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LE PATRONAGE FRANCGO-AMÉRICAIN

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période. — Système du « district nursing ».

Le Patronage franco-américain de la première enfance, 35, rue Dareau, à Paris, fut organisé, pendant une

première période, selon la méthode américaine préconi-

— hi —

sant la répartition des visites à domicile par district ou quartier : le « district nursing ». Le principe de cette méthode est la division du travail, d’après les quartiers de la ville ou de l'arrondissement, suivant l'importance de la population.

Constituant le centre du district, un bureau d’administration comprenant un secrétaire et des visiteuses, en relation constante d'une part avec la mairie du district qui lui donne avis des naissances (bureau des naissances), d'autre part avec les œuvres de l'enfance. Le principe américain est que tous les enfants nouveau-nés, sans distinction de situation, soient vus et catalogués. Les visiteuses d'enfants ont pour rôle de se rendre au domicile de tous les nouveau-nés pour offrir à la mère leurs services, leurs conseils, leur aide, et la diriger sur la consultation de nourrissons dont elle dépend.

Le Patronage franco-américain, collaborant avec deux œuvres de l'enfance du 14° : l'Assistance maternelle et infantile de Plaisance et l'Union maternelle, fonctionne de la manière suivante :

L'arrondissement comprenait quatre consultations de nourrissons, une par quartier ; chacune des consultations de nourrissons, tout en conservant son autonomie, fut reliée au Cente du Patronage franco-américain, bureau où se tiennent le président et le secrétaire.

Le dispensaire américain, 35, rue Dareau, fut chargé d'assurer là surveillance des nourrissons des quartiers de la Santé et de Montparnasse, Plaisance étant résevé à l’Assistance maternelle et infantile de Plaisance et le Pe-

tit-Montrouge à l'Union maternelle du 14°.

D'autre part, le bureau central est en rapports constants avec la mairie du 14°, étant relié au bureau des naissance et à celui des décès.

Tous les jours, la secrétaire va au bureau des naissances relever les naissances de la veille ; elles les inscrit ensuite sur une fiche individuelle ; elle a ainsi chaque jour une moyenne de 3 à ro naissances à enregistrer ; elle retourne ensuite au Centre du Patronage et, suivant les districts dans lesquels sont nés les enfants, elle répartit les fiches journalières pour chaque consultation de nourrissons de district.

La consultation prend alors en charge l'enfant né dont la surveillance ne dépend plus dès lors ni du centre, ni de la mairie. La consultation a la direction entière de la protection .de l'enfant qui lui a été confié. Pour son service, la consultation a comme auxiliaire une, deux ou t ois visiteuses d'hygiène infantile, suivant l'importance, du secteur ; ces infirmières visiteuses ne dépendent que d'elle seule. Les visiteuses attachées au service dü district dont l’enfant fait partie, doivent se rendre à la maison du nouveau-né et, par leurs conseils, amener la mère à suivre la consultation:

Par les visites à domicile, les visiteuses obtiennent les renseignements nécessaires à l'établissement de l’enquéte sociale, qui permettra de juger de la situation de la mère et du secours à accorder. Suivant le nombre des naissances, Chaque infirmière visiteuse a deux ou trois visites à faire dans la journée. Elle se rend chez la nouvelle mère qu'elle questionne après lui avoir offert ses ser-

vices; elle lui conseille vivement de nourrir son enfant

pires

au sein ; l’encouragement à l'allaitement maternel est le but que doivent viser tous les conseils donnés. Lorsqu'il y à lieu, la visiteuse indique à la mère comment elle doit s’y prendre pour obtenir l'allocation des femmes en couches (car, souvent, la mère ignore le droit que lui confère la loi). Agent de liaison entre l'enfant et la consultation du quartier, la visiteuse est aussi un auxiliaire actif de recrutement pour cette dernière.

Chaque dispensaire doit visiter régulièrement ses enfants ; il envoie au Centre un rapport journalier établissant la liste des visites: Les visiteuses doivent suivre périodiquenzent les nouveau-nés : une visite hebdomadaire sera faite à chacun d’eux le premier mois ; pendant les quatre autres mois, il suffira de les visiter tous les quinze jours. La consultation suit les enfants qui doivent être examinés de même, c'est-à-dire tous les huit, puis tous les quinze jours ; selon les cas, elle propose au bureau central d’allouer à la mère une indemnité journalière qui varie de o fr. 25 à 2 fr., secours en argent ou en nature, suivant les renseignements fournis par l’enquête de la visiteuse. Seules, ont droit à l'allocation, les mères allaitant complètement ou en partie (allaitement mixte) leur enfant. Aucun secours n'est accordé aux mères qui ne nourrissent pas, même, dans le cas où elles pourraient exciper d'une interdiction médicale.

