‹ Quelques sources de "Notre-Dame de Paris"Chapitre 22 sur 30 · Notre-Dame, I, 193-95. Voir Sauvai, II, 276 et · texte numérisé non relu

Notre-Dame, I, 193-95. Voir Sauvai, II, 276 et

5. Notre-Dame, II, 421; Sauvai, II, 585, 612, 349. Les autres lieux patibulaires de Paris, dont parle Victor Hugo, sont aussi indiqués dans Sauvai.

et si mal remplacé au seizième siècle par le misérable cailloutage dit pavé de la Ligue » (I, 186). Sauvai (I, 21, 185) parle des pavés carrés de Philippe-Auguste et des cailloux longs et pointus de la Ligue. La maison de la Tour-Roland, que nous apercevons à un coin de rue sur la place de Grève, a bien réellement existé sur cet emplacement, d'après les Comptes de la Prévôté1. En montrant le clocher de Saint-Jacques-la-Boucherie (I, 197), Victor Hugo fait remarquer qu'il n'était pas terminé au xve siècle. « Il lui manquait en particulier ces quatre monstres qui, aujourd'hui encore, perchés aux encoignures de son toit, ont l'air de quatre sphinx qui donnent à deviner au nouveau Paris l'énigme de l'ancien; Rault, le sculpteur, ne les posa qu'en 1526, et il eut vingt francs pour sa peine. » Sauvai (III, 56) nous donne le même renseignement. La rôtisserie de la rue de la Huchette qui arrachait au cordelier Calatagirone une exclamation si admirative2, la statue de Perinet Le Clerc, toujours insultée parles Parisiens 3, la statue du cardinal Pierre Bertrand à droite du portail du collège d'Autun \ et bien d'autres détails qui viennent s'encadrer dans le récit, contribuent à dessiner le plus exactement possible, et toujours d'après un document, la physionomie du vieux Paris.

Les costumes ne sont pas moins authentiques. Il serait sans doute excessif de dire que Victor Hugo a pour règle constante de

1. Notre- Da?ne, I, 01. Comptes de la Prévôté', 398. « iMaison de la Tour-Rolland, contenant trois corps de maisons... scise en la place de Grève, faisant le coin de la rivière de Seine par devers la rue de la Tennerie. »

2. Notre-Dame, II, 44. Sauvai, I, 142 : « A l'égard de la rôtisserie qui y est (dans la rue de la Huchette), dont les broches tournent presque incessamment depuis une longue suite d'années, il ne faut pas oublier, ni l'étonnement qu'elle causa au Patriarche F. Bonaventure Galatagironne, General des Gordeliers et Negotiateur de la paix de Vervins, dont il n'étoit pas encore revenu lorsqu'il fut de retour en Italie ne parlant d'autre beauté de Paris que de la rôtisserie de la rue de la Huchette, et de celle de la rue aux Ouës. Veramente, disoit-il, queste Rôtisserie sono cosa stupenda. »

3. Notre-Dame, II, 44. Sauvai, II, 348 : « On prétend que les Bourguignons, après avoir emporté Paris d'emblée en 1418, par le moyen de Perinet le Clerc, fils du Quartenier de la Cité, lui érigèrent une Statue devant le Pont Saint Michel, au coin de la rue Saint André et celle de la Bouderie; mais que depuis ayant été chassés, les Parisiens la mutilèrent en plusieurs endroits, et l'auroient cassée s'ils eussent pu en approcher. »

4. Notre-Dame, II, 84. Du Breul, 525. — Phœbus de Châteaupers, prenant Claude Frollo pour un voleur, lui dit : « Adressez-vous à côté. Il y a dans la chapelle de ce collège du bois de la vraie croix, qui est dans de l'argenterie. •» Ce détail est aussi dans Du Breul, 522-23 : « En ce Collège il y a une belle Chapelle dediee en l'honneur de la Vierge Marie : en laquelle ledit fondateur mit du bois de la vraye Croix, avec plusieurs autres reliques, et argenteries, comme Croix, Calices, ancensier, livres et paremens d'autel. »

se conformer à un texte, mais c'est au moins une habitude. Je ne parle pas des noms généraux, surcot, hoqueton, cotte-hardie, manche mahoitre, bicoquet, que Victor Hugo trouvait à chaque instant dans ses lectures. Certains détails sont plus précis et nous permettent de remonter à peu près sûrement à une source.

Dès le commencement du premier chapitre (p. 12) nous savons que les réjouissances du 6 janvier ont été annoncées « à son de trompe dans les carrefours par les gens de M. le prévôt, en beaux hoquetons de camelot violet, avec de grandes croix blanches sur la poitrine ! ». Nous voyons dans la Chronique scandaleuse, en 1465, des hoquetons semblables portés par vingt hommes d'armes de la compagnie de Jean de Salazac : « Tous lesquels vingt hommes d'armes estoient vestus et habillez de hocquetons de camelot violet à grans crois blanches, et avoient belles chesnes d'or autour du col, et en leurs testes cramignolles de veloux noir à grosses houppes de fil d'or de chippre dessus... 2 » Je cite la phrase presque entière parce que nous y trouvons du même coup la coiffure des ambassadeurs flamands que nous voyons entrer dans la salle « encapuchonnés de cramignoles de velours noir à grosses houppes de fil d'or de Chypre 3 ».

Les écoliers, qui, des fenêtres de la grand'salle, voient défiler le cortège universitaire, nous renseignent sur quelques costumes (p. 27). « Et les chapelains de la Sainte- Chapelle, avec leurs aumusses grises; cum tunicis grisis! — Seu de pellibus grisis fourratis. — Holà hé! les maîtres-ès-arts! Toutes les belles chapes noires! toutes les belles chapes rouges! » C'était depuis 1371, par ordonnance de Charles V, que le trésorier et les chanoines de la Sainte-Chapelle portaient des aumusses grises (Du Breul, 117) : « L'an 1371. en Janvier, le Roy Charles 5. par ses lettres patentes en lacs de soye et cire verde, statua et ordonna, que les Thresorier et Chanoines de la saincte Chapelle usacent de là en avant d'Aulmuces grises, seu de pellibus grisis fourralis, à la différence des autres Ecclésiastiques de Paris qui en portent de noires. » Du Breul parle aussi (p. 456) des chapes noires et des chapes rouges, mais ce n'est pas aux maîtres es arts qu'il les attribue \ Dans le même passage de Du Breul, nous voyons la procession

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