‹ Quelques réflexions sur le Bureau de santé et sur l'assainissement de Montréal [microforme]Chapitre 2 sur 6 · ER RE · texte numérisé non relu

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piste comprend mieux maintenant le véritable but de la science qui est de relever la constitution physique et morale du peuple.

Un Conseil d'Hygine et de Salubrité, par conséquent, a pour mission principale de protèger la santé publique contre l'indifférence, la mauvaise volonté, l’ignorance et le mercantilisme d’une partie de la population. Son utilité, son indispensabilité même dans une ville est parfaitement démontrée par l'importance vitale des mesures sanitaires qui s'imposent à la considération de tout homme réfléchi, et dont la mise en pratique est d’une absolue nécessité pour assurer le bien-être de l'individu comme de la société.

Jettons un regard rapide sur les questions relatives à l'hygiène et à la salubrité publiques.

lo L’assainissement de la ville et des habitations ;

20 Les mesures à prendre contre les maladies endémiques, épidémiques et contagieuses ;

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20 Les épizooties ;

40 La propagation de la vaccine. Les rapports et les travaux des vaccinateurs ;

5o L'organisation et la distribution des secours médicaux aux malades indigents;

60 La salubrité des établissements industriels, des écoles, des hôpitaux, maisons, des prisons, des asiles, etc....;

7o Les questions relatives aux x enfants trouvés ;

80 La qualité des aliments ;

90 Le classements des établissements industriels au point de vue leur nocuité ;

10 Les mesures à prendre pour améliorer les conditions sanitaires de la population ouvrière ;

1lo Les travaux d'utilité publique :

constructions des maisons particulières, d'édifices publics ; les cimetières, les égouts, la voirie : |

120 Les causes de la mortalité.

Toutes ces questions qui forment, en quelque sorte, les affaires courantes d'un

Conseil d'Hygiène et de Salubrité, réclament l'office d'hommes qui, à raison de

a se

leurs études spéciales ou de leurs travaux habituels, s'occupent d'hygiène.

En effet, il faut des études sérieuses et.

constantes à chacun des hauts fonctionnaires, et une surveillance active Cans l'administration de l'hygiène et de la salubrité publiques pour pouvoir agir avec discernement.

Notre ville est malsaine, c'est incon-testable ; les chiffres de mortalité nous en donnent une preuve irréfutable. Pourtant son site est des plus favorisés de la. nature.—Les causes de son insalubrité sont nombreuses ; mentionnous les plus.

puissantes.

L'état de malproprété des cabinets d’aisance des classes pauvres, et le maintien.

du système de vidange par les fosses fixes

constituent des causes de dangers perma--

nents pour la santé publique. (1)

(1) Pour opérer la vidange des fosses fixes, Montréal devrait accepter le procédé de vidange inodore, système Talard. Il est basé sur l’action de la pression atmosphérique, laquelle agit sur

les matières à extraire pour les précipiter dans des-

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Notre ville possède je canalisation d’égouts qui mérite de nombreux repic- | ches. Dans un grand nombre de rues, les égouts, au lieu d'être des agents d’assainissement, sont des fosses immondes de forme allongée, constituant un danger éminent pour la santé comme le démontrent les odeurs qui soulèvent le cœur près des bouches d’égouts.

Nos plombiers, pour la plupart, igncrent les préceptes de l’hygiène, et ne connaissent même pas l'importance de cette science. Aussi les dispositions des appareils sanitaires des habitations sont plus

tonnes hermétiquement closes dans lesquelles ont fait le vide sur le lieu même de l'opération au moyen d’une puissante pompe pneumatique à bras ou à vapeur. L'appareil à vapeur remplit une tonne en trois minutes : avec l’appareil à bras il faut 5 à 7 minutes pour remplir une tonne de 15,00 à 2000 litres. Ajoutuns que le tuyau d'aspiration des matières est diaphane à son entréedans la tonne et que l’on peut voir tout ce qui se pendant l'opération, De plus, les gaz délétères sont brulés par le foyer de la locomutive ou

un autre foyer accompagnant la pompe à bras. Il en résulte que ce procédé ne laisse échapper aucune odeur, et qu’il satisfait à toutes les conditions exigées par les prescriptions hygiéniques."”

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ou moins défectueuses. Le drainage des maisons, les tuyaux de vidange, les siphons intercepteurs d’égout, les siphons disconnecteurs, water-ciosets, tuyaux de chutes, éviers, lavabos, baïgnoirs, ventilation de tous les tuyaux, ne réalisent nullement les recommandations hygiéniques.

L'Hôpital Civique de Montréal n’a pas

éte plus favorisé. du côté de l'hygiène.

C'est un déplorable état de choses qui est loin de faire honneur à notre ville.

La disposition générale de l'hôpital, la manière dont ilaété fait, le système de ventilation, les systèmes de waters-closets (carilyen a plusieurs), le système de chauffage, puis la présence, non loin de là, d’une grande mare d’eau sont tous en guerre ouverte avec les lois de l'oxpiène moderne.