L'organisation par district est donc très simple, chaque consultation de nourrissons garde son entière autonomie ; mais elle est toujours rattachée au Centre par une même direction d’action sociale et médicale : ce qui

crée une véritable fédération d'œuvres. La consultation,

en effet, doit rendre compte au centre de ce qui se passe dans son district.

1° Tous les mois, il y a réunion au bureau central, des directrices et médecins des consultations.

>° Tous les quinze jours, les visiteuses se réunissent au centre, c'est la réunion de quinzaine, au cours de laquelle sont prises les décisions relatives aux secours à distribuer. Chaque visiteuse apporte ses fiches et discute de l'importance du secours à allouer. Le centre est le régulateur des allocations pour l'examen des cas douteux ou spéciaux. La visiteuse intéressée présente et défend son cas, puis on décide et statue en commun sur l'attribution du secours d'exception qui seul pourra ‘aider d'une ma- nière efficace, Le secours est consenti par le Patronage à la consultation même qui s'occupe de l'enfant: La visiteuse ne le porte pas à domicile. C'est au centre qu'ont lieu les paiements. La réunion de quinzaine des visiteuses est un excellent moyen d'aider à la collaboration intime entre les œuvres sans que celles-ci perdent rien de leur indépendante, ni de leur esprit d'initiative ; par l’entretien de relations cordiales, elle contribue à resserrer les liens qui les unissent et provoque des échanges utiles de renseignements et de services.

Pour avoir droit au secours de l'œuvre, les mères doivent justifier de deux mois de domicile dans l’arrondissement avant leur accouchement, le comité se réservant le droit de statuer sur les cas où cette condition ne se trouve pas remplie. Pour les enfants sans parents déclarés, chaque cas est l’objet d’un examen particulier du comité.

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Le secours est accordé à partir du 29° jour, à toute mère ayant besoin d'être aidée. Il lui est continué pendant 4 mois, exceptionnellement cinq mois, après vérification à la mairie qu’elle ne bénéficie pas d'autre secours. Toute subvention pour l'enfant Cessant au premier jour du &* mois, laisse à chaque œuvre le soin de continuer cette assistance par ses propres moyens, sauf pour des cas exceptionnels. |

Lorsque l'enfant est pris en charge dès le début du premier mois, on diminue du secours à accorder à la mère, l’allocation des femmes en couches ; en conséquence, il ne peut être donné pendant le premier mois que 1 fr. 25 par jour, au maximum, comme supplément à l'allocation de la loi Strauss.

En résumé, le Patronage prend à sa charge

. 1° L’allocation aux femmes enceintes, soit 1 fr. 75 par jour.

2° L'allocation de nourrisson, pendant quatre mois.

Les mères et les enfants qui fréquentent les consultations ne sont pas tous secourus. L'enquête faite par les soins de la consultation établit l'opportunité de l’aide. Le secours est délivré en argent ou en nature, à condition que, dans Ce dernier cas, le montant ne dépasse pas les 3 francs par jour dont le Patronage peut disposer pour chaque mère.

(Le berceau d’osier, par exemple, est l'équivalent de 2 journées). Le taux moyen de secours en argent est de 2 fr. par jour. Le secours de 3 fr. est un secours exceptionnel. Le secours en argent est remis chaque semaine au cen-

tre par le trésorier ; c’est au centre que les mères viennenà

toucher l'allocation, chaque dispensaire pouvant déléguer à la place de la mère une dame visiteuse porteur d’un pouvoir. Le secours en nature est remis au dispensaire du district ; chaque dispensaire a toute liberté d’action dans le choix et la distribution de ce secours.

