GUÉRISON
§. I*' Cas recueillis à l'hôpital de la Pitié, dans le sermce
des hommes.
Première Observation.
Choléra-morbus asphyxique; plus tard, accidents typhoïdes. — Infusion le'gèrede café'; sangsues; saigne'e ; limonade gommée à la glace; glac^ sur la tète ; vésicatoires aux jambes. — Guérison.
Charpentier, âgé de quarante-deux ans , couverturier, fut apporté dans la salle des cholériques, le 8 avril, au milieu de la nuit. Depuis quatre jours il avait du dévoienrienl, lorsque tout-à-coup , le 8 avril , sur les cinq heures , les symptômes de choléra se manifestèrent avec une extrême violence. Lorsque nous vîmes le malade à la visite du 9 , il était arrivé au plus haut degré du choléra ; le pouls avait cessé d’être sensible aux radiales , le visage et les extrémités étaient froids et violets ; vomissements et déjections alvines pathognomoniques, crampes dans les mollets (1).
(t) Le jour où cc malade fut pris du choléra, il était allé à Chaillot voir
l'Jl
cuoléka-morbus.
Nous avions peu d’espoir de sauver ce malade. Je prescrivis l’application de vingt sangsues sur le ventre , des demi-lavements avec la décoction de racine de guimauve et de tôles de pavots , les frictions , l’application de boules chaudes et la diète. (Limonade gommée à la glace et une tasse d’infusion de café , qui ne fut pas vomie. )
10. Amélioration, un peu de sommeil. (Vingt sangsues à l’épigastre. )
11. Assoupissement, injection des yeux. (Vingt sangsues au-dessous des apophyses mastoïdes. )
12. Ce malade est plus éveillé; une seule selle; les urines commencent à couler; langue^ecouverte d’un enduit blanchâtre, bouche pâteuse, soif vive; chaleur de la peau à peu près naturelle ; le pouls est bien revenu , assez développé, et ne bat que soixante-cinq fois par minute. (Vingt sangsues sur l’abdomen , cataplasme et lavements émollients , diète. )
i5. Cessation des vomissements, des selles et des crampes; la soif est encore vive. ( Continuation des mêmes moyens, les sangsues exceptées , plus un julep gommeux et deux petits bouillons coupés. )
i4. Le malade dit n'avoir ni selles, ni vomissements, et s’être bien trouvé des bouillons qu’il a pris. ( On le fait transférer à la salle des convalescents. )
Cependant, le x6, les yeux sont injectés, rouges, chassieux ; le malade est plongé dans un état de stupeur très prononcé; son ventre est douloureux, sa voix faible, voilée; quelques selles dans la nuit; langue sèche, rouge; soif. Ces accidents typhoïdes nous alarment d’autant plus que, récemment, nous les avons vu nous enlever quelques ma-
uu de ses parents atteint de cette maladie , et qii'il trouva dans un étal voisin de l’agonie. II se retira vivement frappé, et en revenant à Paris , il éprouva des dcfaillancps; ce fut après un dîrier, qu’il ne put achever, qu’eclalèrent chez lui les phénomènes caractéristiques du choléra-morbus.
CHOLÉi\A-MORBU8.
lades qui avaient échappé aux symptômes cholériques primitifs. (Une saignée de trois palettes , glace sur la tôle, vésicaloires aux jambes; diète; limonade citrique gommée, a la glace. ) '
17. La saignée n’a fourni qu’une palettte de sang ; 1 assoupissement est moins considérable ; l’amélioration est sensible: néanmoins les yeux sont encore rouges, la soif vive, l’appétit nul.
18. L’amélioration est plus marquée, le malade est plus réveillé, il se trouve bien. (Deux bouillons, quelques cuillerées de gelée de groseilles. )
19. Le mieux se soutient; la langue est hulnide ; la rougeur et l’état chassieux de l’œil se dissipent ; il s’est écoulé une certaine quantité de matière purulente par les oreilles. La convalescence nous paraît enfin tout-à-fait décidée. ( Bouillon et deux potages. )
20 et 21. La convalescence marche franchement ; l’œil est clair, sans l'ougeur, parfaitement nettoyé ; le teint s’arilme , la voix est complètement revenue, le sommeil tranquille, le pouls et la chaleur de la peau à l’état normal. (On augmente la dose des aliments, et on sèche les vésicatoires. )
22 et 23. Notre malade mange la demie; il se promène et reprend ses forces.
Voilà un exemple de ces guérisons que l’on n’oblieut qu’avec une extrême difficulté. Du reste, elles causent au médecin une satisfaction proportionnelle aux soins qu’elles lui ont coulés et aux craintes qu’il a éprouvées.
Il® Observation.
Cholcra-morbns semi asphyxique. — Infusion légère de café; saignée,
sangsues ; boissons à la glace. — Cessation des symptômes cholériques ;
appaiitiou des symptômes typhoïdes. — Nouvelle saignée; émollients;
bain ; diète. — Guérison.
