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trées. à la Maison maternelle, le nombre d’accouchements est 1.014. Parmi ces 1.014 enfants nés, l’on compte 28 décès pendant le premier mois, soit une, mortalité de 2,74 pOur 100.
Les conditions d'allaitement sont excellentes ; toutes les femmes allaitent leur enfant (98 pour 100 d’allaitement maternel).
Il a été dépensé 90.171 fr. 94. Les recettes se sont élevées à go.583 fr. 39, provenant des dons et souscriptions et de la contribution des pensionnaires (1 franc pour les femmes de mobilisés et les filles-mères et 3 fr. 25 pour les malades envoyées par le service des réfugiés et par l'assistance médicale gratuite). Avec un effectif moyen de 20 présences, le prix d'une journée d'entretien s’établit en 1916 et 1917 à 3 fr. 25 environ, malgré la cherté actuelle de toutes choses, le régime spécial exigé et les frais d'accouchement.
Grâce à l’excellent état d'esprit de l'établissement, les compartiments prévus ont été inutiles, mères de famille et jeunes filles s'entendent parfaitement ; aucun ennui n'est survenu,
Partant de ce point de vue que nous ne sommes pas en présence de malades, on permet, on encourage :les femmes à dé petits travaux de ménage qu'elles réclament elles-mêmes : nettoyage de la vaisselle, épluchage de -légumes, travaux de couture, ce qui limite les dépenses.
La meilleure réclame a été faite par les mères et certaines en sont déjà à leur troisième séjour. Une cause
certaine du succès tient à ce que la mère peut amener ses
autres enfants dans le service des enfants assistés situé dans le mème local.
Enfin l'isolement complet, en dehors des hôpitaux, des milieux septiques et infectés, dangereux malgré tous les progrès de la désinfection, évite la maladie, les épidémies si fréquentes dans les dépôts d'enfants et dans les hospices départementaux.
Il est, en effet, anormal et très fâcheux, de placer dans un milieu de malades des enfants bien portants et des femmes qui viennent accomplir un acte physiologique. La contagion par le linge est fréquente dans les hôpitaux, car c'est le même qui sert aux salles des malades et à celles des femmes en couches. Des épidémies n'ont pas eu d'autres causes.
C'est une orientation nouvelle de lassistance pour l’avenir. Jusqu'à présent on a confondu les accouchées et les malades. On commence à entrevoir les inconvénients de cette conception erronée. Aux femmes enceintes normales, bien portantes, des Maisons maternelles. Aux enfants, des maisons annexées qui les recevront avec leurs mères. Pour les femmes, dont l’état sanitaire est suspect, des hôpitaux.
Les futures mères, que l'hôpital effrayait, viennent sans appréhension à la Maison maternelle, elles y trouvent l'atmosphère calme, tranquille, le mileu familial qui leur convient avec les soins les plus assidus qu'elles contribuent à se donner elles-mêmes dans un sentiment d’entr’aide et de solidarité.
Mais il reste entendu que les femmes dont les accou-
chements s’annoncent d'avance comme compliqués (dys-
ER
tocie, éclampsie, etc.), sont adressées à l'hôpital. La Maison maternelle n’a jamais eu l'intention de créer une annexe d'hôpital ou de maternité, mais d'organiser un service nouveau d'assistance où pourra s’accomplir, en dehors des milieux réservés à la maladie, un acte physiologique qui, dans l'immense majorité des cas, doit se produire sans complications à l'accouchement. » à
Nous ajoutons à ces renseignements communiqués par le D° Merlin, quelques observations du D' Guinard, chargé d'assurer le service chirurgical de la Maison maternelle, dans son rapport sur cette œuvre. Ce n’est qu'à partir de 1916 que la Maison a commencé à fonctionner comme Maison d'accouchements. Il y a eu :
En 1916 : 107 entrées, { femmes ont été envoyées à l'hôpital pour intervention.
En 1917 : 203 entrées, 6 femmes ont été envoyées à l'hôpital, 1 y est morte, deux applications de forceps ont été faites dans l'établissement.
En 1918 (1° janvier-28 juin) : 142 entrées, 4 femmes ont été envoyées à l'hôpital. 3 applications de forceps ont été pratiquées dans l'établissement. Aucune accouchée n'a été infectée pendant cette longue période de deux ans et demi.
Cette statistique permet de mettre en évidence plusieurs points : accroissement rapide de la clientèle de la Maison :
Entrées par mois en 1916 : 8,9.
