‹ Quelques remarques à propos de la Strychnothérapie de la Diphtérie MaligneChapitre 22 sur 25 · II. — TRAITEMENT PAR LA STRYCHNOTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

II. — TRAITEMENT PAR LA STRYCHNOTHÉRAPIE

A) Posologie

Doses maxima quotidiennes

angine maligne : 1 mg. à 1 mg. 5 par kilog de poids angine peu imaligne : oO mg. 50 ) »

angine fortement maligne : 2 mg. et plus »

(1) Nous hésitons à donner à ce paragraphe le titre de traitement phylactique bien que le mode de phylaxie paraisse le mieux expliquer l’action de la strychnothérapie. C'est pourtant sous ce titre que Ho-TA-KHANH range la strychnothérapie, et à ce propos, il conclue : « que la strychnine ne doit pas pouvoir déplacer davantage (que les autres thérapeutiques passées en revue) la toxine du système nerveux puisque, même employée précocement en même temps que la sérothérapie du début, elle n’a jamais pu empêcher ni l'apparition ni l'extension des paralysies ». En réalité, d’après les commentaires vus plus haut, cette affirmation n'entame en rien la valeur de la strychnothérapie. En l’appliquant, ceux qui connaissent ses effets ne cherchent nullement à empêcher l’apparition des paralysies ni autres accidents, mais simplement à en atténuer l'effet pour permettre au malade d'y survivre. Nous avons d’ailleurs déjà dit que nous ne pouvions admettre les idées de cet auteur sur la strychnothérapie. >

Répartition des doses. — I/administration de ces doses (qui se fait en injections sous-cutanées) doit être fractionnée le plus possible (1). En pratique, faire IO à 12 injections par jour régulièrement espacées (toutes les 2 à 3 heures).

La dose maxima par injection sera (JANBON)

Enfants jusqu’à 1 an O mg. 5 à I mg. . de 2 à 4 ans EE Fe: QUE — dEADACIO ANS": 2 à 5 »

ce DÉRETSTS aus 121» à, ei»

Adolescents et adultes : 3 » À: 102

B) Conduite du traitement.

1) Instauration très précoce : dès le diagnostic fait.

2) Augmenter rapidement les doses jusqu’à atteindre en quelques jours « la dose maxima acceptable » qui sera indiquée par l'apparition des principaux signes d'intolérance suivants : |

Signes subjectifs :

vertiges,

chloropsie,

irritabilité excessive,

hyperacuité auditive,

photophobie par hyperacuité visuelle.

(1) La solution employée a été une solution de sulfate de strychnine à 1/1.000. À dose égale une concentration plus forte expose davantage aux accidents d'intolérance,

Signes objechifs :

raideur musculaire,

exagération des réflexes tendineux et idio-musculaires,

signe de Chvostek.

Cette dose de tolérance maxima, une fois atteinte, diminuer très légèrement les doses quotidiennes de manière à avoir la « double marge de sécurité » dont nous parlions plus haut (r). Certains auteurs cependant, recommandent de rester à la limite exacte de tolérance, c’est-à-dire à la « dose maxima acceptable » (2).

3) L'application du traitement tout au long de l’évolution devra « se faire d’une seule tenue » (PAISSEAU) mais sans cependant être constamment progressive ni rester constante une fois la dose maxima utile atteinte (3). Cette dose est d’ailleurs variable suivant la période de la maladie.

4) Quand et comment cesser la strychnothérapie ?

Enfin, aux environs du 50€ jour (bien avant si la malignité est légère et si le syndrome tardif a déjà été victorieusement franchi), on commencera par abaisser

(x) Voir note (1), page 66.

(2) Cette façon de faire exige seulement une surveillance plus rigoureuse du malade (pour épier les signes d’intolérance). Elle pourra être employée avec prédilection dans le cas d’angine hypertoxique ainsi qu'aux deux périodes redoutables de l’évolution de la diphtérie maligne.

(3) D'après ce que nous avons dit plus haut, cette dose utile est un peu inférieure à la « dose maxima acceptable ». Ainsi déterminée, la « dose utile » sera à la fois efficace et inoffensive.

UN

très progressivement les doses (diminuer de 3 mg. chaque 5 jours, puis chaque 4 jours, enfin, chaque jour). En même temps, on pourra remplacer certaines injections (1 sur 10 d’abord, puis 2 sur 10...) par des prises buccales équivalentes (en granules) celles-ci se montrant toutefois moins actives.

On n'arrêtera la strychnothérapie que lorsque les doses quotidiennes seront inférieures à 10 mg. (après 4 mg. par exemple, donnés durant quelques jours).

Suivant la malignité, et par conséquent aussi, suivant la grandeur des doses employées, la durée de diminution progressive de la strychnothérapie jusqu'aux doses inoffensives de 10 mg. sera de 15 à 30 jours environ (1).

Si des signes de polynévrite persistent (après le 50€ jour), on pourra prolonger sans inconvénient la strychnothérapie beaucoup plus longtemps (jusqu'au 145€ jour .dans notfe observation) à condition de donner des doses inoffensives (10 mg. environ).

C) Contre-indication.

Une seule absolue : le croup. >

Les insuffisances viscérales diverses supportent bien la strychnothérapie, surtout si la diphtérie maligne en est la cause.

(1) Evidemment, la dégression des doses sera également plus ou moins rapide suivant les manifestations d’intolérance dont j'apparition signifie en général (en cas d'administration correcte) une diminution du pouvoir morbide de la maladie.

PROD

D) Accidents.

A part les symptômes d’intolérance vus plus haut, et qui ne sont qu’un utile avertissement, on peut avoir des accidents plus sérieux représentés par :

des contractures, des convulsions, des spasmes glottiques.

Le traitement rapidement efficace de ces accidents sera : l'injection de gardénal (0 gr. 20), de somnifène (somnifène Roche) 1 à 2 ampoules de 2 cc. ou, au besoin, l’anesthésie générale.

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