Bonardiii , âgé de quaranle-ucuf ans, journalier, d’une
caoLjiaA-MOhBus.
vigoureuse constitution , brun , fut apporté le 5 avril , au soir, dans le service des cholériques (salle Salnt-Athanase , n® 45 ). Ge jour-là même , sur les quatre heures après midi, une heure après avoir bu une certaine quantité de vin et d^eau-de-vie , Bonardin avait été pris de vomissements , de déjections alvines liquides , claires comme de Feau , avec crampes , etc. '
Le 6, à la visite du matin, voici quel était son état : yeux excavés, teinte violette peu marquée , refroidissement médiocre, un peu de, sueur visqueuse, pouls petit, fréquent (cent pulsations par minute); voix altérée, intelligence parfaite; urines nulles, langue blanchâtre, humide , soif ardente , pas de vomissements depuis l’entrée , mais déjections alvines claires, presque continuelles, crampes très fortes. (Une saignée de quatre paletl^es, 4o sangsues sur l’abdomen; frictions sèches , lavem. gulm. et pav.; diète, limonade à la glace pour boisson ). — A la visite du soir, peudechangement; crampes se font sentir même dans les muscles de l’abdomen*. (L*es muscles droits se dessinent sous forme de cordes roldes, dures et tendues. ) On fait prendre au malade une tasse d’infusion de café.
7 au matin. La voix, naturellement forte et sonore, est moins altérée que la veille; les déjections alvines continuent; il y a eu deux vomissements ; le pouls est encore petit; le malade dit se sentir un peu mieux. (Limon. , glac. , petit-lait, un bain; bouillon coupé.)
8 au matin. Vomissement d’une grande quantité de bile verdâtre, deux selles dans la nuit , étourdissements, pouls toujours petit.* (Eau à la glace que le malade préfère à toute autre boisson. )
Q au matin. Le malade a moins vomi; il a eu deux selles et a uriné pour la première fois depuis son entrée; iléprouve encore 'quelques crampes. (Un bain.)
CHOLÉRA-MOBBUS.
Le lo. Assoupissement, sommeil agité, pendant lequel les paupières à demi-fermées, laissent entrevoir le globe de l’œil tourné en haut ; selles liquides ; hoquet continuel et très fatigant. (20 sangsues à l’épigastre.)
Le 1 1. Mêmes symptômes. (Vingt sangsues sur l’abdomen, julep avec tin demi-grain d’acétate de morphine.) Le hoquet cessa après l’application des sangsues; mais ce symptôme reparut dans la soirée , lorsque le malade eut pris un bouillon non prescrit; l’assoupissement existe encore; les yeux s’injectent; état typhoïde commençant.
12, Le hoquet paraît calmé, langue rosée et humide, soif, point de vomissements, une selle. (Solution de sirop de gomme à la glace , un bain tiède , lavements , diète absolue).
1 5. Bien que le malade soit encore dans un état assez inquiétant , on le fait passer de la salle des cholériques dans celle de la clinique, où sont nos convalescents. (Un bouillon coupé.)
i4, au matin. Le hoquet est revenu dans la nuit et a persisté jusqu’à trois heures du matin ; les yeux sont encore hijectés, un peu chassieux, cependant la tendance à l’assoupissement est moins prononcée; pouls à 88, un peu faible; chaleur de la peau à peu" près naturelle; les urines coulent bien. Nous remarquons dans le crachoir des crachats sales, les uns puriformes , les autres jus de pruneau; la respiration s’dfetend , quoiqu’un peu obscurément, dans toute l’étendue de la poitrine. (Trois bouillons.)
i4, au soir. L’injection des yeux, la persistance d’une stupeur encore assez marquée m’engagent à faire pratiquer, une saignée de trois palettes.
1 5. La tête est plus libre; le malade dit n’avoir pas dormi ; il répond nettement et avec gaîté aux questions qu’on lui ad resse. Il demande constamment des aliments; les crachats sont toujours puriformes et assez abondants. (Bouillon, deux crèmes de riz. )
CnOLÉRA M0BBU8.
i6. Le hoquet est encore revenu dans la nuit; d'ailleurs, le malade se trouve bien, les crachats prennent un meilleur aspect, sont muqueux, opaques, blanchâtres et non puriformes. (Un œuf, eau vineuse. )
Les jours suivants, la convalescence est lout-à-fait décidée. On donne le quart, puis la demie d’aliments et quelques tasses de lait. Le malade se lève ; il se promène dans la cour, le 22, époque à laquelle il était complètement guéri.
La guérison de Bonard in a été fort laborieuse , et nous avons eu souvent les craintes les plus vives qu’il ne succombât aux accidents typhoïdes. Il nous a déclaré de son côté que, placé entre deux malades qui tous les deux avalent péri , après avoir été dans un état semblable au sien , il s’ctalt regardé comme voué à une mort inévitable. Du reste, l’idée de la mort n’a jamais effrayé celte homme , d’un courage vraiment extraordinaire. Le 26, nous avons demandé à Bonardin s’il se souvenait bien de ce que nous lui avions fait les premiers jours ; il nous a répondu qu’il n’en conservait qu’une idée assez confuse.