Entrées par mois en 1917 : 16,0.
Entrées par mois en 1918 : 23,6.
Accroissément, d'année en année, du nombre relatif
an VE
de femmes dont l'accouchement se termine par une intervention : ;
En 1916 : 3,7 p. 100 ; en 1917 : 3,9 p. 100 ; en 1918 : 4,8 p. 100.
Diminution d'année en année, du nombre relatif de femmes envoyées à l'hôpital.
En 1916 : 3,7 p. 100 ; en 191% : 3,4 p. 100; en 1918 : 2,8 p. 100. Cette diminution s'explique par le fait que les applications de forceps ont été faites de plus en plus fréquemment à la Maison même, au fur et à mesure que le service médical y a été assuré d’une manière plus continue et plus compétente.
Pour que la Maison maternelle forme un tout et que son action s'étende à une région, elle doit être complétée par des organisations annexes. :
1° Etablissement dépositaire des enfants assistés permettant, nous l'avons montré, de laisser les enfants dans le voisinage inimédiat de la mère sur le point d’accoucher. |
2° Pouponnière pour le placement à demeure des enfants. | ,
£° Goutte de lait, pour la distribution de lait pur, stérilisé où pasteurisé.
4° Consultations obstétricales précédées par une enquête des infirmières sur la santé de la femme, les conditions de logement, les inconvénients ou les dangers d’un accouchement dans un tel milieu. Les consultations dirigées par un médecin comprennent : 1° l'examen des femmes enceintes (tuberculose, albuminurie, éclamp-
sie possible, maladies intercurrentes. 2° La détermina-
= 82 Er
tion des conditions probables et de la date de l'accouchement (position du fœtus, causes de dystocie, etc). 3° L'éducation hygiénique des femmes.
Il ressort de la lecture de ces documents, que l'expérience tentée dans la Loire par le D’ Merlin, par les résultats très intéressants qu’elle a obtenus, a démontré l'utilité de sa création.
La Maison maternelle est un nouveau type d’assistance à répandre ; elle répond pleinement à un besoin; il ne suffit pas de demander aux femmes d'observer le repos, il faut leur en procurer les moyens.
La grande objection à l'observation du repos étant toujours cette plaie sociale : Ja misère et l’allocation accordée par la loi, insuffisante comme secours.
Ce repos complet de la femme enceinte, que nous réclamons comme obligatoire et non plus facultatif, pour le dernier mois de la grossesse, présente. des difficultés d'application très grandes pour les ouvrières qui ne vivent que de leur salaire.
Si, dans les centres comme Paris, où les refuges, les asiles de puerpéralité sont nombreux, en dehors des salles pour expectantes dans les maternités, cette question peut être aisément résolue, il n’en est pas de même en province. La plupart des centres industriels de France n'offrent pas de ressources, l’organisation de l’assistance puerpérale et infantile est presque entièrement à créer, les institutions de refuges et les maternités dues à l'initiative publique ou privée sont insuffisantes, ne répondant pas aux besoins, car dans ces villes comme à
Peris règnent la misère et le taudis.
Pont
À Lyon, ville de 500.000 habitants environ, la Maternité de la Charité ne possède que cinquante lits pour expectantes. La clinique obstétricale de Lille, ville de 220.000 habitants, n'a qu ‘une salle de ro lits pour femmes enceintes.
Nous citerons à ce propos l'opinion du Professeur Bué, de Lille, sur la Maison maternelle
Un des moyens les plus efficaces de relever le taux de la natalité de notre pays, si pauvre en enfants, est de protéger la femme enceinte, qui a besoin d'aide morale et matérielle, de lui donner toutes facilités pour conduire sa grossesse à bonne fin et aussi près du terme que possible, de lui assurer une assistance complète pour son accouchement et un repos suffisant après la délivrance. C’est ce que réalise la Maison maternelle de Saint-Etienne.
La création de Maisons maternelles, suivant le type de Saint-Etienne, doit faire l’objet de-toute l'attention des pouvoirs publics. Le type de la maternité dans un hôpital doit avoir vécu. Il éloigne les parturientes.
Enfin, la mère pauvre, sans domicile, qui ne peut et ne doit pas reprendre son travail avant quatre semaines ou même davantage, s’il y a des contre-indications d’ordre médical, doit pouvoir trouver un asile de convalescence où elle serait reçue avec son enfant qu'elle allaiterait et qu'elle continuerait à allaiter dès la reprise de ses occupations » (1).
