SIGNES DE LABORATOIRE
10 L'atteinte rénale fut marquée par lassociation albuminurie-cylindrurie et la légère hyperazotémie. Elle fut précoce mais peu grave.
Cependant, sans infirmer les conclusions de CHALLIER dont 7 des cas antérieurement publiés par le Professeur JANBON montrent la réalité, cette atteinte rénale légère suffit pour affirmer la malignité si, comme le font STROE et HORTOPAN, on range parmi les troubles rénaux jusqu'aux albuminuries simples (2). En tout cas, elle
(1) Avec quelques remarques sur les signes rénaux. (2) STROE et HorTOPAX : Recherches cliniques et expérimentales sur la diphtérie maligne. (Voir bibhographie).
ne paraît pas entrer seule en ligne de compte pour le pronostic « qui est conditionné par la forme clinique et non par la teneur uréique » comme l’admettent HERNAN, GONZALEZ, NArIN et CORNÉLIA qui concluent que « cliniquement, plus le chiffre de l’urée est élevé, plus le processus est grave sans qu’on puisse dire qu'une forme maligne avec moins de un gramme soit de meilleur pronostic qu’une submaligne avec plus de un gramme » ; « la diphtérie n’imprimant pas de caractéristiques particulières à l’azotémie ».
29 La glycémie fut de o gr. 70 le 16-10-37 ; 0 gr. 57 le 29-10-37 ; o gr. 68 le 5-11-37 et 0 gr. 52 le 12-11-37.
30 La cholestérolémie oscilla autour de 1 gr. 60 durant le mois d'octobre et atteignit le chiffre de 3 gr. 30 le 5 novembre, c'est-à-dire, le 44€ jour de la maladie, peu après l’apparition de l’acmé du syndrome tardif. Enregistrons le fait qui a fait l’objet de quelques travaux sans conclusion définitive (1).
4° L'étude des éléments figurés du sang nous montra, au cours de plusieurs examens, une anémie légère (jusqu’à 4 millions de globules rouges) et une légère leucocytose (entre 11.600 et 14.200) avec polynucléose (7o à 80 pour cent). .
La numération des plaquettes sanguines nous montra une thrombopénie de 90.000, ce qui confirme la conclusion adoptée, en 1934, par le Professeur JANBON (Voir remarque (1), page 41).
(1) Notamment de LEREBOULLET, POINSO et des auteurs argentins déjà cités.
EE 44 — $ II. Diagnostic de l’angine diphtérique maligne.
Cette riche et grave symptomatologie doit donc permettre un diagnostic certain de diphtérie maligne. Cependant, nous croyons devoir insister sur le fait que, comme MARFAN l’a, depuis longtemps établi à propos de la diphtérie en général, le diagnoshc de diphtérie maligne dort étre un diagnostic clinique (1). En effet, dans le cas qui nous concerne, le premier prélèvement pharyngé fut dépourvu de bacilles de Lœæfler et ce n’est qu’un second prélèvement qui nous montra un exsudat nasal très riche en bacilles de Lœîfler et un exsudat pharyngé en contenant peu. Parmi les signes locaux de diphtérie, signalons l’envahissement de la luette par des fausses membranes blanchâtres qui nous a été d’un utile secours. De même le coryza diphtérique typique servit à nous orienter. Du point de vue différentiel, signalons les deux affections (2) avec lesquelles on pouvait confondre l’angine que nous rapportons. D'une part, la confusion était possible avec un phlegmon de l’amygdale. L,/exposé de l'observation nous montre que l’hésitation nous engagea à pratiquer une ponction qui fut négative.
(x) Le diagnostic de la diphtérie a d’ailleurs passé successivement par trois phases — une première phase clinique — une seconde phase bactériologique — actuellement, elle est de nouveau dans une phase clinique depuis que l’on sait qu'il existe des angines banales non diphtériques chez des porteurs de germes diphtériques (MARFAN).
(2) Ces deux confusions ne sont pas les seules possibles. Il est parfois ‘difficile, notamment, de différencier une angine maligne d'une angine grave. Dans ces cas, seule l’évolution guidera. Du point de vue thérapeutique, l'importance est moins grande qu'on pourrait le croire. Comme la conduite de cette thérapeutique se base sur l'évolution des symptômes, la strychnothérapie ne présentera aucun danger.
Ces formes pseudo-phlegmoneuses de l'angine maligne ne Sont pas rares. STROE et HORTOPAN les signalent et avouent avoir incisé deux cas comme tels.
— D'autre part, l’aspect sphacélique de la gorge pouvait nous orienter vers le diagnostic d'angine gangréneuse. Seuls différaient les quelques signes cidessus signalés.