IlL Observation (i).
Choiera aspliYxi<}ue •, plus tard, délire. — Saignée, sangsues; infusion de café, puis boissons froides ; lavements émollients. — Guérison.
Legorju ( Noël ) , garçon de peine à la pharmacie de la Pitié, âgé de quarante-huit ans, d’une complexlor^faible , est tombé malade de pleurésie, il y a trois mois; mis dans la division de M. Andral, il guérit. Convalescent encore, il reprit son service, le 24 mars dernier. Le 5 avril, après son repas ordinaire , il fut pris d’un dévoiement et de vomissements , qui durèrent, sans s’arrêter, jusqu’au 7 avril à sept heures du matin. Il avait continué son ouvrage jusqu’au 6 au soir. Nous l’examinâmes à son entrée à la salle Saint-Athanase, n“ 4g. Il présentait les symptômes sui-
(1) Recueillie par M. Grenier.
CnOLERA-MORBUS.
vanls : froid Jes extrémllës et du visage; les mains et la face violettes ; des crampes très douloureuses affectent la face et les membres supérieurs et inférieurs ; la soif est intense ; point de sueur. L’intelligence est parfaite, le moral n’est pas affecté. Pendant la visite, un accès de crampes. Une luxation de la mâchoire inférieure s’opère pendant les efforts de vomissements (la bouche s’ouvrant alors largement): on la réduit. L’épigastre et l’abdomen sont très douloureux à la pression. Les urines sont supprimées; le pouls radial est imperceptible. On frictionne le malade , on le réchauffe avec des boules d’eau chaude , et trente-six sangsues lui sont appliquées sur l’abdomen. (Solution s. gom., catapl. sur l’abdomen , lav. guim., pavot. ) La prostration et le froid étant extrêmes , ou lui administre trois onces d’infusion de café , qu’il n’a point vomi.
Le soir , les douleurs abdominales sont diminuées , le dévoiement et le vomissement .continuent , mais sont moins fréquents. Le malade demande pour tisane une décoction de riz avec sirop de coings, qu’on lui accorde ; on lui continue les frictions, et à dix heures du soir, on lui réduit une nouvelle luxation de la mâchoire, survenue de la même manière que la précédente.
Le 8 , au matin , le pouls est relevé , le vomissement est presque nul, le dévoiement aussi; les urines ne sont pas encore revenues, mais l’état général est satisfaisant ; le visage a perdu sa coloration cholérique, et l'on juge convenable de passer le malade aux convalescents, service de clinique, salle Saint-Joseph, n“ 2. On lui donne pour boisson une solution de sirop de gomme. ( Gatap. ém., lav. guim., pavot. ) Le soir, le mieux continue.
Le 9 , de mieux en mieux ; le vomissement et le dévoiement ne reviennent plus. On tient le malade encore à la diète , et comme il éprouve encore un peu de douleur à l’é-
CHOLÉBA-MOnBUS.
pigaslre, on lui fail prendre uii julep avec laudanum dixhuit gouttes. ( Lavem. ém. Gatapl. ém. ; solut. s. gom. )
Le lo, l’état est de plus en plus satisfaisant. Sur les instances du malcule , on lui accorde deux bouillons. Du reste , prescription de la veille, moins le laudanum.
Le soir , les bouillons avaient donné lieu à deux vomissements verdâtres.
Le 1 1 , la douleur à l’épigastre est plus vive ; vingt sangsues sur cette région. ( Gatapl.; lav.; sol. s. gom., deux p. et la diète absolue. ) Le soir , les urines coulent pour la première fois.
Le 12 , les symptômes de. la veille ont cessé ; le pouls est normal; l’cpigaslre n’est plus douloureux; les urines sont abondantes. (Sol.s. gom. ; catap.; lav. On continue la diète et un bain est prescrit. )
Le soir, le malade s’est levé; il éprouve un peu de faiblesse.
Le 1 3, complètement convalescent. La faim est très grande; trois bouillons.
Le soir , le malade a pris ses bouillons avec plaisir et appétit. Il est resté levé. presque toute la journée.
Le i4 , le demi-quart ; un bain. Au sortir du bain , il est pris d’un délire qui persiste le i5 , quoique peu marqué; ce délire est calme ; visage rouge. ( Suppression des aliments; limon.; saignée de trois palettes; lavement purgatif.) A quatre.heures, le malade n’a plus de délire. Le caillot de la saignée est recouvert d’une couenne d’un blanc grisâtre, et nage dans une sérosité assez abondante.
Le i6 , le malade va bien. (Bouillons, potages.)
Les jours suivants , on augmente graduellement les aliments, sans que le malade en éprouve aucun dérangement.
Les 22 et 23, il mange la demie, se promène et reprend ses forces. La guérison est complète.
CHOLERA- MOUBUS. IQ
• IV® Observation.
