‹ Quelques réformes dans les écoles primairesChapitre 18 sur 51 · SS · texte numérisé non relu

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Mais quelle conclusion tirer de ces chiffres? C'est que, à raison de la variété du nombre des enfants fréquentant nos écoles, il est absolument impossible, comme nous l'avons dît, de suivre une règle fixe, immuable; c'est qu'il faut tenir compte de la nature et du caractère actuel ou futur de chacun de nos établissements. Il y a, dans notre arrondissement, une école de garçons; celle delà rue Morand par exemple, dont la population est aujourd'hui presque aussi forte et deviendra peut-être dans un avenir rapproché plus forte que celle d'un groupe scolaire tout entier. Eh bien ! dans une pareille situation et à raison des renseignements qui résultent du tableau statistique que nous avons établi, nous croyons devoir conseiller à la Direction de l'enseignement primaire de nommer pour les établissements scolaires de la première catégorie deux médecins inspecteurs par établissement, et pour ceux de la deuxième et de la troisième catégorie, un médecin seulement, mais en établissant une différence entre eux dans le quantum de la rétribution :

c'est sur celte rétribution que nous reviendrons tout à l'heure.

QUATRIÈME QVESTlO^i. — E st-il indispensable que les médecins chargés de Vinspeclion médicale des établissements scolaires habitent r arrondissement oie cette fonction leur est confiée?

Nous avons déjà fait remarquer que notre délégation cantonale avait l'honneur de compter parmi ses membres plusieurs médecins tout à fait dignes d'éloges pour le zèle et le dévouement qu'ils ont témoignés aux enfants de nos écoles. Ce sont eux qui, jusqu'à ce jour, se sont occupés, soit de leur plein gré, soit sur la demande du maire ou de leurs collègues de la délégation cantonale, de l'hygiène des établissements scolaires et de la santé des élèves ; ce sont eux qui ont été chargés de recevoir les malades et d'autoriser les convalescents ou les enfants qui réclament des soins tout spéciaux à prendre leurs repas chez

leurs parents. Chacun d'eux, a, dans ces différentes circonstances, agi non en vertu de sa profession, mais en qualité de membre de la délégation cantonale. 11 résulte de ce commerce déjà ancien de nos chers collègues avec les enfants une connaissance très approfondie de l'état matériel de nos écoles, des maladies qu'on a justement appelées maladies scolaires, en un mot, des besoins particuliers de notre arrondissement. Si Ton se place à ce point de vue pour répondre à la quatrième questiop, il nous paraît évident qu'il y a tout avantage à confier aux médecins faisant partie de la délégation cantonale le soin de visiter nos établissements scolaires. Après eux, il nous semble que les médecins du Bureau de bienfaisance qui sont chaque jour appelés à soigner les indigjents du quartier, c'esSà-dire, pour une certaine partie, les parents des enfants de nos écoles et les enfants eux-mêmes, sont mieux placés que tous autres pour remplir la délicate et laborieuse fonction de médecins inspecteurs de nos écoles. Quelque grands que soient ces avantages devons

nous aller jusqu'à dire qu'il est indispensable que les médecins habitent notre arrondissement? Non, évidemment, il n'y a pas là une obligation absolue, inéluctable! Il n'est pas plusindîspensablepoursoigner les enfants de nos écoles de demeurer dans leur quartier qu'il n'est indispensable à un médecin du Bureau central de demeurer dans le voisinage de son hôpital. Toutefois, il nous parait beaucoup plus convenable, beaucoup plus avantageux que le médecin soit choisi de préférence dans notre arrondissement. Le plus souvent dans la classe ouvrière ou dans les familles peu aisées, il n'y a pas de médecin attitré, auquel on soit et qui vous soit attaché. En ce cas, le médecin qui aura le premier signalé la maladie de l'enfant et ouvert les yeux de ses parents en réclamant des soins immédiats, sera le médecin désigné au choix de la famille et le plus apte à rendre l'enfant à la santé! Si le médecin n'habite pas l'arrondissement et ne s'y rend que pour ses inspections tous les huit jours ou tous les quinze jours, il est probabe, ou pourmieux dire, certain, qu'il ne voudra

pas et ne pourra pas se charger de donner des soins àFenfant. Un médecin deFarrondissement, au contraire, ne refuserait pas son ministère ; ses sentiments d'iiumanité se concilieraient plus facilement avec les exigences de sa clientèle.

