‹ Quelques réformes dans les écoles primairesChapitre 19 sur 51 · i. Riant, De Vhygiène dans lesécoleSf p · texte numérisé non relu

i. Riant, De Vhygiène dans lesécoleSf p

SIXIÈME QUESTION. — Quels devraient être les émoluments attachés à la fonction de médecin inspecteur?

Ya-t-il lieu d'attribuer à ces médecins un traitement fixe et annuel^ ou bien serait-il préférable de les rémunérer au moyen d'un jeton de présence par chaque visite ?

Quelle devrait être la valeur de ces jetons de présence?

Nous avons dit que nous reprendrions l*examen du système de M. le rapporteur au Conseil général de la Seine au point de vue financier. Avec ce système, en admettant que les visites aient lieu chaque semaine , il y aurait , pour le médecin, ou pour les médecins inspecteurs, lieu de faire annuellement M visites dans chaque établissement scolaire (nous déduisons huit semaines pendant lesquelles, soit à raison des vacances ou de toutes autres causes les visites ne seraient point faites). Notre arrondissement compte, ainsi que nous l'avons vu, 35 établisse*

110 QUIilLQUËS KÉFOUMËS

ments; donc il y aurait un total de 2540 visites

par année scolaire. Les visites, rétribuées ainsi que le propose M. Hovelacque, sur le pied de cinq francs chacune, entraîneraient pour notre arrondissement une dépense annuelle de 12 700 francs. En ne prescrivant que des visites tous les quinze jours, la dépense serait de moitié et se réduirait à 6350 francs.

Quelle serait la dépense avec la classification que nous avons établie? Nous avons, vous vous le rappelez, établi trois catégories d'établissements scolaires : pour les premiers, qui contiennent plus de 1000 enfants, il y aurait lieu, suivant nous, à établir une rétribution fixe pour chacun des deux médecins de 10 francs par visite ; pour les seconds, qui comptent moins de 1000 enfants et plus de 500, la rétribution serait aussi de 10 francs par visite; enfin, pour les troisièmes, qui contiennent moins de 500 enfants, la rétribution serait de 5 francs seulement. Il nous a paru logique et raisonnable de ne pas donne rades services différents, tout à fait inégaux entre euxy

un salaire uniforme et de payer le médecin & proportion de sa peine et de son travail.

Ce système n'a pas seulement l'avantage d'Atre plus équitable et de reposer sur une répartition plus juste des services entre les différents médecins ; il est, en outre, moins dispendieux que celui de M. Hovelacque.

Nous avons vu que les établissements de la première catégorie renfermant plus de 100U enfants sont au nombre de 4 (nous proposons d'y attacher 8 médecins payés 10 francs par visite); — que ceux de la deuxième catégorie, renfermant moins de 1 000 enfants et plus de 500 sont au nombre de 9 (nous proposons d'y attacher 9 médecins payés 10 francs pour chaque visite); — enfm, queceux de la troisième catégorie renfermant moins de 500 enfants sont au nombre de 7 (nous proposons d'y attacher 7 médecins payés 5 francs par visite). Il en résulte que l'ensemble des médecins appelés à visiter tous nos établissements scolaires présente un effectif de 24.

En admeltant que l'inspection ait lieu tous les

huit jours (ce que M. Hovclacque dans la fin de son rapport, contrairement aux indications du commencement, craint d'être trop coûteux), il y aura, pour les 17 médecins attachés aux établissements de la première et de la deuxième catégorie lieu de faire, pendant M semaines, un total de 748 visites. Ces 748 visites, au prix de 10 francs chacune, présenteront une dépense de 7480 fr. Les 7 médecins attachés aux établissements de la deuxième catégorie feront, pendant 44 semaines, 308 visites qui, au prix de 5 francs chacune, formeront un total de 1540 francs. Le service médical hebdomadaire des écoles du XP arrondissement coûtera 8020 francs. Nous sommes loin, on le voit, du chiffre de 12 7C0 fr.

Si, contre nos préférences, l'administration ne prescrivait l'inspection médicale que tous les quinze jours, il y aurait lieu de réduire ce chiffre de moitié et le service général ne coûterait plus que 4010 francs.

Nous avons vu quelle devait être la rétribution attribuée aux médecins; il ne nous reste plus qu'à

déterminer si le traitement doit être fixe et annuel ou consister dans un jeton de présence. Ici nous sommes heureux d'être tout à fait d'accord avec la commission du Conseil général qui a repoussé à l'unanimité l'idée d'un traitement fixe, et pensé que la rétribution représentée par un jeton de présence créait des garanties beaucoup plus sérieuses. Reste à Ravoir si l'objet matériel du payement devra consister en un véritable jeton de présence ou en un bon donnant droit à la valeur que représente le jeton ; mais nous avouons que cette question ne mérite pas d'arrêter notre examen plus longtemps. Toutefois, nous faisons remarquer que le médecin ne pourra avoir droit à son jeton de présence, c'est-à-dire au prix de sa visite, que pour toute inspection effective et suivie des indications exigées par le registre médical et que les délégués cantonaux devront veiller à l'observation de cette règle.