Choléra-morbus d’une intensité moyenne, senü-asphyxigue. — Saign(îe.
Application réile'rée de sangsues ; laudanum à faible dosej boissons
froides. — Gue'rison assez rapide.
Descliez-Leprêtre , âgé de trente-huit ans, journalier, d’une forte constitution , occupant, dans la rue de Bussy, une chambre propre et bien aérée (au cinquième étage) , fut apporté dans nos salles de cholériqueà , le 5 avril ; il n’était malade que de la veille. Ce jour-!à, à dix heures du matin , il avait mangé, à Tauberge, une soupe grasse, du bœuf entrelardé et bu un sélier de vin. Dans la soirée, il éprouve un malaise cpii l’empêche de sou^fer. Le dévoiement se déclare sur les huit heures , accompagné d’une soif vlv?. Une vingtaine de selles liquides eurent Heu dans la nuit, Dans la matinée du jour de sqn entrée , gargouillement dans le ventre, coliques légères, douleurs dans les mollets (i). Voici quel était sou état , à son arrivée , à dix heures moins un quart du matin : aballement général; découragement; crainte de succomber à sa maladie; visage d’une teinte plombée; yeux médiocrement excavés; froid léger du visage, de la langue et des extrémités ; trouble de la vue ; bourdonnement dans les oreilles; voix très faible, voilée; quelques crampes dans les mollets; pouls très petit, enfoncé; langue humide; désirs de boissons froides ; douleur à l’épigastre , augmentant à la pression; pas de vomissements; quelques coliques; persistance des déjections alvmes. (Le malade dit avoir uriné il y a environ une heure.)
Prescription. Vingt sangsues à l’épigastre ; frictions avec l’alcool camphré; lavement, laudanum gutt. xlj ; potion antispasmodique; limon, citriq. gomm,; diète.
Le 6, peu de^changement. Le malade est toujours vivement frappé du danger de sa maladie. (Une saignée du bras;
( i) On lui fait prendre du lhe et une tasse de lait qu’il vomit^
CHOLÉRA-HORBVS.
vingt sangsues au siège ; solution de sirop de groseille froide. )
Le 7 , les selles sont beaucoup moins multipliées ; la peau est chaude; le pOuls développé (8o pulsations par minute); douleur dans le flanc gauche ( i5 sangsues sur la région douloureuse. Solut. de sirop de gros., petit-lait; calapl. émoll.; lavement ; un peu de bouillon coupé ).
Le 8 , à la visite du matin , le malade se trouve bien; cessation du dévoiement. On le fait passer da«ns la salle des convalescents.
9, 10 et 11. La convalescence ne se dément poinl. Il échappe aux symptônieq|| typhoïdes dont furent atteints d’auti^s cholériques que nous avions fait passer également dans le service des convalescents. Malgré le vif désir qu’il a des aliments, on ne lui permet que du bouillon et un ou deux potages très clairs. On continue les boissons rafraîchissantes. ,
Le 1 2 , il urine bien ; son sommeil est bon , la tête parfaitement libre; ni selles, ni vomissements. On lui donne le demi-quart d’aliments.
Le ivO , il prend un bain chaud, dont il se trouve très bien. (Le quart.)
Le i5, il mange la demie.
Le i6. il est complètement rétabli, et on lui accorde sa sortie.
V® Observation (i).
Choléra (Tune inlensilé moyenne, terni- aspyxique. — Application de
sangsues ; laudanum à dose modérée ; boissons froides ; lavements et cataplasmes émollients. — Guérison.
Milleur (Antoine), homme de peine à l’hôpital de la Pitié , éprouvait, depuis le premier avril, une douleur constante à l’épigastre, l’appétit avait cessé en même temps ; il continuait son ouvrage , quoique faible , et la nuit il avait des sueurs
(i) Recueillie par M. Grenier.
CUOLERA-MOhllUS.
abondantes. Il vit un mëdecin de la maison , qui lui conseilla du repos , la diète et des boissons émollientes ; il exécuta la prescription, sauf le repos. Dans la nuit du 7 au 8 , la douleur devint très vive , accompagnée de picotteraents le long des côtes asternales. Il entra le malin, 9 avril, salle St- Joseph, ns 4. L’épigastre était très douloureux à la pression; la teinte du visage était un peu foncée , sans être tout-à-fail violette ou bleuâtre. (Trente sangsues à l’anus, julep, laudanum vingt gouttes, cataplasmes, lavements de guimauve et pavot, et la diète.) — Le soir à quatre heures, céphalalgie, des coliques très vives , une soif ardente ; des vomissements et des selles liquides ont assailli instantanément le malade : il s’est trouvé de suite très faible et dans un danger injminent. L’élève de garde appelé , a ordonné seulement deux sinapismes ; sous leur influence le pouls, qui avait presque entièrement disparu, s’est relevé ; mais les selles et les vomissements ont continué avec toute leur violence, jusqu’au lendemain neuf heures à la visite. Ce jour-là, nous l’avons trouvé très faible, mais avec un pouls passable, le visage meilleur; les selles et les vomissements avaient diminué : la céphalalgie persistait (on lui applique vingt sangsues, tant à l’épigastre que sur l’ombilic. Solution sirop de gomme à la glace, cataplasmes, lavements, diète). Le soir, les évacuations alvines avaient cessé; toujours douleur à la tête; et des hoquets sans vomissement fatiguent beaucoup le malade.
