OBSERVATION X. — (PARISOT ET SALEUR
Famille Gil... 1932.
4 personnes : ? enfants, Yvette D ans, Roland 27 mois.
Le père 34 ans, jusqu'alors bien portant, se met à tousser (début de 1932) et maigrit, surtout à partir de mars. On constate à ce moment des signes récents, cliniquement et radiologiquement, d'infiltration et ramollissement du lobe supérieur gauche. Expectoration bacillifère.
Yvette, 5 ans : Pas de maladies antérieures.
Le 29 janvier, début d’un exanthème morbilleux d'évolution classique. Bronchite diffuse persistante.
Au début de mars : malaise général avec fièvre à 380, puis 390 ; anorexie, langue saburrale, vomissements, courbature. Ces troubles persistent quelques jours et s'accompagnent de pâleur, abattement, transpiration, maux de tête. A l’auscultation, signes de bronchite, examen négatif par ailleurs.
Au bout d’une semaine d’un état infectieux caractérisé par de l'embarras gastrique et de la fièvre, qui a pris un type remittent (39 à 400), apparition aux membres inférieurs, puis aux membres supérieurs et aux fesses de nodosités érythémateuses douloureuses, dont les formes et les dimensions sont variables, les unes arrondies et petites, d’autres ovalaires plus étalées. Au début, on compte une douzaine d’étéments, puis d’autres se font jour pendant que les plus anciens se décolorent et disparaissent progressivement. On note plusieurs poussées pendant environ trois semaines, avec persistance de l’état fébrile et altération très marquée de l'état général.
Au début d'avril, l'érythème noueux a disparu, il ne reste que de vagues traces Couinettarmes.
Mai 1932 : pas de signes cliniques ou radiologiques anormaux. Cuti-réaction positive forte (papule de 12 millimètres).
Roland, 27 mois : Pas de maladies antérieures (sauf phimosis congénital et eczéma de la 1re enfance).
Le 14 février, début d’un exanthème morbilleux, évolution du type habituel (contamination par Yvette).
Vers le 25 février, prodomes infectieux, de 4 à 5 jours.
Le ? mars, éruption constituée plutôt par des piaques que par
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des nodosités. Elles sont très douloureuses, diffuses et occupent
notamment les crêtes tibiales, le bras etl’avant-brasgauche. Fièvre
peu élevée 38 à 38,7 et assez éphémère. La défervescence complète eut lieu avant la fin de l’exanthème et au cours de cette évolution bénigne et accélérée l’état général ne fut que peu atteint.
Mai 1932, pas de signes cliniques ou radiologiques anormaux ; cuti-réaction positive (papule de 7 millimètres).
OBSERVATION XI. — (P. DurAND, de Courville)
Deux jumeaux, une fille et un garçon de 12 ans,font une rougeole.
4 semaines après cette affection, chacun d’eux présente une splendide éruption d’érythème noueux qui évolue en trois semaines environ.
Que sont devenus ces enfants par la suite ?
La fille, 3 mois après cette manifestation, commence à ressentir des douleurs dans le genou gauche ; puis survient une hydarthrose de cette articulation et quelques temps après il ne fait plus de doute qu'il s'agisse d’une manifestation tuberculeuse. Traitement habituel : immobilisation dans un appareil plâtré, cure solaire et traitement général de l'infection nettement établie.
Les forces reviennent, la petite malade reprend du poids, tout semble aller pour le mieux, mais à l’automne suivant une grippe arrête les progrès obtenus ; une bronchite s’installe tire en longueur et ne se résout pas.
Bientôt les signes indiscutables d’une tuberculose pulmonaire à marche rapide viennent jeter la consternation et font évanouir les espoirs trop vite conçus...
Le tout se termine lamentablement par une généralisation avec stade méningé que rien ne peut enrayer.
Le garçon, un an après son érythème noueux, alors qu'il semblait n’en avoir ressenti aucun inconvénient, se plaint du côté droit. Une petite toux sèche, un léger essoufflement, une gêne respiratoire progressive, une matité de plus en plus accusée font diagnostiquer un épanchement pleural.
Peu à peu le liquide séreux remonte presque jusqu’au sommet et se résorbe lentement, ne disparaissant qu'au bout d’un mois. Depuis ce temps (et ceci remonte à 6 ans) mon ancien malade est devenu un superbe jeune homme, grâce au repos, à la cure d'air et à la bonne alimentation.
OBSERVATION XII. — (ERNBERG)
Trois enfants entre 3 et 6 ans furent admis à l'hôpital d’enfants à une semaine d’intervalle.
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Deux d’entre eux avaient un érythème noueux avec une altération typique des hiles et le 3e probablement une fièvre d'imprégnation tuberculeuse, mais pas d’érythème noueux.
C'était une famille d’ouvrier, tous ses membres, le père, la mère, les trois enfants habitaient une seule pièce.
Une commune source d'infection apparaissait comme probable. On soupçonna les parents. Ils acceptèrent à contre-cœur un examen. Les résultats furent négatifs. On appris par la suite que quelques semaines avant que les enfants ne rentrent à l’hôpital, un homme avait logé durant un mois dans l’unique pièce de la famille où vivait les enfants. Il était parti au bout de ce temps mais fut retrouvé et examiné. Il avait une tuberculose ouverte et son expectoration fourmillait de bacilles. Il était ignorant de la nature de sa maladie.
OBSERVATION XIII. — (ROTNES)
C'est une famille de 4 sœurs habitant ensemble, 2? enfants, 10 et 14 ans, et deux adultes 25 et 27 ans.
En l’espace de cinq semaines, toutes quatre firent un érythème noueux sans prodomes ou précédé de troubles légers. La peau des 4 malades était fortement sensible à la tuberculine. Chez les deux enfants, la radiographie des poumons montrait l'existence de lésions récentes, l'examen fut négatif chez les deux adultes. Une des adultes et une des enfants examinées avant l’érythème noueux avaient un Pirquet négatif et un examen pulmonaire radiographique négatif. Les signes rhumatoïdes et ganglionnaires faisaient défaut.
La source de contamination était le mari de la sœur aîné qui avait vécu quelques temps à la maison et était mort quelques mois plus tard.
Pendant son séjour, ce tuberculeux ouvert et dangereux avait contaminé 7 personnes, les 4 qui présentèrent un érythème noueux et 5 eurent des lésions pulmonaires visibles à la radiographie.
OBSERVATION XIV. — (Paul COURMONT)
Il s’agit d’une famille de 6 enfants dont la mère atteinte de tuberculose pulmonaire très légère, présentait de temps en temps une poussée presque inaperçue, mais qui s’est jugée par une tuberculose pulmonaire terminale avec présence de nombreux bacilles de Koch dans les crachats.
Sur les 6 enfants, trois ont eu un érythème noueux dans le jeune âge, les trois autres ont été indemnes. Sur ces trois derniers sujets,