Voire rapporteur doit ajouter, pour rendre hommage à la vérité, que si votre commission a indiqué sa préférence dans le choix des médecins, elle l'a fait contre la volonté d'un de ses membres qui, à raison de sa qualité professionnelle, a tenu à rester en dehors de l'examen et à ne pas se préoccuper de la solution de cette question.

CINQUIÈME QUESTION. — Quels seraient les moyens de contrôle à adopter pour s'assurer que Vinspection médicale est faite avec soin?

Tous les textes des arrêtés que nous avons cités au début de ce travail ont ordonné l'usage d'un registre médical. Depuis 1836, le registre d'inspection sur lequel sont consignées les observations et les prescriptions du médecin est çoasidéré

comme un des meilleurs movens de contrôle dont puisse disposer l'administration . Ce moyen est assurément excellent et mérite d'être maintenu; mais il faut aller plus loin et élargir le cadre des questions qu'il renferme. Pour être sérieusement renseigné sur l'état sanitaire des enfants d'une école ou d'un arrondissement, ce n'est pas assez que le registre contienne les indications suivantes :

Elèves inscrits.

Présents — malades.

Absents — malades.

Il y a une foule d'autres mentions qui doivent être exigées du médecin et que le registre doit énoncer. C'est ce qu'a compris l'administration quand elle a établi le formulaire du nouveau registre usité dans les salles d'asile. Voici en effet le contexte de ce nouveau registre :

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Il va sans dire que ce registre est de beaucoup préférable à tous ceux qui l'oul précédé; mais il est encore susceptible de changements. Le premier est le plus important de tous (sachons dire franchement le vérité) serait qu'il fût entre les mains de toutes les personnes préposées à la direction des salies d'asile. Or, dans la plupart de ces établissements scolaires le registre n'est remarquable que par son absence, et dans ceux où il existe, les feuilles ne sont presque jamais remplies et les colonnes d'observations sont ou tout à fait exemptes de renseignements, ou cJairsemées d'indications générales et vagues. Dans un semblable état, on comprend aisément que le registre

dont nous avons présenté le con texte est plu tôt trop complet qu'insuffisant ; mais convaincus comme nousle sommes que le moment est proche où le service médical réorganisé portera ses fruits, nous tenons à recommander la confection d'un nouveau registre qui obligera le médecin à fournir des renseignements sur l'état de santé des parents; sur les affections antérieures de l'enfant; sur la date de la vaccination et de la revaccina tion; sur l'état de rétablissement scolaire au point de vue de l'hygiène; enfin sur l'élat sanitaire de l'enfant à l'entrée dans la classe et à la sortie de l'école.

Le registre ainsi amélioré et complété offre des qualités sur lesquelles il est inutile d'insister davantage; mais, nous ne craignons pas de le dire, il ne suffit pas. Pour qu'il produise tous ses effets et son action bienfaisante, il nous paraît nécessaire que le médecin inspecteur adresse chaque mois un rapport sur l'état sanitaire de chaque école. Point n'est besoin que ce rapport soit étendu et contienne de nombreuses pages, il suffit qu'il soit le résumé exact et l'analyse fidèle du

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registre. Grâce à des indicalions succinctes et à des tableaux statistiques sommaires, il n'est pas douteux que l'attention des délégations cantonales ne soit toujours tenue en éveil et qu'elles ne soient mises à même de proposer des mesures tantôt générales, tantôt spéciales à tel quartier ou à tel arrondissement; il n'est pas douteux, enfm, comme le fait très bien remarquer M. Riant*, que € l'administration comme l'hygiène et la médecine de l'enfance ne trouvent dans les réunions de ces documents de très précieux enseignements qu'il serait si facile de recueillir et qui, aujourd'hui, sont négligés et perdus pour la science et la santé publique! »

En ce qui regarde la surveillance de la tenue des registres, il nous semble que les délégations cantonales s'en chargeront volontiers, et qu'aucun délégué ne se refusera à vérifier ces registres et à en rendre compte dans les réunions générales.

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