Le 10 au matin, les hoquets continuent, la céphalalgie est toujours vive (on lui applique dix sangsues au-dessous de chaque apophyse mastoïde ; lavements, cataplasmes). Le; soir, les hoquets ont cessé, la douleur de tête s’esl dissipée le malade a faim , on lui permet un bouillon.
Le 1 1 , plus de hoquets, de céphalalgie, un mieux général. (Julep gommeux, solution de sirop de gomme, lavements, cataplasmes, deux bouillons, un potage.)
CHOLÉBA-MOllBUS.
Le 12 , la convalescence est franche (cataplasmes, lavements, deux bouillons, deux potages).
Le i3 très bien ( un bain , trois bouillon s , trois potages.)
On augmente les aliments le i4 et le i5, et le malade sort, le i6, parfaitement gu(5ri.
§ ir. Cas de guérison recueillis dans le service desfemmâs.
VI® Observation.
Chole'ra-morbus asphyxique. — Application répétée de sangsues , eau
pure et glace pour boisson ; cautérisation rachidienne. — Gue'rison.
Victoire Dagot, employée à la lingerie de l’hôpital de la Pitié, assez robuste, âgée de vingt-deux ans , d’une constitution sanguine, ressentit, le 9 avril, les premiers symptômes du choléra, et fut placée salle Notre-Dame, n<> 7 (service de la clinique). La nuit précédente, elle avait été prise de dévoiement , de vomissements et de crampes. (Limonade à la glace édulcorée'avec le sirop de gomme, vingt -cinq sangsues au siège , lavements et cataplasmes émollients, diète. )
10. Visage un peu violet, pouls petit (Trente sangsues sur l'abdomen ). La malade trouve toutes les tisanes trop sucrées, et demande avec instance de l’eau vineuse, que la religieuse de la salle lui accorde , et qu’elle vomit aussitôt après l’avoir prise. Dans la nuit, les crampes sont très vives, et la malade ne cesse de pousser des cris qui ont troublé le sommeil de toutes les autres malades de la salle.
11, à la visite du matin. Les crampes persistent ; visage violet, froid, ainsi que les mains; yeux cernés , excavés ; pouls radial imperceptible ; voix presque entièrement éteinte ; langue rosée, froide; soif ardente. Ce matin, la malade, au milieu d’une sorte de délire, s’csl efforcée de s'habiller comme pour sortir; continuation des vomissements et des slles cia ire» comme d e l’eau.
CHOLJBBA-MORBU8.
L’étal de celte malade ne nous laissait que peu d’espoir. Pour ranimer la circulation et rappeler la chaleur, nous eûmes recours à la cautérisation rachidienne, opération pendant laquelle la malade s’agita violemment en poussant des cris de douleur des plus perçants. A la visite du soir, le pouls des radiales était revenu, quoique très faible et comme capillaire; le visage était moins violet, les extrémités moins froides.
la, à la visite du matin. Pouls moins sensible qu’hier soir, soif ardente, vomissement de l’eau qu’elle prend en trop grande quantité, continuation des selles; la malade s’agite , se découvre , l’entrée des narines est sèche et pulvérulente’, l’épigastre douloureux; des éructations fatigantes alternent avec les vomissements; elle trouve toujours ses boissons trop sucrées, et ne veut plus boire que de l’eau froide; elle prend de temps en temps quelques morceaux de glace qu’elle croque avec une espèce d’avidité. (Quinze sangsues à l’épigastre; cataplasmes émoll. sur la même région.)
13. Vomissement d’un liquide bilieux, d’iz/z vertd’étang’, persistance de la douleur épigastrique. Je prescris quinze sangsues à l’épigastre; mais l’éruption des règles ayant eu lieu, elles ne furent pas appliquées.
14. Amélioration considérable; visage d’un beau rose, exprimant la gaîté; yeux animés, moins enfoncés; langue rouge , un peu sèche , nette ; soif encore assez vive ; trois selles dans la nuit ; pouls assez développé, souple , fréquent (un bain pour favoriser l’écoulement menstruel).
i5 et i6. La malade va de mieux è» mieux: cessation des salles et des vomissements; appétit, nulle douleur; les règles coulent encore.
17. La convalescence fait des progrès. ( Trois bouillons , . quelques cuillerées de gelée de groseille. )
18 et 19, La malade mange le quart.
choléra-morbus.
20, elle demande sa sortie; on l’engage à rester quelques jours encore pour reprendre des forces. Elle sort enCn le 23, le visage frais et vermeil, et ne conservant absolument aucun reste d’une maladie qui l’a mise à deux doigts de la tombe.
VU® Observation.
