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que méritent ses hautes capacités, mais la ferme conscience de son utilité.
I] serait superflu d'insister. Ce n'est pas tant à l'asile que gîte le débile. Chacun ne sait-il pas dans son entourage un débile qu'il évite le plus souvent avec soin, ou qu'il cultive à son heure, pour son loïsir ? Et ce chacun ne sera-t-il pas lui-même le débile de quelque autre ? Question de degré sur l'échelle de l'intelligence et des aptitudes. Fonction aussi de Famour-propre, sinon de la vanité. D'autant qu'il n'y a pas un type de débile vaniteux, mais de nombreuses formes cliniques.
Au total, c'est une sorte de « cabotinage » perpétuel chez un individu doué le plus souvent d’une mémoire excellente et d’une faculté d'imitation extraordinaire.
Parfois, limitation n’est pas mauvaise. au des: « dépouilles du lion », le débile peut arriver à faire quelque moment illusion sur sa personne. Mais on ne tarde pas à découvrir le factice, à démasquer « l'impersonnel » de cet être qui vise au « personnel » et traîne après lui, comme une infirmité, la monstrueuse h\pertrophie de son «ego ».
Done, sous des dehors parfois trompeurs, c’est un être vide, borné, crédule, facilement dupe, mobile, ne sachant ni prévoir, ni conserver. Incapable de juger et de raisonner juste, lent à comprendre, sans réflexion, il se tient encore tant qu'il s’étaye sur autrui. Mais si dans un excès d’audace, il tente de s'adresser à lui-même, il tombe infailliblement dans le grotesque. Il est alors le seul à rire de sa plaisanterie. C'est à peine s'il sait être spirituel avec l’esprit -des autres.
Le contact du débile est en général désagréable. Il n'inspire pas la sympathie. C’est un incapable et
un gêneur ; ayant souvent pour habitude de piétiner ses confrères pour se rehausser. À lui peut s'adresser la maxime : « plutôt un ennemi intelligent, qu'un sot ami ».
Vraiment il n’est pas drôle malgré le comique ou plutôt le grotesque de certaines situations dans lesquelles il se met. Son activité est stérile : agitation d'un pantin. Il a vite fait le vide autour de lui. On l'évite. Sa satisfaction d’ailleurs n’en souffre pas. El reste seul à s'admirer. C'est le type du suffisant insuffisant.
En fait, il est incapable de tout. même de souffrir. Tout au moins tant que sa santé est bonne. Car il se montre assez sensible à la souffrance physique En dehors de cela, il vit dans une bienheureuse iguorance. [l'est satisfait. I se plaît. Sans doute son aveuglement est-il l’essentielle garantie de son bonheur. S'il avait des yeux pour se voir, sa satisfaction risquerait bien de s’évanouir d’un seul coup.
Est-il besoin d'approfondir la psychologie du débile. Sa carence est évidente. On a vite touché le fond. On ne risque guère, en insistant, d'aller bien loin.
« Le débile est un pauvre qui l’a toujours été » dit Esquirol. Cette pauvreté est une des conditions de sa satisfaction. Il cherchera à s'enrichir de « pillages » ; il n'y parvient pas, mais croit fermement « que c'est arrivé » : autre source de satisfaction. Vanité et crédulité complètent la somme.