INTRODUCTION
Trouver un matin à l'hôpital un homree jeune, d’une maigreur squelettique, dont l'estomac n’a rien toléré depuis quinze jours. examiner cet homme aux rayons X et voir s'établir une sorie de rythme alternant dans lequel, toutes les cinq minutes, la bouillie bismuthée parvenue dans le duodénum fait retour én arrière et revient à l'estomac, puis constater le dix-huitième jour une amélioration soudaine et voir renaître à la vie un véritabie moribond, tel est le spectacle impressionnant auquel il a été donné d'assister à ceux qui fréquentaient à l'Hôtel-Dieu, à Rouen, le service du D' Halipré.
L'observation de ce malade, celle d’un deuxième, atteint d’un cancer de la tête du pancréas nous ont amené à faire quelques remarques à propos du syndrome pylorique observé dans les deux cas: tel est le sujet de notre travail.
Sous l'expression de « syndrome pylorique » qu'Hartmann et Soupault avaient choisie pour désigner les douleurs tardives attribuées à la contracture du pylore, nous comprendrons l’ensemble de tous les symptômes par lesquels se manifeste son obstruction. Lorsque cet orifice est très serré,
ce syndrome se traduit par des signes d’une telle netteté et d’une signification si précise qu’il n’est pas permis de méconnaître la sténose. Quand au contraire l’orifice est très incomplètement oblitéré, la symptômatologie est si fruste que le diagnostic en est difficile, souvent même impossible.
Le pylore, orifice duodénal de l’estomac, arrondi ou ovalaire, a de 12 à 15 millimètres de diamètre. C’est un sphincter ou anneau musculaire constitué par un épaississement local de la couche des fibres circulaires de l'estomac, revêtu d’une couche conjonctive et d’une couche muqueuse qui constitue ce qu’on appelle la valvule pylorique, terme impropre puisque cette soi-disant valvule n'empêche ni la bile dans les vomissements biliaires, ni le contenu intestinal dans les vomissements fécaloides de remonter dans l'estomac.
En avant le pylore est en rapport avec la face inférieure du foie, très rarement avec la paroi abdominale, en arrière avec la veine porte et l’artère hépatique, en haut avec le petit épiploon et en bas avec la tête du pancréas. Il est innervé par des filets du pneumogastrique et du grand sympathique (plexus solaire) pour sa motricité; en ce qui concerne la sensibilité de sa muqueuse, elle est d’après les plus récents travaux sous la dépendance presque exclusive du sympathique. |
A l’état normal, lorsque la région de l’antre pylorique devient acide, pendant la digestion, l’orifice s’entr'ouvre et livre passage au chyme gastrique dans le duodénum ; ce méme chyme acide, par sa présence dans la première partie du duodénum, provoque la fermeture du pylore. Ainsi le même agent chimique, l’acide chlorhydrique produit par l’estomac, provoque Successivement le relâchement ou la contraction
des fibres musculaires du pylore, suivant qu’il se trouve en amont ou en aval de cet orifice.
Ce court aperçu anatomique et physiologique nous fait déjà comprendre que cet orifice peut facilement être obturé par des tuméfactions ou des corps étrangers internes, ou encore oblitéré par des compressions externes ou par le spasme consécutif lui-même à une lésion voisine ou même assez éloignée.
Le Syndrome pylorique
LU