Choléra-morbus asphyxique. — Caulérisalion 'rachidienne ; une tasse de
légère infusion de café ; application réitérée de sangsues. — Guérison.
Leleu (Marianne), employée à la lingerie de l’hôpital de la Pitié, âgée de vingt-quatre ans, d’une bonne constitution , éprouvait depuis huit jourj un dévoiement, pour lequel elle n’avait rien fait, lorsque tout-à-coup, dans la soirée ,du i4 avril , les selles devinrent beaucoup plus copieuses et plus fréquentes. (Dans la journée, la malade n’avait mangé que des potages, et bu de l’ean rougie. ) A minuit, des vomissements se joignirent aux déjeclions'alvines, et des crampes se firent sentir avec violence. Le i5, à sept heures du matin , la malade fut placée salle Notre-Dame , n° 5. Lorsque nous la vîmes, à dix heures et demie, le visage et les mains étaient froids et d’un beau violet bleuâtre; le pouls radial avait entièrement disparu ; voix excessivement faible, sépulchrale , suivant l’expression de M. Broussais; yeux profondément excavés, entourés d’un cercle noirâtre ; sclérotique rouge, sèche, comme meurtrie au-dessous du demicercle inférieur de la cornée transparente (sécheresse de cette dernière membrane); persistance des selles claires, des vomissements et des crampes ; entrée des narines pulvérulente ; haleine frfiide ; respiration très faible. La pression du ventre est douloureuse, sur-tout dans la région épigastrique.
Prescription. Une tasse de légère infusion de café , qu’elle a prise avec plaisir et sans la vomir; cautérisation rachidienne; réchauffer et frictionner les membres; limonade
CBOLERA'UORBUS.
eîtrîque à la glace; diète. -—-A noire visite du soir , sur les quatre heures, la malade était réchaulFée; teinte violette moins foncée; pouls très sensible aux radiales, mais filiforme, battant cent huit fois par minute; douleur dans la région épigastrique et hypochondriaque. Un seul vomissement, depuis la visite du <natin , et pas de selles. (Vingt sangsues sur l’épigastre; quart de lavement émollient bis \ cataplasme laudanisé, après la chute des sangsues.)
i6 au matin. Une seule selle, depuis hier ; vomissement d’un demi-verre environ d’une bile d’un vert cPétang ; langue blanche au milieu , rosée sur les bords. La malade se sent mieux , attribue les principaux honneurs de cette amélioration au café qu’elle a pris, et en demande une nouvelle tasse qui lui est refusée. — Le soir, stupeur très marquée ; yeux généralement injectés , comme ecchymosés vers l’angle interne; profond abattement. (Seize sangsues au-dessous des apophyses mastoïdes.)
17. Pouls toujours faible, mains un peu froides, yeux encore rouges , langue un peu sèche; pour peu que la malade boive en trop, grande abondance, elle rejette ses tisanes; il y a en de plus, vomissement d’un bon verre de bile verte; la douleur épigastrique persiste ; les crampes ont cessé. ( Ut suprà , morceaux de glace , que la malade laissera fondre dans sa bouche. )
18. Tête lourde, visage injecté, découragement, langue lîn peu sèche; ni vomissements, ni selles ; les urines commencent à couler. L’assoupissement et la rougeur du visage étant plus prononcés à la visite du soir, ou applique quinze sangsues sur le ventre.
19. Visage moins rouge, ventre souple et indolent, soif, point de vomissement depuis hier soir. ( Mômes boissons ; diète. )
20. Pouls assez développé, à soixante-dix-huit puisât.; v isage animé. ( Douze sangsues à l’épigastre. )
CHOLÉRA-MOnBUS.
21 et 22. Amélioration progressive; le visage est moins rouge, la stupeur presque nulle; les urines coulent bien. Le 22 à cinq heures , la malade se promène dans la salle; elle est très faible , mais son courage renaît depuis qu’elle sent qu’elle va heaueoup mieux. (Bouillons coupés.)
25, 24- 2Ô. La convalescence poursuit paisiblement sa marche; le pouls, la température de la peau , la respiration , les fonctions intéllectuelles sont dans l’état le plus satisfaisant. L'appétit est de plus en plus vif; le sommeil est bon; la teinte violette du visage a définitivement fait place à une couleur vermeille. Le 23, on accorde des potages, le 24, le huitième d’aliments, et le 2Ô, le .quart. La guérison est complète.
VIII® Observation.
Cboléra-morbus asphyxique chez une femme grosse de sept mois. — Avortement ; délire. — Infasiou de café; sangsues au-dessous des apophyses mastoïdes ; cautérisation rachidienne ; glace sur la tète. — Guérbon presqu’inespérée et prompte.
Valentin (Rosalie), âgée de vingt -huit ans, d’une très forte constitution, d’un caractère violent, marchande de volaille, demeurant rue Perdue, n" 5, fut apportée le*io avril dans le service des cholériques (salle du Rosaire, n° 35 ). Cette femme, grosse de sept mois, avait du dévoiement depuis six jours, et depuis deux , des vomissements et des crampes. A partir de l’apparition de ces derniers symptômes, elle n’a plussentl remuer son enfant.
