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sés, il prend des contacts restreints avec le monde extérieur : échanges très ralentis. 11 n’en connaît pas les vissicitudes, les ennuis. Mais aussi, il en ignore les jouissances. Voilà de quoi est faite sa joie.
En fait, cet être primitif « a des besoins et des tendances simples qui reçoivent facilement leur satisfaction dans un milieu approprié » (Mignard). Satisfaction, remarque le D’ Bridou, qui serait essenliellement due aux conditions extérieures et dont auraient facilement raison la misère physiologique et les mauvais traitements. Ce dont souffrirait certainement l'idiot isolé, livré à lui-même, dans l'incapacité où il se trouverait de pouvoir satisfaire ses besoins. Ce qu'il trouve dans les colonies spéciales à défaut d'un foyer indulgent. Sa béatitude se trouve donc quelque peu liée à cette condition.
Si parfois, il est susceptible de joies actives, d’ailleurs très passagères el non soutenues, ce sont le plus souvent, nous l'avons vu, des joies gastronomiques.
D'une manière générale, lidiot a horreur du mouvement et de l’activité. Tout mouvement le gène, tout effort lui est pénible. Une sorte de concentration paraît nécessaire pour qu'il puisse savourer., Et l’inertie par elle-même lui est agréable. Il ne se prive pas. Un seul désir l'anime : ne pas se fatiguer. Il réalise aisément cette tendance. Et sous celle condition il semble toujours satisfait.
. Mignard schématise : « Les sentiments qu’expriment leurs gestes et leur visage, c’est à la fois l’apathie et le bonheur. L'apathie dans les membres fléchis, la tête basse, le sourire alangui, la parole lente et monotone ; le bonheur dans l’intonation chantante, la dilatation de la bouche et des veux, les mains ouvertes, l'attitude presque extatique :
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c'est le mol abandon de l'être satisfait : « dolce farniente ».
L'idiot est un pauvre. Jugement, mémoire, associalion, tout chez lui est rudimentaire. Cette pauvreté semble Ia garantie de sa quiétude. La nullité lui confère une sorte d’immunité. L'être qui rampe ne-redoute pas le vertige et ne risque pas la chute. I y à un minimum au-dessous duquel on ne peut descendre. L'idiot ne connaîtra jamais les soucis du financier.
Il vit dans une sorte d'engourdissement, de stupeur, de torpeur. Il est lent, et lent parce que pauvre. Pas de tonus, aucun dynamisme, aucune ambition. Sans inquiétude pour l'avenir, il ne cherche que la satisfaction immédiate de ses instincts une satisfaction animale. Et il ne souffre que si l'on contrarie ces instincts. |
A peine pourrait-on prononcer le mot « monoidéisme » pour qualifier l'unique sujet de ses préoccupations digestives ou sexuelles qui le conduisent souvent à une masturbation fréquente et automatique ; parfois frénétique.
Crédule, suggestible, malléable, peu contrariant, « il se soucie fort peu des idées supérieures ». Il n'est point hanté de problèmes concernant l’esthétique ou se rapportant à l'existence de Dieu. Et ïl ne souffre pas de son ignorance.
e . Physiquement, il se porte bien. « Il nous à semblé, rapporte Mignard, que c'était là, un caractère assez général chez les idiots en état de satisfaction: ».
Notons encore avec lui : « Sensibilité diminuée, organes des sens souvent insuffisants, réflexes souvent mal coordonnés, pouls lent, tension artérielle faible... et tous présentent de remarquables signes de stase sanguine. » En résumé ce sont des ralentis,