RésuLraArTs. — Grâce à cette aide, donnée à la mère nourrice, par l'attribution de secours jusqu’au 5° et même 6° mois, le Patronage franco-américain obtint les résultats suivants, du 1° juillet 5918 au 1° janvier 1919 :

Sur 702 enfants surveillés par le Centre, 363 n'ont pas été secourus, la mortalité a été chez ces nourrissons de 6397006

339 ont été secourus, la mortalité a été de 2,68 %. Pour l'allaitement au sein, d’après les statistiques remises par les dispensaires, il était établi que 8o pour 100 environ des enfants étaient nourris au sein.

Ces résultats fournissaient la preuve évidente qu'on pouvait diminuer la mortalité infantile très sensiblement, en ajoutant aux conseils médicaux des secours en argent ou en, nature et une surveillance à domicile.

Tout au début de la création du Patronage, il n'était pas accordé de secours à la femme durant la période de gestation. Le Patronage, par l'établissement de statistiques, s’aperçut bientôt que le principal contingent de mortalité infantile était surtout fourni par les morts-nés et les décès pendant les dix premiers jours de la vie.

Du 1° juillet 1918 au 1° novembre 1918

Sur 546 naissances signalées, on compte 34 décès, et sur ces 34 décès, 17 se sont produits à la Maternité et ©: aux Enfants assistés.

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Du 1° juillet 1918 à fin décembre 1918 :

Sur 7o1 naissances signalées, il y a 32 décès, plus 8 morts-nés.

Par conséquent, il fallait surveiller et aider la femme pendant le dernier temps de sa grossesse pour diminuer cette mortalité : ceci fut réalisé par l’organisation d'une consultation pour les femmes enceintes, La femme surveillée par la visiteuse pendant la gestation, était aidée de secours, dans les cas nécessaires, et suivie pendant et après l'accouchement.

Ainsi, le dispensaire exerce une double action, médicale et sociale : il donne les conseils d'hygiène de grossesse, fait reposer la mère s'il y a lieu, la traite si elle est malade et continue la surveillance par les visites à domicile. Les grossesses anormales sont dépistées. C’est la consulitation qui conseille et guide la mère pour le choix du lieu de l'accouchement, lui facilitant l'entrée dans une maternité, dans tous les cas de grossesses anormales, ainsi que dans les cas d’insalubrité du logement ou de misère trop grande. Dans tous les autres cas, pour lesquels l'accouchement aura lieu à domicile, le dispensaire fait connaître à la mère l’aide qu'elle peut reecvoir, soit du bureau de bienfaisance, soit d’une mutualité maternelle ou d’une autre œuvre privée.

Mais c’est surtout l’action de la visiteuse qui est capitale, parce qu'elle est continue. Tout d’abord, en assistant aux consultations de grossesse, la visiteuse fait connaissance avec la future mère. À ce moment, elle peut

déjà, par la visite à domicile, veiller à ce que la femme

observe les soins d'hygiène pré-natale, réclamés par les puériculteurs. Elle s'inquiète de sa situation maternelle, lui fait connaître les ressources offertes par l'assistance publique ou privée (en particulier, celles auxquelles la loi Strauss lui donne droit) ; elle s'assure que le repos de h semaines est bien observé. Tout en surveillant la santé et l'hygiène de la future mère, elle gagne peu à peu sa confiance, qui rendra son action pleinement utile.

La visiteuse connaîtra également les intentions de la mère vis-à-vis de l’enfant à naître et dès ce moment elle pout exercer une action morale excellente, prévenir et lutter contre un abandon en montrant aux filles-mères qu'elles seront aidées et secourues d’une manière efficace, enfin, elle encourage la mère à l'allaitement maternel. Elle lutte contre l'envoi en nourrice en montrant à la future mère combien il est coûteux pour elle et dangereux pour l'enfant. Elle s'efforce de lui faire comprendre les difficultés d'un allaitement artificiel précoce, les dangers de mort auxquels il expose l'enfant pendant les premiers mois. C’est la visiteuse qui, plus que le médecin ou l’accoucheur, peut exercer l’action la plus précoce et la plus heureuse en encourageant la mère à nourrir son enfant. Il est certain que dans cette très importante question de l'allaitement maternel, il faut agir de bonne heure pour lutter avec succès contre les mentalités maternelles dévoyées ou décider une volonté hésitante à bien faire. C'est avant la naissance de l'enfant qu'il faut entreprendre cette action de propagande, c'est à ce moment que la visiteuse peut avoir l'influence qui assurera le succès.

Après la naissance, à la consultation, les conseils du

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