1 1 , à la visite du matin. Visage et extrémités froids, violels, bleuâtres; pouls très difficile à sentir soif ardente ; continuation des .selles, des vomissements et des crampes. ( Quinze sangsues avant l’entrée.)
Nous prévoyons un très prochain avortement, et un pronostic des plus graves est porté. *
Prescription. Une tasse de légère infusion de café, solution de sirop de groseille à la glace, un julep gommeux, un
quart (le lavement trois fois par jour, diète. — Sur les quatre heures du soir, il survient des douleurs comme pour accoucher, av?c rougeur des yeux et délire. L’avortement a lieu à deux heures après minuit. (L’enfant est mort.)
12, à la visite du matin. Agitation , persistance du délire. (Elle ne nous reconnaît pas. ) Etat comateux ; injection vive des yeux; pouls peu développé, offrant de fréquentes intermittences ; langue rouge. (Cautérisation de la région rachidienne , le reste ut suprà. )
T 3. La malade répond nettement aux questions : stupeur moins prononcée; langue recouverte d’une couche jaunâtre; soif vive; pouls faible, petit, inégal^ intermittent; chaleur modérée de la jjeau ; dévoiement sans vomissements ; il s’écoule en abondance, par le vagin, un liquide sanguinolent ou du sang pur, ce qui nous fait ajourner les émissions sanguines. ( Glace sur la tète , boissons à la glace , lavements, cataplasmes, diète).
i4. La connaissance est complètement revenue; nulle douleur dans le ventre, mais céphalalgie très forte avec<endancc au coma ; deux selles dans la nuit ; point de vomissements (seize sangsues au-dessous des apophyses mastoïdes ; le reste ut suprà^ Les sangsues coulent abondamment, et le i5 , il y a une amélioration générale , en même temps que la céphalalgie et l’injection des yeux ont diminué.
16. La malade va de mieux en mieux; la peau est fraîche, le pouls assez développé , sans Intermittences ( 80 pulsations) ; lèvres sèches; langue rouge, assez humide; soif encore vive; un peu d’injection d.es yeux. (Petit bouillon coupé. )
17. Nulle douleur, la malade urine ; état très satisfaisant. (Transférée dans la salle des convalescentes. )
18. Urines abondantes : la convalescence fait des progrès. (Deux bouillons, un potage. ) Les seins n’ont été le siège ni
^8 choléra-mobbus.
de douleurs , ni de gonflement ; l’cîcouiement lochial n’a présenté rien de particulier.
9. Langue humide, nette, rosée; bon appétit; visage d’une coloration vermeille. (Un huitième d’aliments. )
20 et 21. On augmente la quantité d’aliments; la malade nous répète souvent qu’elle nous doit la vie.
Le 22, à. la visite du soir, je la trouvai fondant en larmes; elle venait de recevoir la nouvelle que sa mère avait succombé à l’épidémie.
23 et 24. Son chagrin se calme; il ne survient d’ailleurs aucun accident, La mahide est parfaitement guérie. Elle sort le 27.
IX® Observatiow.
Choléra asphyxique (vomissement de vers lombrics) ; plus tard , accidents typhoïdes. — Infusion de café; application réitérée de sangsues; glace sur la tête; boissons à la glace; un vésicatoire à la j ambe. — Guérison complète , après une convalescence des plus laborieuses. ♦
Gaudefroy ( Adrlenne ) , âgée de .cinquante-quatre ans , journalière, d’une assez bonne constitution, demeurant rue Mou'ïFetard , n» 282 , fut apportée dans le service des cholériques le 12 avril, à huit heures du matin. Depuis quatre à cinq jours elle avait du dévoiement. La veille de son entrée, les selles avaient considérablement augmenté, et il s’y était joint des crampes et des vomis'semcnts. Vingt sangsues lui avaient été appliquées sur l’épigastre.
Au moment de son arrivée , elle était froide et le pouls radial , tout-à-fait insensible. Nous lui fîmes prendre une tasse d’infusion légère de café, qu’elle ne tarda pas à vomir, à ce qu’elle nous rapporta plus tard. (Petits lavements émollients , amylacés ; cataplasmes sur le ventre ; frictions ; réchauffement des membres; limonade citrique à la glace; diète.) ^
i3.0n trouve trois vers lombrics dans le vase qui contient la matière des vomissements; les selles, sont moins
CHOLÉnA-MORBUS.
fréquentes ; le pouls radial est sensible à droite et pas encore à gauclie; la teinte violette du visage est peu marquée ; langue rosée, humide; soif continuelle, ardente; désir des boissons froides , non sucrées. (I jimonade gommée à la glace , infusion de café ; plus tard , julep gommeux avec dix-huit gouttes de laudanum, cataplasmes sur le ventre, diète.)
