RECHERCHE DU BACILLE DE KOCH DANS LE SANG
HILDEBRANT, avait pu obtenir la tuberculinisation du cobaye en prélevant du sang au niveau du nodule érythémateux.
ARLOING et DUFOURT, OUMANSKY et P. Ducas en 1930, DurourT et MARTIN en 1932, réussissent à tuberculiser le cobaye par inoculation de sang.
Le Pr. DEBRÉ, SAENZ et BrocA en 1936, sur 29 cas,
mettent cinq fois en évidence une bacillémie. Ils avaient
injecté au cobaye moins de 5 cmc. de sang qui s’était comporté envers ces animaux comme un produit paucibacillaire : la période anté-allergique fut longue et la tuberculisation très lente.
La dissémination du bacille dans le sang apparaît en général précocement et dure très peu de temps, ce qui explique que l’on ne puisse la mettre en évidence dans tous les cas observés. Cette recherche pratiquée deux fois chez le même enfant par les auteurs précédemment cités, ne fut qu’une fois positive.
Si cette proportion de 5 cas positifs sur 29 examens paraît faible, il ne faut pas oublier qu’elle est relativement
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élevée par rapport à la proportion retrouvée dans les formes de tuberculose confirmée, où elle n’est que de 0,3 pour 100.
La recherche du bacille de Koch dans le sang n’a pas été faite seulement par inoculation, mais grâce à la technique de LŒWENSTEIN, on a pu cultiver des bacilles circulant dans le sang.
La majorité des cas d’érythèmes noueux s’accompagnerait donc de la présence du bacille dans le sang vérifiable par la culture et l’inoculation.
RECHERCHE DU BACILLE DE KocH DANS LE LIQUIDE GASTRIQUE
Après les travaux de MENIER et d’ARMAND-DELILLE qui ont démontré la présence du bacille de Koch dans le liquide de lavage gastrique de l’enfant au cours des phénomènes de primo-infection, OpiTz, se demanda si dans l’érythème noueux pareille recherche ne donnerait pas des résultats positifs. Il réussit dans six cas sur sept à mettre en évidence le bacille de Koch.
WALLGREN, en répétant le lavage d’estomac deux et trois fois obtint 22 résultats positifs sur 24 malades examinés.
Le Pr. DEBRÉ, SAENZ et BrocA purent, par un seul
lavage, mettre en évidence, par inoculation ou culture du liquide gastrique prélevé en cours d’érythème noueux, neuf fois la présence du bacille tuberculeux sur 12 examens. Dans sept cas, l’érythème noueux était accompagné de signes radiologiques ; mais dans deux cas, où n'existait, en dehors de l’érythème noueux, aucun signe clinique ou radiologique de tuberculose, la recherche fut positive. Ces divers examens de laboratoire montre bien qu’il s’agit d’une tuberculose en évolution.
L'EXAMEN RADIOLOGIQUE des Sujets atteints d'érythème noueux
Les constatations cliniques ayant incité certains auteurs à formuler l’hypothèse de la nature tuberculeuse de l’érythème noueux, ceux-ci devaient nécessairement rechercher par la radiographie quel était l’état des poumons, et si malgré l’absence complète de signes fonctionnels et stethacoustiques, l’examen aux rayons X ne décelait pas quelque ombre anormale.
Or, cette exploration se montra particulièrement intéressante et suggestive.
KoBErT, l’un des premiers,signala la présence presque constante d’une image pathologique.
ERNBERG, sur 39 cas, trouve à quelques exceptions près une modification importante de la radiographie thoracique et insiste sur la nécessité de répéter cette exploration, la manifestation cutanée pouvant précéder de plusieurs mois les lésions pulmonaires.
CALBORG, WALLGREN, R. DEBRÉ et P. RENARD revinrent à plusieurs reprises sur ce sujet et insistèrent sur tout l'intérêt de cet examen.
La radiographie a montré que les modifications de l’1mage pulmonaire apparaissent souvent en même temps que l’érythème noueux. Dans d’autres cas, l’éruption ne fait son apparition que quelques jours après l’installation des ombres pathologiques. Enfin, dans une troisième éventualité, la radiographie, normale pendant l’érythème noueux, ne se modifie que dans les mois qui suivent ; on observe le plus souvent une large plage d'ombre dans l’un
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des 2? poumons affectant les caractères d’une spléno-pneumonie. D’autres fois, l’ombre hilaire se modifie, prenant l’aspect des « hiles chargées ou d’ombres buissonneuses du hile ».
Ce n’est que plus rarement que l’on constate l’image d’une scissurite.
Nous ne nous étendrons pas sur la description de ces images. Qu'il nous suffise de rappeler qu’elles sont exactement superposables aux classiques manifestations de primoinfection tuberculeuse.
Elles apparaissent le plus souvent très rapidement pour disparaître en 6 mois à ? ans, soit complètement, soit en laissant quelques reliquats.
Il est très rare qu’elles fassent défaut et ne viennent pas signer la nature tuberculeuse de l’érythème noueux.
LE MOMENT D'APPARITION de l’érythème noueux au cours de l'évolution de la Tuberculose
Les auteurs adversaires de l’origine tuberculeuse de l’érythème noueux ont fait valoir contre cette théorie le fait qu’il est exceptionnel de voir apparaître cette éruption chez les tuberculeux avérés. C’est ainsi que JACQUEROT sur 5000 malades soignés en sanatorium pour tuberculose n’en a jamais rencontré. Mais nous opposerons à cette objection que l’érythème noueux, chez l'enfant, trouve principalement au moment de la primo-infection les conditions nécessaires à son apparition.
Nous avons montré au cours des chapitres précédents que la dermatite contusiforme frappe des enfants jusque-là bien portants qui ont été récemment en contact avec un tuberculeux bacillifère. L’érythème noueux est alors contemporain du virage de la cuti-réaction et de l’apparition à la radiographie d’une image pulmonaire de primo-infection.
Certaines observations, où le foyer primaire au lieu d’être pulmonaire [et, de ce fait, risque de passer inaperçu] est cutané ou conjonctival, permettent de situer exactement le moment d’apparition de l’érythème noueux au cours de la tuberculose. !
CrBizs AGUIRRE cite 2? cas de primo-infection tuberculeuse à porte d’entrée cutanée :
1° Une fillette de 5 ans, de père atteint de tuberculose ouverte en avril 1931, présenta en mars à la joue droite (siège de baisers paternels) une ulcération torpide à bords saillants et violacés. Au début de mai, adénopathie sous-maxillaire du même côté, avec fièvre à 390,