux sont, non point un bien mort, mais une fortune active, non point une chose profitable pour le présent seul, mias néeessaire à Tavemr, non point: enfin un sol inutile et qu'il fout se hâter de détraire, maia un de ces. bienfaits de la sage nature que l'homme doit reçonnsatre et étudier; ufli de ces trésors dont il peut profiter pour lui-même , mais dont il doit compte i ses descendants.

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