La Maison fnaternelle assure le repos aux femmes en
(1) Professeur Bué. La Protection de la Maternité ouvrière pendant la guerre. Revne d'Hyg'ène (avril 1919).
et
couches dans d'excellentes conditions. Ce n'est pas un hôpital, car elle n’admet pas les cas pathologiques, elle facilite seulement l'accouchement aux mères ne pouvant rester chez elles. Or, l’on sait qu’en dehors de la misère, une des grandes objections à l’accouchement à domicile, est l’insalubrité du logement : le taudis, et ce fut une des raisons déterminantes de la création de la Maison maternelle.
La Maison maternelle n'étant pas un hôpital, les snères y viennent plus volontiers, car il faut compter avec les préventions que beaucoup de femmes conservent envers les hôpitaux. Il est certain qu'il est souvent fâcheux que les maternités soient des annexes d’hôpitaux. Dans la plupart des cas, l'accouchement étant un acte physiologique normal, sans complications, il n’est pas toujours sans dangers, de recevoir pendant un temps plus ou moins long, une mère et son enfant dans un milieu hospitalier. Malgré toutes les précautions prises, ne voit-on pas trop souvent des désastres ; et les épidémies se produisant dans certaines maternités, avoir pour origine un contage infectieux de voisinage. Avec une maternité conçue suivant le type de la Maison maternelle, les dangers d'infection sont moindres.
La Maternité ainsi comprise, est moins coûteuse aussi: les mères pouvant bénéficier des lois sur le repos des femmes en couches et de l'assistance médicale gratuite ; le prix de revient des pensionnaires s’en trouve diminuée de ce fait.
Ce qu'il convient de souligner aussi, c’est l’esprit large
de cette création ; l'œuvre ne distingue pas de catégories
parmi les femmes. Toutes les femmes enceintes, quelles que soient leurs situations sociales, sont admises dans les mêmes conditions avec le minimum de formalités. Elle reçoit les femmes mariées et les filles-mères, sans distinction, sauf, parmi ces dernières, celles qui seraient dans un état de déchéance morale de nature à nuire aux autres. Elle ne limite pas comme le font certaines œuvres, l’admission des filles-mères à leur première grossesse : cette exception frappant toujours un innocent et en faisant souvent une victime.
Le service de l'enfance est une heureuse innovation, l'on sait qu'il est très pénible à certaines mères de se séparer de leurs enfants et leur répugnance, dans bien des cas, à laisser leurs enfants en dépôt à l’Assistance publique. Par le service annexe des enfants assistés et la Pouponnière, cette difficulté se trouve résolue ; mère et enfants ne sont plus séparés et éloignés.
De plus, l’œuvre, en gardant longtemps les mères, peut exercer une influence bienfaisante, encourager les . mères à l'allaitement maternel, agir puissamment pour prévenir l'abandon de l'enfant, qu'un retour hâtif au travail tend toujours à provoquer ; prévenir surtout l'envoi en nourrice, l'élevage au biberon, si néfaste pour l'enfant. |
Nous pensons aussi qu'au point de vue général, l'œuvre de la Maison maternelle est intéressante en ce qu’elle est une formule élargie d'assistance, réunissant la collaboration constante de l'administration et de l'initiative privée sous le contrôle des pouvoirs publics ; formule
plus large, plus moderne, qui tend à prévaloir à l’heu-
> RE nes
re actuelle dans toutes les créations nouvelles d’assistance: | |
L'expérience réalisée dans la Loire par le D° Merlin avec la Maison maternelle, est une nouvelle forme de protection efficace de la mère et de l'enfant. C'est une base excellente pour lutter contre la mortalité infantile et la dépopulation ; elle est facile à réaliser dans tous les départements. Elle permet l'application exacte de la loi Strauss : elle assure aux femmes le repos indispensable avant et après leurs couches et leur permet de se rétàblir et de reprendre, le moment venu, leurs travaux, sans inconvénients pour elle et pour l'enfant.
Il convient de généraliser l'expérience de la Loire et: de créer, dans tous les départements, des Maisons maternelles pour recevoir les femmes devant accoucher normalement et qui ne peuvent demeurer au foyer fafnilial à cause de raisons sociales.
