‹ Quelques Tendances nouvelles en PuéricultureChapitre 19 sur 20 · D, ME · texte numérisé non relu

D, ME

La Maison maternelle fonctionne depuis le 1° septembre 1914. Elle est installée dans un vaste local entouré de jardins, propriété du département et situé dans le centre même de la ville. ;

Toute femme du département y est reçue. Il lui suffit de produire :, à

1° Un certificat médical constatant qu'elle est enceinte de sept mois au moins et qu’elle n’est atteinte d’aucune maladie contagieuse ;

2° Un certificat du maire de la commune établissant sa situation et attestant qu'elle est de bonne vie et mœurs. Ce certificat doit également indiquer si la postulante a des enfants âgés de moins de treize ans et si elle désire les faire entrer avec elle à la Maison ; les enfants sont reçus avec leur mère.

Les admissions se font souvent une assez longue période avant leur accouchement, et elles sont retenues obligatoirement vingt-huit jours après. Les femmes reposées, mettent au monde des enfants bien portants ; elles nourrissent elles-mêmes et observent toutes cette loi naturelle de l'allaitement maternel. C’est la condition absolue du séjour à la Maison.

Dès leur arrivée, les femmes changent de linge et reçoivent des vêtements qui leur seront fournis durant leur séjour. Leur famille peut les visiter deux fois par semainé:

La Maison est confiée à une directrice unique, choisie avec soin. Ce détail est important, car les femmes ne: comprendraient pas une double direction et la discipline

intérieure y perdrait au détriment de tous.

La Maison maternelle réunissant ces deux formes d’assistance : assistance aux mères et assistance aux enfants, comprend ainsi deux services ; une maternité pour les femmes en état de gestation et un service de l'enfance.

Annexée à la Maison maternelle se trouve la Maternité où, sous la direction de médecins et de sage-femmes expérimentées, les femmes reçoivent au cours de l’accouchement, tous les soins nécessaires.

Une pouponnière abrite les nouveau-nés pendant le séjour de la mère à la Maternité et aussi après, car beaucoup de femmes ne pouvant continuer à nourrir, y laissent leur enfant : elle abrite aussi les enfants que les mères amènent avc elles pendant la période de couches. Enfin, elle reçoit en dépôt, les pupilles de l’Assistance publique de la Loire qui constituent plus de la moitié de ses recrues.

Le D° Merlin fut amené à créer ce service de l'enfance pour les raisons suivantes. À cette époque, en 1915, la morbidité et la mortalité étaient considérables parmi les enfants assistés mis à l’hôpital de Saint-Etienne. Il pensa que l’on devait annexer ce service des enfants assistés à la Maison maternelle. L'œuvre prit donc en charge ces enfants et en est devenue la dépositaire. La création de ce service eut pour résultat immédiat de faire disparaitre la maladie et la mort. Autre résultat important : la création de ce service permit de recueillir les enfants des mères pensionnaires et de les assister à la Maison maternelle. :

Le service de l'enfance comprend ainsi : le service des

enfants assistés et le service de la goutte de lait pour Îles

enfants sortis de la Maison maternelle et la Pouponnière.

Dans le service des enfants assistés, un examen sérieux de tous les enfants est pratiqué à leur arrivée. Les malades ou les douteux sont envoyés à l’hôpital ; les autres mis en expectation durant quelques jours. Ainsi aucune contagion ne se produit.

La pouponnière a été ouverte le 1£ octobre 1915 pour recevoir les enfants de l’assistance et des enfants de moins de deux ans en dépôt. : i

La pouponnière permet de recevoir les enfants abandonnés ou momentanément délaissés par les familles, de les réunir, d'organiser la distribution d’un lait pur et hygiénique et surtout une surveillance médicale attentive.

Le groupement des divers services de l’enfance dans un même bâtiment, en dehors des milieux hospitaliers, présente de réels avantages. Leur coordination permet de répondre pratiquement à tous les besoins.

Voici les résultats généraux obtenus par cette œuvre :

« La Maison maternelle fut ouverte le 1° septembre 1914 ; voici le mouvement des années qui suivirent

Année 1914 : 4o admissions, 38 accouchements.

Année :ïg15 : 69 admissions, 70 accouchements (1 gémellaire).

Année 1916 : 112 admissions, 108 accouchements.

Année 1917 : 100 admissions, 48 accouchements.

Année 1918

Nombre d’accouchements au 31 décembre 1918 : oh.

Nombre de femmes entrées : 39».

Nombre d'enfants nés : 256.

Nombre de décès d'enfants : 1°.

Nombre de décès causés par la grippe : aucun. Soit une mortalité de 4 pour 100 environ, en comprenant les morts-nés.

Nature de la maladie ayant causé la mort des enfants :

Janvier : 1 enfant mort de faiblesse congénitale, enfant prématuré.

Février : 1 enfant mort 24 heures après l’accouchement, enfant prématuré, spécifique.

Mars : 1 enfant mort de faiblesse congnitale, enfant prématuré, spécifique.

Avril : : enfant mort, méningite traumatique, forceps.

Mai : r enfant mort de méningite traumatique, de forceps. Application.

Juin : r enfant mort-né, forceps au détroit supérieur.

Juillet : x enfant mort-né, macéré.

Octobre : 1 enfant mort-né, cyanose ou maladie bleue, application de forceps.

Octobre : r enfant mort au bout de 7 jours, de convulsions.

Octobre : 1 enfant mort-né, application de. forceps au détroit supérieur.

Novembre : 1 enfant mort après 26 jours, faiblesse congéni-

{ale (suspect).

Décembre : 1 enfant mort, faiblesse congénitale, enfant pré-

maturé. -

. À noter que tous les morts-nés proviennent de femmes entrées dans les derniers jours ou à l'extrême limite de la grossesse. De même beaucoup de ces enfants sont nés de mères réfugiées vivant dans des taudis, par conséquent, surmenées et placées dans de mauvaises conditions pour accoucher.

Le nombre des journées passées dans l'établissement, pour 417 femmes admises du 1° septembre 1914 au 31 décembre 1917, a été de 19790, ce qui représente une moyenne de 47 journées par pensionnaire. Du 1* septembre 1914 au 1 décembre 1920 : 1078 femmes sont en-

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