SECTION PREMIÈRE
Réflexions sommaires sur la nature ep le traitement du
choléra- morbus de Paris.
Il est un fait qui ne sera contesté par personne, savoir que pour la détermination complète et rigoureuse de la nature d’une maladie, la connaissance de la cause directe , immédiate , essentielle de cette maladie, constitue
CHOLÉRA-MOllBUS.
une donnée de la plus haute Importance, Celle donnée est d’autant plus précieuse pour la solution du problème, que la maladie dont il s’agit de sonder la véritable nature, affecte une- marche plus impétueuse et entraîne plus rapidement la mort. On conçoit, en effet, que, dans ce dernier cas, il peut arriver que la maladie notlaissc après elle aucune trace de son existence, ou que, du moins, elle n’en laisse que des traces trop superficielles, trop fugitives, pour que nous puissions tirer un grand parti de cette exploration cadavérique, qui, dans des cas différents, quand elle est fécondée par un esprit juste et pénétrant, répand de si vives lumières sur la difficile question de la nature des maladies.
Le choléra-morhus épidémique de Paris rentre-l-il dans la catégorie des maladies dont la cause essentielle et sine qud non nous est connue? Quel est le médecin, qui, la main appuyée sur sa conscience scientifique, oserait répondre par l’affirmative? Il faut le proclamer hautement, le véritable agent sous la mortelle influence duquel le choléra-morbus est venu fondre sur nous avec la rapidité de la foudre, s’est jusqu’ici complètement dérobé à nos moyens d’investigation. Nous voilà donc privés, pour la solation du problème que nous nous proposons, de la donnée dont nous avons signalé plus haut toute la valeur. Et pour quei’ien ne manquât en quelque sorte , à la difficulté de cette solution, il se trouve, d’une autre part, que le choléra-morbus paraît, au premier coup d’œil, se ranger précisément parmi ces maladies, qui, en raison de leur marche fougueuse et très promptement funeste , glissent sur les organes sans y laisser de pi’ofondes empreinies. Cependant, sous ce dernier rapport, que les médecins se rassurent : une cinquantaine d’ouvertures de cadavres faites avec un soin scrupuleux et dans un es-