14. Vomissements; selles liquides; pouls sensible aux ^ deux artères radiales , mais petit , fréquent ; œil rouge . injecté, un peu chassieux ; chaleur de la peau à peu près naturelle ; langue rouge à la pointe et sur ses bords ; soif insatiable. (Vingt sangsues à l’épigastre, lavements de racine de guimauve et amidon , cataplasmes ; même boisson. ) La malade désespère de son état.
15. La malade se trouve moins mal ; son visage est rouge , l’œil toujours injecté; langue rouge, nette, pas trop sèche; soif moins vive, point de selles ni de vomissements , mais le hoquet a succédé à ces derniers; pouls à quatre-vingt-douze pulsations , tendance à l’état comateux.
16 au matin. Nulle douleur au ventre ni à la tête , bien que les yeux soient encore injectés ; assoupissement moindre ; la malade a uriné deux fois. Ni vomissements , ni selles. — Le soir, retour de la stupeur , et de l’assoupissement, augmentation de l’injection des yeux. (On prescrit la glace sur la tête ; mais, au lieu de l’appliquer à cette malade , la sœur de la salle l’applique à la malade d’un lit voisin. )
1 7. On applique enfin une vessie de glace sur la tête , et il en résulte une notable diminution des phénomènes de stupeur.
1 8. L’amélioration est telle que je fais passer la malade dans la salle des convalescentes.
19. Langue sèche, râpeuse, rouge, encore de la stupeur et de l’injection des yeux , qui sont recouverts d’une couche légère de mucus. (Vésicatoire à la jambe droite, solution de sirop de groseilles, cataplasmes sur le ventre, diète. )
CH0LÉRA-M0RBU8.
20. La malade est plus re'veillée, elle désire des aliments. Pouls à soixante-seize pulsations , chaleur modérée de la peau ; le vésicatoire a bien pris , quoiqu’il n’ait causé aucune douleur. (Trois bouillons.)
21 et 22. Plaques rouges, sorte d’érythème aux coudes sur lesquels la malade est restée souvent appuyée ; yeux encore un peu chassieux et injectés. La malade, naguères si triste , si inquiète de son -état , est maintenant gaie et dit qu’elle n’a plus besoin que d’aliments. ( On augmente graduellement la quantité de ceux-ci. )
23 et a4. Elle mange le quart et digère facilement. Les yeux , fréquemment lavés avec une décoction de racine de guimauve, sont revenus à leur état normal; sommeil tranquille ; retour des forces ; visage d’un teint assez frais ; langue humide, rosée, tout -à-fait nette.
Sortie le 2 5 avril.
X® OBSERVATIOIf.
Choléra asphyxique. — Infusion légère de café ; application de sangsues ; boissons à la glace ; sulfate de kinine en lavement ( huit grains). — Guérison rapide.
La nommée Logue , âgée d’une quarantaine d’années , fut apportée dans la salle çles cholériques, le 6 avril (salle du Rosaire , n® 33). Deux jours avant son entrée , la maladie avait annoncé son invasion parle dévoiement et des vomissements. Au moment où Logue fut reçue à l’hôpital , elle offrait les symptômes du choléra parvenu à la période algide ou asphyxique. Après lui avoir fait prendre une tasse d’infusion légère de café, on la mit à l’usage delà limonade à la glace. (Lavements émollients; cataplasmes sur le ventre; réchauffer et frictionner les membres. ) Les vomissements, ainsi que les déjections alvines , se répétèrent à des intervalles très rapprochés; de violentes crampes dans les membres tourmentèrent la malade et le pouls radial devint tout-à-fait insensible.
CHOLÉRA-MORBUS. 3l
7. à la visite du matin. La chaleur est revenue; le pouls» est sensible, mais petit et fréquent (120 pulsations ); les déjections liquides continuent ; les vomissements ont cessé. (Quinze sangsues sur le ventre, cataplasme laudanisé apres la chute des sangsues; un quart de lavement avec huit grains de sulfate de quinine ; solut. de sirop de gros, à la glace; un pot de petit-lait ; diète.)
7 ,à six heures du soir. La malade est dans un état d assoupissement et d’affaissement , (jui nous engage à lui faire prendre une nouvelle tasse d’infusion légère de café (quatre onces environ). Il survient aussitôl après , quelques nausees sans vomissements.
8. Les vomissements ont reparu, les selles continuent encore , le pouls est petit et faible. (Solut. sirop de gros. ; lavement émoi. ; catapl. ; diète.)
9. Amélioration sensible ; les vomissements, les selles et les crampes ont cessé ; le pouls est toujours très petit. Je fais passer la malade dans la salle des convalescentes.
1 0. La convalescence se confirme. (Un bouillon.)
1 1. Le bouillon a bien passé. ( Bouillon , potage.)
12. La malade a dormi tranquillement; elle urine ; elle n’a ni vomissements, ni selles liquides; la chaleür de la peau est bonne; le pouls à l’état normal (demi-quart d’aliments ).
Les jours suivants ,^on augmente graduellement la quantité d’aliments, et la malade sortie 16, parfaitement guérie.