‹ Quentin Durward operacomique en trois actesChapitre 30 sur 82 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

ISABELLE, HAMELINE, RISPAH.

HAMELINE, entrant suivie par Rispah.

C’est une indignité ! un manque d'égards sans exemple!

ISABELLE

A qui en avez- vous, ma tante?

HAMELINE-

C’est une jolie cour, que celle du roi de France, et on y exerce dignement l’hospitalité! Après nous avoir tenues cachées dans une espèce de grange sous des noms plébéiens, comme des marchandises prohibées, voilà qu’on nous donne une prison pour résidence ! *

ISABELLE

Plus bas, ma tante, de grâce !

HAMELINE

Pas une seule dame pour composer notre suite, pas un serviteur, pas même un page qui se tienne à nos ordres!

RISPAH.

En me plaçant à votre service , messire Tristan m’a bien recommandé de ne rien négliger pour vous satisfaire et mériter votre confiance.

HAMELINE, avec dignité.

C’est bien !

ISABELLE

Ma bonne tante, nous avons trouvé ici ce que nous cherchions avant tout, une retraite honorable et sûre. Un jour de plus à la cour de Bourgogne, et je serais maintenant, sans aucun doute, l’épouse de Campo-Basso, le plus méprisable et le plus vil de tous les hommes !

RISPAH.

Le ciel préserve d’un pareil malheur une si belle personne!

HAMELINE

Ah ! par mon âme, les choses se fussent passées autrement si notre parent, le noble et généreux Crèvecœur, n’avait été retenu en guerre à l’autre bout des Flandres! il eut provoqué Campo-Basso, il lui eût fait mordre la poussière !

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