‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 106 sur 334 · Dcleyre à Rousseau, 10 juin · texte numérisé non relu

Dcleyre à Rousseau, 10 juin

2. Mme Boy de la Tour était veuve; elle avait à Lyon une maison de commerce qu'elle dirigeait elle-môme.

3. Milord Maréchal prit part au mouvement jacobitc de 1715; il fut condamné à mort et forcé de s'exiler.

avait toujours été pour lui un objet de vive antipathie. Parmi les estampes qui ornaient son cabinet de Montmorency, tout le monde pouvait voir un portrait de Frédéric avec ce distique :

La gloire, riutérèt, veilà son Dieu, sa loi ; 11 pense en philosophe et se conduit en roi.

« Ce vers, dit Jean-Jacques, qui sous toute autre plume eût fait un assez bel éloge, avait sous la mienne un sens qui n'était pas équivoque*. » Tout récemment encore, dans Y Emile ^ on pouvait lire un passage des plus mordants à l'adresse du roi*.

Quelle allait être l'attitude de Frédéric? Comment allait-il accueillir l'homme qui, après l'avoir si peu ménagé, en était réduit à implorer sa clémence : a Ce sera pour Frédéric, écrivait Grimm, en rappelant le passé, une raison de plus pour respecter le malheur de Jean-Jacques Rousseau et pour protéger un écrivain illustre en dépit des sots et de ses propres folies. »

C'est en effet ce qui arriva. Du reste, à peine à Métiers, le fugitif s'ejnpressa d'écrire au roi, et sa lettre, sous une rudesse apparente, était digne du plus habile courtisan.

La réponse de Frédéric fut ce qu'elle devait être. H écrivit à Milord Maréchal : « Il faut soulager un malheureux qu'on ne peut accuser que d'avoir des opinions singulières, mais qu'il croit bonnes. » Et il accorda l'asile demandé en recommandant la prudence

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