Nous donnerons maintenant un bref aperçu d’une création d'état, toute récente :
pre
La Maison Maternelle nationale de Saint-Maurice
La Maison maternelle nationale de Saint-Maurice fut fondée en 1920 par le Ministère de l'Hygiène, sous l’inia-
tive de M. le Professeur Pinard. |
Le but de cette fondation nouvelle est de protéger l’enfant en lui assurant l'allaitement et les soins maternels ; donc créer une Maison destinée à recevoir gratuitement les mères nourrices avec leurs enfants, et les garder jusqu'au sevrage.
A la suite d’une décision du Parlement, votant les crédits nécessaires pour commencer la transformation de la Maison nationale de santé de Saint-Maurice, la Maison maternelle fut ouverte en fin octobre 1920.
Toute femme désirant allaiter est reçue sans conditions ; le nom n’est même pas exigé ; mais la condition d'allaitement maternel est absolue. Ne sont admises que les mères nourrices ; la mère doit allaiter son enfant complètement, ou, à défaut, pratiquer l'allaitement mixte. De plus la femme et l'enfant doivent être bien portants, ne pas présenter de cas pathologique quel qu'il soit. Avant tout, la Maison maternelle est réservée aux mères indi-
Rd ae
gentes, femmes abandonnées ou sans abri, aux fillesraères.
Une infirmerie a été. prévue, Sec us dortoir d’isolement ou de surveillance, car l'œuvre doit recevoir des femmes enceintes sans Cas pathologiques et en: principe les femmes ne doivent pas accoucher à la Maison.
Depuis son ouverture, la Maison maternelle a reçu des mères sortant directement des maternités, dépendant de l’Assistance publique de Paris. La Maternité du boulevard du Port-Royal centralise toutes les demandes ; les mères, après les dix jours passés à la Maternité, sont, à leur sortie des dortoirs, amenées directement en automobile à la Maison maternelle, pour éviter tout contact étranger, pouvant apporter un danger d'infection ou d’épidémie. De cette façon, on supprime le séjour au dortoir de surveillance, le lazaret étant actuellement insuffisant.
Une fois admise, aucune autorisation de sortie n’est accordée à la mère, sauf pour des cas exceptionnels. Et lorsqu'une femme a été autorisée à sortir isolément, à sa rentrée à la Maison, elle doit aller faire un séjour d’'attente au lazaret, avant de rentrer au dortoir. 4
La Maison maternelle peut actuellement recevoir 160 mères environ. Les femmes sont logées dans des dor- -toirs comprenant chacun environ 12 lits. Installés-à côté du dortoir, une salle de change pour les enfants comprenant baignoires et lingerie ; pour les mères, une lingerie avec case individuelle, des lavabos, et W.-C. installés suivant les principes modernes d'hygiène.
On demande aux femmes d'aider à faire 1eur lit, de
veiller à la propreté des locaux, cabinets de toilette, etc.
Un ouvroir a été organisé ; les mères y confectionnent du linge, des layettes. Les femmes qui y travaillent reçoivent 20 fr. par mois, de façon à leur constituer un pécule.
Le but recherché par les fondateurs de la Maison maternelle a été de créer une « Ecole des mères » recevant les femmes désirant allaiter et voulant les éduquer, leur apprendre les soins d'hygiène réclamés par le nourrisson. Cette tendance est surtout intéressante, car jusqu'alors on a prévu la simple hospitalisation. Par le séjour à la Maison maternelle, on espère donner des habitudes d'hygiène et de propreté, et par surcroît exercer une action morale, apprendre aux femmes à être bonnes mères, leur faire comprendre la beauté de ieur rôle. De plus, on ne veut pas considérer la fille-mère comme une déclassée. — Avant tout, c’est une maison familiale où la femme doit se sentir à l'aise et en confiance. On aide de secours en cas d'autre enfant placé en nourrice.
Le service de surveillance médicale est assuré par un médecin résident, assisté de deux sages-femmes et d’un personnel d’infirmières.
En annexe à la Maison maternelle a été installée une Maternité avec deux salles de travail. Cette Maternité de 14 lits a été prévue pour recevoir les femmes indigentes résidant dans Charenton et dans les cantons en dépendant : Saint-Maurice, Alfort, Alfortville, Maisons-Alfort. À cette Maternité, six lits sont réservés pour le personnel féminin de la maison, et, suivant les disponibilités,
aux femmes résidant dans les cantons dépendant de
Charenton qui désirent accoucher à la Maternité, en payant une contribution de 20 francs par jour.