SEPTIÈME QmSTlO^.— Quelles seraient en fin les précautions à prendre pour empêcher que

les enfants atteints de maladies contagieuses rentrent à Vécole avant leur guérison complète et risquent ainsi de communiquer la contagion à leurs camarades ?

Le règlement des écoles (titre III, art. 2) prescrit que : « Avant d'admettre un enfant, l'instituteur s'assure qu'il a été vacciné ou qu'il n'a pas eu la petite vérole et qu'il n'est point atteint de maladies ou d'infirmités de nature à nuire à la santé des autres élèves. » Ce principe est assurément très bon; mais comment le mettre à exécution dans la pratique? L'instituteur peut réclamer le certificat de vaccine, l'exiger, l'examiner, mais si ce certificat ne porte pas de date, il ne sera qu'une pure feuille de papier, ne prouvant rien et ne donnant aucune garantie. La science reconnaît aujourd'hui que la variole peut atteindre plusieurs fois le même sujet; il faudra donc, à défaut de la mention de la date de la vaccine, que l'instituteur fasse venir les parents ou l'un deux, et, après interrogation sur ce point, mentionne de

sa main sur le certificat la date de l'opération. Nous recommandons l'usage de cette pratique chaque fois et aussi longtemps que les certificats de vaccine ne porteront pas de date. Ces certificats ainsi complétés devront être remis aux médecins inspecteurs, qui les mentionneront sur leurs registres et auront à examiner s'il ne convient pas d'ordonner une revaccination. L'instituteur peut aisément se conformer aux dispositions du règlement en ce qui concerne la variole, mais par quel moyen, grâce à quel critérium peut-il reconnaître que l'enfant est atteint de maladies ou d'infirmités « de nature à nuire à la santé des autres élèves »? Nous n'ignorons pas qu'on a conseillé de donner aux instituteurs des notions générales de médecine pratique et d'hygiène courante; qu'on voudrait (et l'idée assurément mérite d'être encouragée) mettre entre leurs mains des ouvrages traitant de l'hygiène scolaire et remplis d'indications générales et topiques sur les symptômes et les marques extérieures des maladies de l'enfance. Mais,

disons-le franchement, on ne pourrait obtenir par de pareilles mesures, quelque avantageuses, d'ailleurs, qu'elles fussent à la santé des enfants, le moyen sûr, incontestable, de constater des maladies ou des infirmités, d'autant plus malaisées à reconnaître qu'elles se produisent ou plutôt se cachent chez des malades en bas âge, presque toujours sobres de renseignements et incapables de guider les recherches du médecin. Ajoutons, enfin, qu'il arrive souvent que les hommes de l'art font des erreurs de diagnostic et que ces erreurs que courent le risque de commettre des médecins seront la règle pour les instituteurs forcément incompétents et inexpérimentés. Il faudrait, selon nous, prescrire d'une manière générale et absolue que tout enfant, avant d'être admis à une école publique quelconque, devrait être examiné par le médecin inspecteur et déclaré par lui être d'une bonne santé et exempt de maladies ou d'infirmités de nature à nuire à la santé des autres élèves. Cette déclaration serait faite sur papier libre, remise à l'insti-

DANS LES ÊCOLKS PRIMAIRES. \%i

luleur avant l'admission de Tenfant, et consignée sur le registre médical de Técole.

Ce système, suivant nous, pourrait et devrait être mis en vigueur chaque fois que Tenfant se serait absenté de la classe pour cause de santé.

Quel qu'ail été le temps pendant lequel l'enfant est resté éloigné de l'école, si celte absence a duré au moins cinq jours, il ne pourrait y rentrer qu'après la visite du médecin ou avec un certificat médical.

Voici dans quelles conditions ce certificat serait remis à l'enfant :

1** 11 pourrait émaner facultativement du médecin qui a soigné la dernière maladie. En ce cas, il serait remis au médecin inspecteur de l'école qui, après en avoir pris connaissance et l'avoir approuvé, serait tenu de le contresigner. L'enfant, muni de ce certificat, pourrait être reçu à l'école.

