CHOLÉRA-MORDUS
les aslriugents les plus divers; les vomitifs (émétique, ipécacuanlia): les purgatifs(le calomel); les narcotiques à do^e énorme ; les émissions sanguines; les boissons à la glace , les boissons chaudes; rinspiratlon du gaz oxygène, du chlore et du protoxyde d’azote; à lextérieur , les applications d’une chaleur très vive ou les affusions froides ,\ les frictions sèches, mercuriel les ou autres; l’acide hydrophtorique lui-même; l’électricité et même le magnétisme, etc., etc.; en un mot, toutes les armes que renferme l’arsenal de notre matière médicale, ont été pour ainsi dire aiguisées et dirigées contre l’épidémie. Pour fermer ce vaste cercle thérapeutique, il restait cependant encox’e quelque chose à faire; et ce qui restait à faire consistait précisément à ne^ rien faire contre le mal , à rester ti’anquille spectateur de ses affreux i*avages; c’est une tâche qu’il était réservé à M. Castel de remplir , et dans la dernière séance de l’Académie de médecine , notre honorable collègue est venu vanter les merveilleux effets de cette médecine négative , comme on avait déjà célébré les heureux succès de chacun des mille etun systèmes de thérapeutique active employés jusqu’ici.
Hé bien î que se hasardera de faire aujourd’hui le praticien qui pour la première fois se trouvera en présence d’un ennemi aussi l’edoutable que le choléra-morbus ? Se bornera-t-il à contempler, avec M. Castel, l’espèce de lutte qui s’est engagée entre cet horrible mal et les puissances de vie qui nous animent? Aura-t-il l'ecours aux toniques, aux excitants ; ou bien, au contraire, aux moyens antiphlogistiques? o.u bien euûn , adoptant une méthode mixte, ou le système de bascule thérapeutique, pour nous servir de l’expression de M. Broussais, ferat-il concourir à la guérison et les excitants et les antiphlogistiques? Je n’ai point en ma possession les pièces nécessaires pour juger le grand procès thérapeutique que
CHOLEn &-MORSUS.
la présence du choléra-morbus a soulevé parmi nous; et d’ailleurs il ne m’appartiendrait pas déporter un jugement en dernier ressort sur une affaire d’ün ordre aussi élevé.
En attendant que le temps et les faits , bien pesés et bien comptés, aient posé d’une manière invariable les bases du seul traitement qui convienne au cboléra-morbus, je me contenterai de rapporter ici quelques-unes jdes observations qui me paraissent déposer en faveur de l’emploi des émissions sanguines, surtout locales, sagement pratiquées; lorsqu’on a toutefois pi'éliminairement rappelé la cbaleur et le pouls au moyen des excitants extérieui's, en tête desquéls je place la cautérisation rachidienne , et peut-être aussi par l’administration de quelque léger excitant intérieur, tel qu’une infusion de café très faible, par exemple. (Je dis , peut-être , parce que , malgré les cas de guérison dans lesquels j’ai employé le café, je ne suis pas encore suffisamment convaincu de ses avantages, au moins chez tous les cboléi’iques indistinctement). On verra par le détail des observations, quels sont les autres moyens secondaires que nous avons mis en œuvre concurremment avec ceux qui viennent d’être signalés et spécialement les émissions sanguines dont M. Broussais, dans ses deux fameuses Leçons , a fait ressortir déjà les avantages, avec cette puissance de talent qui le distingue (i).
(i) M. Petit a proposé le premier , comme on sait , une sorte de repassage de la colonne vertébrale. La cautérisation rachidienne que noos ayons employée , n’est pas un simple repassage qui se borne à rougir un peu la peau , et que l’on peut répéter .sçpt à huit fois par jour. Une fois pratiquée , noos n’avons plus, de nouveau, recours à la cautérisation rachidienne. Toici , d’ailleurs , le procédé suivant lequel nous l’opérons ; Nous appliquons tout le long du rachis une bande de flanelle on de laine , large de deux à trois pouces, préalablement trempée dans un savonule composé d’un mélange à parties égales d’ammoniaque et d’huile essentielle de térébenthine; noos promenons ensuite un fer à repasser, très chaud , sur celte liandy, jusqu’.i production d’une long'ie eschare superficielle.
CHOLKBA-MOBBUS. ’ *
Presque tous les cas de guérison que l’on va lire, sont l'elalifs à des cholériques qui ont été atteints d une manière si grave que les chances de mort 1 emportaient , a notre avis, d’après les premiers faits dont nous avions été témoins, sur celles de guérison. Telle est, cependant, l’espèce de bizarrerie ou de caprice qui semble régir un grand nombre des faits de la médecine, que nous avons vu les mêmes moyens qui nous ont réussi chez divers malades, échouer sur d’autres, placés, en apparence, dans des conditions qui n’élaient pas plus défavorables. Aussi, sous le rapport dont il s’agit, est-ce à bon droit qu on a dit que notre art ne repose que sunnune somme plus ou moins grande de probabilités.