-Dépendant de la Maternité, une consultation pour nourrissons et une consultation pour femmes en état de gestation ont été organisées. À la Maternité, le service est assuré par le médecin résident et deux sages-femmes. Pour les consultations, le médecin résident est assisté d'un médecin adjoint, le médecin civil attaché au personnel de la Maison.
Tels sont les renseignements que nous avons pu recevoir sur cette œuvre nouvelle, actuellement toujours en
organisation. :
Conclusions
Devant Le péril toujours croissant de la mortalité infantile, péril que la guerre a rendu plus redoutable encore, il nous à paru intéressant de signaler quelques innovations en- puériculture.
Dans les pays alliés, aux Etats-Unis notamment, l’infirmière visiteuse d'hygiène maternelle et infantile rend d'immenses services. Elle est l'organe actif de propagande et de surveillance, employé par le service prénàtal, le service des enfants sains et celui des enfants malades, que possède chaque district. Elle est également l'agent de liaison entre ces divers services et est en rapport avec le dispensaire d'Hygiène.
À Paris, dans le XIV® arrondissement, le Patronage franco-américain a été fondé, en juin 1918, sur le même modèle que les œuvres américaines. Mais il n’a pu étendre son action que sur les mères inscrites au bureau de bienfaisance. FH s'est fusionné avec l'Assistance maternelle et infantile de Plaisance (Mlle Chaptal) et avec l'Union maternelle du XIV° arrondissement (D° Broudic). Le Patronage franco-américain a ainsi prouvé qu'il est possible, qu'il est utile à des œuvres ayant des dirigeants différents de collaborer efficacement dans la lutte
contre la mortalité infantile. L’organe d’union entre ces diverses œuvres a été l'infirmière visiteuse. Le Patronage franco-américain a également réalisé l'entente avec les pouvoirs publics.
La visiteuse d'hygiène est une création qui marque l'introduction de la méthode préventive dans la lutte contre la mortalité infantile. Elle doit être une infirmière, c’est-à-dire avoir l'instruction médicale nécessaire pour conseiller, surveiller et dépister. Elle doit être également une assistance sociale capable d'apprécier la situation économique et morale de chaque famille.
L'infirmière visiteuse est toute désignée pour le contrôle de l'application de la loi Strauss.
Son instruction est confiée à des écoles spécialisées école de la rue Vercingétorix (Mlle Chaptal), école des Infirmières-visiteuses de France (Mile Milliard), école de ia rue Amyot (Mme Alphen-Salvador), école de la rue de la Glacière, école centrale de puériculture de la rue de Miromesnil, école de puériculture de la Faculté de Médecine.
L'Ecole de puériculture de la Faculté est une fondation d'origine franco-américaine. Elle-est un centre d'’assistance pour les mères et les enfants, par ses trois dispensaires (femmes en état de gestation, nourrissons, enfants de 3 à 15 ans), et une école ouverte aux médecins, étudiants sages-femmes et infirmières, délivrant un certificat d’études élémentaires et un diplôme universitaire. L'infirmière visiteuse d'hygiène maternelle et infantile en est l’auxiliaire principal.
La protection de la mère, pendant sa gestation, après
et
l'accouchement et pendant l'allaitement, est réalisée à Saint-Etienne par la Maison maternelle (D° Merlin), qui complète heurensement la Mutualité maternelle du département de la Loire. Cette institution reçoit les femmes au 7° mois de leur grossesse, les hospitalise pendant l’accouchement et pendant les 28 jours suivants. Les autres enfants peuvent être hospitalisés avec leur mère. Une pouponnière y fonctionne ainsi qu’un service d’eufants (enfants assistés).
A Saint-Maurice, a été créée la Maison maternelle na- -tionale qui hospitalise les mères de toute la France pendant leur grossesse et jusqu'à l’époque du sevrage.
L'infirmière visiteuse d'hygiène maternelle et infantile est indispensable au bon fonctionnement de toute œuvre qui désire s'occuper activeñent de puériculture. Elle est un des meilleurs moyens d’abaisser le taux de la mortalité infantile et de la mortinatalité par la surveillance active et prolongée de la mère et de l’enfant, par l’aide sociale et l'instruction d'hygiène qu'elle donne aux mères.
IL-est à souhaiter que l'Assistance publique obtienne, pour ses consultations de nourrissons, des infirmières visiteuses que l'Office public d'hygiène sociale nomme-
rait sur la demande des chefs de service.
Vu le Doyen, Vu le Président, ROGER. ROGER.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris, APPELL.
Z F: ES gs MANN | G F5 LUE
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