2° 11 pourrait directement être demandé au médecin inspecteur qui, en aucun cas, n'aurait le droit de se refuser à l'examen de l'enfant. — La délivrance du certificat serait l'objet d'une

\U QUELQUES RÉFORMES

rétribution fixe d'au moins 2 francs ; cette somme viendrait s'ajouter au traitement fixe et aux jetons de présence accordés au médecin inspecteur.

En exigeant d'une façon absolue, et sans admettre d'exception, que tous les enfants qui se sont absentés de l'école pour raison de santé soient obligés de se présenter à l'inspection médicale ou à se munir du certificat délivré par le médecin inspecteur attaché à l'école, on éviterait, sans aucune espèce de doute, tous les risques que font courir à la santé de leurs camarades les maladies contagieuses, et l'on tarirait la source de toutes ces fièvres qui, si souvent, compromettent et affaiblissent les plus robustes constitutions. Le certificat médical ne se présente pas seulement comme un élément de progrès, mais constitue une mesure de salut public. Quand le service médical que projette le Conseil général de la Seine n'aboutirait qu'à ce résultat, il rendrait le plus signalé des services aux enfants de nos écoles.

Il convient maintenant de résumer les avis que votre commission a l'honneur de vous soumettre et de proposer à votre approbation :

1** Combien de fois par mois chaque établissement devrait-il recevoir la visite du médecin ?

Chaque groupe ou chaque établissement scolaire devrait recevoir la visite du médecin inspecteur chaque semaine.

S"* Quel est le nombre des établissements (écoles des garçons^ écoles des filles ou salles d'asile) dont un même nvédecin pourrait être chargé ?

Il conviendrait d'attacher à chaque groupe ou à chaque établissement scolaire un ou deux médecins, suivant la situation, Timportance ou la capacité de chaque établissement.

3° Quel serait en conséquence le nombre de médecins inspecteurs à nommer dans votre arrondissement ?

Huit médecins inspecteurs devraient être

iî6 QUELQUES RÉFORMES

nommés pour les quatre groupes ou établissements scolaires comprenan t plus de 1 000 enfants ;

Neuf médecins pour les établissements comptant moins de 1000 enfants et plus de 500;

Sept enfin pour les établissements renfermant moins de 500 élèves.

4" Est-il indispensable que les médecins chargés de rinspection médicale des établissements sco^ laires habitent V arrondissement où cette fonction leur est confiée ?

Il n'est pas indispensable que les médecins inspecteurs habitent notre arrondissement ; mais il serait conforme à l'intérêt des enfants, des familles et du budget de la Ville que les médecins fussent choisis de préférence parmi les médecins qui composent notre délégation cantonale et, en deuxième lieu, parmi les médecins qui exercent dans notre quartier.

5* Quels seraient les moyens de contrôle à

adopter pour s'assurer que Vinspection médicale

est faite et avec soin ?

Les principaux moyens de contrôle consistent

dans la tenue régulière el consciencieuse d'un registre médical amélioré et dans la rédaction d'un rapport mensuel adressé au président de la délé gation cantonale ; enfin dans la surveillance exercée par les membres de la délégation sur l'observation de ces formalités.

6"* Quels devraient être les émoluments attachés à la fonction de médecin inspecteur ?

Y a-t'il lieu d'attribuer à ces médecins un traitement fixe et annuel^ ou bien serait-il préférablede tes rémunérer au moyen d'un jeton de présence par chaque visite ?

Chaque inspection médicale devrait être rétribuée d'un façon différente et proportionnée au nombre et à l'importance des groupes et établissements scolaires. Dans les établissements de la première et de la deuxième catégorie, chaque visite donnerait lieu à un jeton de présence de 10 francs, et dans ceux de la troisième catégorie à un jeton de présence de 5 francs.

7* Quelles seraient enfin les précautions à prendre pour empêcher que les enfants atteints de

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maladies contagieuses rentrent à Vécole avant leur guérison complète et risquent ainsi de communiquer la contagion à leurs camarades ?

Aucun enfant, après une absence d'au moins cinq jours, ne pourrait être reçu à l'école qu'après s'être présenté à l'inspection du médecin ou s'être pourvu d'un certificat médical remis directement ou visé par le médecin inspecteur attaché à l'école.

Qu'il nous soit permis, Messieurs, en terminant ce rapport déjà beaucoup trop étendu, de joindre nos vœux à ceux du conseil général de la Seine, et de remercier à l'avance la Direction de renseignement primaire de l'empressement qu'elle mettra à réorganiser, sur des bases inébranlables, un service si utile et si fécond en résultats favorables au bien-être matériel et moral des enfants de nos écoles *.

\. Les conclusions de ce rapport ont été presque toutes adoptées, et mises en vigueur par des arrêtés préfectoraux dont on trouvera les dispositions à V Appendice, p. 263.

PROJET

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