‹ Quentin Durward operacomique en trois actesChapitre 7 sur 82 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

TRISTAN

C’est possible!

PAVILLON

Je m’en croyais plus loin, car la nuit était déjà noire quand je suis arrivé. Combien faut-il de temps pour s’y rendre, sans s’essouffler?

TRISTAN

C’est selon !

PAVILLON

Mettons une petite heure, j'aime à prendre mes aises. (Rentrant et criant.) Holà! quelqu’un! l’aubergiste! bougez donc, mordieu, quand j’appelle !

TRISTAN, «eut.

La voix haute, une tète d’imbécile... ce doit être quelque marchand...

PAVILLON, »ur le «euil de l’auberge.

Et que tout soit prêt pour mon retour. Je n’aime à attendre ni mes repas, ni mon argent, quand un m’en doit.

TRISTAN, à part.

C’est bien cela.

PAVILLON, à Tristan.

Merci du renseignement, mon brave homme.

TRISTAN

A votre service, noble étranger.

PAVILLON, «'arrêtant.

Qui vous a dit..?

TRISTAN

Comment ne pas reconnaître un habitant de la bonne ville de Liège, à cette face réjouie et intelligente !

PAVILLON

C’est vrai, et je n’ai nulle raison de le cacher. Je suis citoyen de Liège, syndic de la corporation des cordiers.

, TRISTAN

Ah bah! vous seriez. . ? »

PAVILLON

Marchand de cordes. Et vous ?

TRISTAN

Oh ! nmi... je n’en vends pas; mais j’en emploie beaucoup.

Si vous voulez m’honorer de votre confiance, ma maison est avantageusement connue : Célestin Pavillon, rue des Trois-Pendus... ainsi nommée à cause du grand nombre de marchands de cordes qui l'habitent... c’est une plaisanterie liégeoise...

TRISTAN

Je comprends; mais ce n’est pas, je suppose, pour chercher des pratiques que vous avez quitté votre paisible comptoir.

PAVILLON

Paisible... pas trop, pour l’instant, grâce aux agitations politiques.

TRISTAN

En effet, j'ai entendu dire qu'il se préparait de grands événements dans votre belle ville.

PAVILLON

Ah! ah !... Si le duc de Bourgogne n’y prend garde, c’est - une bague au doigt qui pourrait bien lui échapper et passer à un autre... qui n’est pas loin d’ici.

TJUSTAN.

• Vraiment 1

PAVILLON

Or, vous comprenez, quand on est pne des plus fortes têtes de la ville, la popularité vous entraîne; si bien qu’un beau jour, malgré soi, sans qu’on l’ait cherché, les destinées du monde, la paix ou la guerre viennent sp débattre autour du comptoir d’un simple marchand.

TRISTAN

De la rue des Trois-Pendus?

Comme vous dites. Mais, pardon, j’oublie ma promenade; par ainsi, bonsoir.

TRISTAN

Où allez-vous donc, par là ?

PAVILLON, avec importance.

Au château, où mes affaires m’appellent, mon cher-

# TRISTAN

Vous lui tournez le dos.

. pavillon.

Ah ! vraiment?.. Je croyais... v

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