‹ Quelques Réflexions sur la Rachianesthésie Basse d'après 8123 observations recueillies à l'Hôpital Sadiki de TunisChapitre 10 sur 18 · LES · texte numérisé non relu

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exacte, car souvent fugace, il peut passer inaperçu. En général tout s'arrête là et les troubles rétrocèdent rapidement, soit spontanément, soit après injection de tonicardiaques.

Mais parfois ces troubles peuvent s’exagérer au point d'entraîner de l’anxiété chez le malade. Ce dernier est quelquefois simplement nauséeux et accuse des troubles rappelant le mal de mer, D’autres fois, cette symptomatologie vagale peut aller jusqu’au vomissement. On peut constater un ou plusieurs vomissements, en règle générale jamais plus de trois. Ces vomissements surviennent le plus souvent après deux ou trois efforts infructueux et sont constitués par un liquide aqueux, mêlé de mousse et de bile. Lorsqu'ils surviennent, ils peuvent troubler pour un temps le silence abdominal. Mais en général, ils cèdent rapidement, et l’opération n’est pas interrompue plus de deux à trois minutes. Cet accident rétrocède rapidement par injection de tonicardiaques et les chirurgiens qui le connaissent bien maintenant, ont appris à ne plus s’en inquiéter. D’où son nom d'orage de la vingtième minute.

Dans notre statistique, cet accident est signalé 146 fois sous le titre : nausées et vomissements. Cette proportion de 1,8 % nous semble un peu faible et nous nous demardous s’il a toujours été consigné Ceci tendrait à prouver sa bénignité.

Dans dé rares cas, l'incident ne s’arrête pas là et les troubles circulatoires peuvent prendre nettement le dessus, qu’il y ait eu ou non nausées ou vomissements. Le pouls peut devenir arythmique et le malade angoissé a des tendances lipothymiques qui peuvent aboutir à la perte de connaissances et même à la séncope. Les vertiges et lipothymies sont

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signalés 25 fois dans notre statistique Mais disons de suite que souvent ces troubles sont très difficiles à évaluer, d’autant plus que le malade angoissé et obnubilé répond inal à nos questions.

Nous avons eu l’occasion de parler des pertes de connaissance à propos des anesthésies rachidiennes généralisées et nous n’y reviendrons pas. Quand cette perte de connaissance s’accompagne d’un arrêt du cœur et de la respiration, le malade est en syncope. Lorsque celle-ci se produit, la respiration est si superficielle qu’il est très difficile de dire s’il y a arrêt respiratoire ou non. Dans l’affirmative, il est malaisé de dire si l’on se trouve en présence d’une syncope cardiaque ou respiratoire. Celle-ci, néanmoins, semble exceptionnelle car nous n’avons jamais observé de syncopes bleues.

De pareils incidents, nausées, vomissements et alertes syncopales peuvent survenir tout aussi bien avec les autres modes d’anesthésie.

À la fin de l'intervention, le malade est ramené dans son lit. Il sera nécessaire de le faire surveiller. Disons tout de suite que cette surveillance est beaucoup plus facile que celle des malades éthérisés ou chloroformisés. En effet, d’abord les malades opérés sous rachianesthésie ont à ce moment toute leur présence d'esprit et s’entretiennent avec leurs voisins de lit. De plus, l'intervention finie, il s’est déjà écoulé au minimum une demi-heure depuis l’injecüon anesthésique et il semble, qu’à de très rares exceptions près, l’imprégnation toxique soit déjà en

voie de décroissance ou tout au moins en voie de stabilisation. À Sadiki, la surveillance est faite par les garçons de salle qui, tout en s’acquittant de cette mission, continuent à vaquer à leurs occupations journalières.

L'analgésie dure au moins trois bons quart d’heure. Îl est rare de la voir écourtée. C’est dire que notre méthode lombaire permet de mener à bien la majorité des interventions sous-ombilicales. Quelquefois, anesthésie peut persister parfaite pendant une heure et même une heure et demie. Puis elle décroit en disparaissant d’abord aux endroits qui ont été analgésiés les derniers. L’anus et le périnée sont les endroits qui retrouvent les derniers leur sensibilité. Pendant deux à trois heures, il persiste à ce niveau, une analgésie qui, sans être suffisante pour l'acte chirurgical, permet aux malades de ne pas souffrir. Ce n’est guère en effet avant deux ou trois heures de l’après-midi, que nos malades opérés de l'anus en fin de matinée réclament leur morphine.

Cette persistance de l’insensibilité devra nous rendre prudent lorsque l’état du malade nécessite l'emploi de bouillotes. On a en effet, dans ces cas, signalé des brûlures graves, mais nous n’avons Jjamais eu à en déplorer.

La surveillance du malade, jusqu’à récupération complète de la sensibilité, n’est pas nécessaire. Dès que l’analgésie commence à régresser, on peut être sûr que la période des accidents immédiats est terminée. Le malade entre, en effet, dans une période beaucoup moins dangereuse. Néanmoins, pendant quelques jours, il devra garder le lit et rester sous la surveillance d’un médecin averti. Il sera exposé à

des incidents post-opératoires, moins graves que

les précédents, mais qui pourront néanmoins-troubler son repos.

* Ke Parmi ces INCIDENTS POST-OPÉRATOIRES, les plus pénibles pour le malade sont de beaucoup les céphalées. |

Cet incident est signalé 167 fois dans notre statistique, soit une proportion de 2 % environ. Dix-sept cas de céphalée nous sont personnels, et en voici les observations :

Salah ben Mabrouk. Age : 42 ans. Origine : Ksour-Essaf.

Le 27-2-32 : Cure radicale d’une hernie inguinale droite.

Rachianesthésie : Injection de 2 cc. d’une solution de vérocaïne à 5 %, suivie d’une injection sous-cutanée de 2 cc. d’une solution de caféine à 1 pour 400.

Le 29-2-32 : Céphalée : Injection intra-veineuse de 10 cc. de sérum hypersalé à 20 %. Disparition immédiate de la céphalée.

Le 12-3-32 : Le malade quitte l’hôpital, guéri.

Mohamed ben Baker, 21 ans. Le Caire.

Le 11-3-32 : Cure radicale d’une hernie inguinale droite.

Rachianesthésie : Vérocaïne : 2 cc. Caféine : 2 cc.

Le 14-3-32 : Céphalée : 10 cc. de sérum hypertonique salé à 20 %.

Cédation immédiate.

Sorti guéri le 2-4-32.

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Belgacem ben Mohamed. 56 ans. Béja.

Le 29-4-32 : Cure radicale d’une hernie inguino-scrotale gauche.

Rachianesthésie : Vérocaïne : 2 ce. Caféine : 2 cc.

Le 3-5-32 : Céphalée : 10 ce. de sérum hypersalé à 20 %. Guérison immédiate.

Le 9-5-32 : Sorti guéri.

Hamida ben Mohamed. 51 ans. Mateur.

Le 30-4-32 : Cure radicale d’une hernie inguino-scrotale droite.

Rachianesthésie : Vérocaïne : 2 cc. Caféine : 2 cc.

Le 2-5-32 : Céphalée : 20 ce. de sérum hypertonique salé à 10 %. Cédation immédiate.

Le 30-5-32 : Sorti guéri.

Ali ben Hadj. 35 ans. Siliana.

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