Confessions. Partie H, liv. XH
5. Le pays de Vaud, où se trouvait Yverdun, était soumis à la dominalion bernoise.
sième et douloureux exil fut comparé par un cnlhousiaslc à la fuite de Jésus en Egypte ou à celle de Mahomet à Médine*.
Rousseau ne savait où porter ses pas. Il se rappela tout à coup le conseil que d'Alembert lui avait donné quand il Tavait engagé à se réfugier dans les Étais du roi de Prusse et particulièrement à Ncufchâtel. Il résolut de tenter rexpéricnce. Deux autres raisons le déterminèrent, d'abord la proximité du lieu, il n'y avait qu*une montagne à traverser et ce n'était qu'un trajet de quelques heures ; puis une nièce de M. Roguin, Mme Boy de la Tour % lui offrit une maison dont son fils était propriétaire dans le Val-Travers, à Motiers, comté de Neufchâtel. Jean-Jacques accepta et partit.
Le comté de Neufchâtel formait un petit royaume séparé, sous le protectorat de la Prusse; il avait conservé une assez grande indépendance, et il se gouvernait selon ses us et coutumes. Le roi de Prusse y avait un représentant, lord Keith, maréchal d'Ecosse, plus connu sous le nom de Milord Maréchal. Esprit distingué et bienveillant, partisan des idées philosophiques, exilé lui-même, Milord Maréchal devait recevoir Rousseau avec sympathie^ Toutefois, l'auteur du Contrat social n'était pas exempt de préoccupation. Ce roi, dans les États duquel il venait chercher un asile,