On a voulu laisser dans l’oubli ceux.

qui prennent à cœur l'hygiène dans ses rapports les plus humanitaires avec la société, avec la perssane, et. cela au détriment de ces infortunés malades bannis

LL 1 pour ainsi dire des rapgs de la société.

Quelle ingratitude 1 *

Ro 1e NE AR “ La santé de l'ouvrier, a dit un grand homme d'état, lord Beaconsfeld, est un problème social qui prime tous les autres.” ee soi | Il y à beaucoup à faire dans notre pays et en pticulier à Motréal pour amélio.

rer fes conditions san taires de la population ouvrière. La mission est pleine de patriotisme, il faut l'accomplir. Les efforts des autorités sanitaires de Montréal doivent tendre à demander qué le travail de l'onvrier s'accomplisse dans des conditions plus inoffensives et plus en rapport avec la dignité dé l’homme.

H'y a donc nécessité d'un classement des établissements industricls au point de vue de leur nocuité, e! d’une observance minutieuse des prescriptions hygiéniques en rapport avec le degré d’insalubrité de

chacun d'eux. | | CUS

Un cri d'alarme a été poussé, à y a

se LD ms:

quelques jours, par toute la presse montréalaise. Les chiffres de mortalité créent de légitimes appréhensions pour notre population et prouvent peu en faveur de l’état sanitaire de notre ville.

Pourquoi cette clameur générale contre l'état de santé de Montréal ?

Ah ! je comprends. C’est qu’on ouvre aujourd’hui les yeux sur le gaspillage de la vie qui résulte de l'absence dans les familles des notions précises sur l’art de se ronserver, sur l'hygiène domestique envisagée dans les conditions de salubrité et de commodité de l’habitation, dans sa bonne tenue et sa propreté. C’est qu’on comprend que le miasme humain produit par l'encombrement de la population ouvrière dans des logements exigus, malpropres et insalubres, que les conditions anti-hygiéniques où se passe la vie montréalaise favorisent puissamment la propagation des maladies.

Ces considérations nous rappellent la nécessité de l'étude des causes des maladies qui déciment nos rangs. C'est une

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tâche immense el. pleine de renseignements pour l'hygiène et la salubrité publiques. C'est le travail d'un homme dévoué à la science de l'hygiène.

Au nom de l'humanité je réclame lattention de notre édilite montréalaise sur .ce point le plus important dans Fhygiène

municipale.

Ilest une autre question que je ne traiterai pas ici faute de renseignements .

exacts, mais qui captive vivement mon attention ; je veux parier des Enfanrs trouvés. La rumeur veut que le chiffre

‘la mortalité chez ces pauvres petits soit de 96 pour 100. Ce chiffre est tellemen: mcastrueux qu’il me parait exagéré. Cependant un sentiment d’humanité veut que nous nous intéressions à "EUX:

En hygiène administrative il y a deux manières d'intervenir : le système répressif et et le système préventif.

Le premier laisse les particuliers, les industriels construire sans contrôle de la part du Conseil d'Hygiène. Mais aussitôt

qu’il y a atteinte à la propriété voisine ou à la santé publique, FANROrIRe parle, agit.

On voit de suite tout le tes côté de ce système,

L'autre système, préventif, préludarit par une étude approfondie des conditions dans lesquelles la maisons doit être cons-

ruite, l'atelier doit fonctionner, autorise.

ou rejette la demande. |

On comprend l'avantage d'aller au dedant du dauyer, d'empêcher des dépenses inutiles, des préjudices et même des accidents. N'est-ce pas dans cette voie quela salubrité publique doit être exercée. par le Conseil d'Hygiène ? |

Maintenant une fois démontrés la nécessité et les avantages inconstestables pour une ville d’un Conseil d'Hygiène et de Salubrité, il faut dans l'administration,

se PF

pour assurer son bon fonctionnement, des hommes qui, à raison de leurs études, ont fait preuve de savoir en hygiène, ou par leurs travaux habituels, peuvent s'occuper Ge cette science.

Notre Bureau de Santé est tout à fait impropre dans l’accomplissement de la mission qui lui est confiée. Malgré tout le bon vouloir, malgré toute la compétence * de M. Laberge, médecin officier de santé, ce Conseil n’aura jamais l'efficacité d’action désirée.

. Pourquoi cela ?

Parce qu’il n’a pas les éléments quilui sont absolument indispensables pour répondre à toutes les exigences de la situation.

Deux éléments distincts, mais se rencontrant nécetsairement dans le domaine de l'hygiène, doivent constituer les basses d'opération de tout Conseil d'Hygiène et de Salubrité. Le premier de ces éléments, quiest la partie scientifique, exige des médecins hygiénist:s pour être parfaitement comprise,

L'autre élément, qui a aussi son importance, requiert des hommes qui, par la nature de leurs travaux habituels, accomplissent dans un Conseil d'Hygiène la.

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