‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 127 sur 334 · A Mme de Bouffiers, 30 octobre · texte numérisé non relu

A Mme de Bouffiers, 30 octobre

'2. MontmoUin au pasteur Sarazin [J.-J. Rousseau et M. de Monlmoiiin, par Fritz Berthoud. Fleurier, 1884).

par les philosophes et des hommes qui pouvaient éclairer le monde s'ils avaient été réunis. Mais, mon cher frère, malgré la trahison de Judas, les apôtres persévèrent*. »

Damilaville répond aussitôt :

« J*ai reçu la lettre de mon très illustre maître du 9 et la copie de celle de Jean-Jacques au pasteur de Motiers-Travers, qui y était jointe. Cette pièce, le comble de l'extravagance et de la bassesse, caractérise parfaitement le composé bizarre de cet insensé et prouve qu'il n'a besoin que de luimême pour se couvrir du ridicule le plus complet. On est bien persuadé que rien n*est plus inconséquent que cette tète, mais on ne se serait jamais permis de la soupçonner de l'être autant*. »

La communion de Rousseau fut en général sévèrement, jugée. Mme de Boufllers elle-même, malgré tout rinlèrêt qu'elle portait à son ami, ne put lui dissimuler le mauvais effet produit par un acte qu'on considérait comme une pure hypocrisie, car les motifs en étaient par trop visibles. Le philosophe répondit qu'il ne comprenait pas ce qu'on lui reprochait et pourquoi on s'avisait lout à coup de lui faire un crime de pratiquer sa religion, dont il avait toujours suivi les préceptes même vivant en pays catholique.

Mais pourquoi n'avoir pas fait les choses simplement, pourquoi avoir mis le monde entier au courant d'un acte intime, pourquoi (ant de fracas?

1. Voltaire à Damilaville, 0 septembre 1762; dans la Correspondance (édition Moland), cette lettre porte la date du 18 septembre; c'est une erreur» elle est du 9.

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